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Legault attend des retombées de sa mission en France « dès les prochains mois »

Le reportage de Jean-François Bélanger
François Messier

Le premier ministre du Québec François Legault croit que sa mission en France rapportera très rapidement des dividendes économiques pour le Québec.

« Je m’attends à ce que, dès les prochains mois, on voie augmenter les exportations et les investissements étrangers au Québec », a-t-il déclaré en faisant le bilan de ce séjour.

« J'ai senti un appétit pour des investissements additionnels au Québec », a-t-il aussi dit en conférence de presse.

Je sens qu'on va avoir de bons résultats relativement rapidement.

François Legault

M. Legault dit être « très satisfait » des « excellentes rencontres » qu’il a eues non seulement avec le président et le premier ministre français, mais avec de nombreux chefs d’entreprises.

Sa conférence de presse a d’ailleurs eu lieu après qu’il eut vanté le Québec à des gens d’affaires rassemblés à la Bourse de Paris. Quelque 350 d’entre eux étaient présents, selon lui.

Cette participation témoigne d'un « intérêt important de la part du monde des affaires français pour le Québec », affirme M. Legault, qui dit revenir « les poches pleines de cartes d’affaires ».

Le premier ministre dit avoir profité de l’occasion pour vendre son idée de donner « une nouvelle impulsion » aux relations commerciales entre le Québec et la France.

Les exportations du Québec vers la France ne comptent que pour 1,6 milliard, sur un total de 85 milliards de dollars, et il convient d’en faire « beaucoup plus ».

On peut augmenter de façon très significative ces exportations. Ce n’est pas digne de la relation supposément spéciale et privilégiée qu’on a entre le Québec et la France.

François Legault, premier ministre du Québec

Plus d'agents commerciaux, pour obtenir des emplois payants

M. Legault a d’ailleurs réitéré que c’est dans cette perspective que le Québec va revoir sa politique de relations internationales, pour y donner un accent plus économique.

Il ne s'agit « pas [de] soustraire des activités qu’on a actuellement en politique, en culture, en immigration, mais [d']ajouter une dimension en développement économique », a-t-il expliqué.

La ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Nadine Girault, et son collègue à l'Économie, Pierre Fitzgibbon, planchent plus précisément sur un meilleur arrimage entre le travail des délégations du Québec à l'étranger et d'Investissement Québec, dont le nouveau rôle sera annoncé « dans les prochaines semaines ».

« Nadine [Girault] travaille sur l'analyse de la situation actuelle dans chacune des délégations du Québec à l'étranger. Combien on a d’exportations? Quel est le potentiel d’augmentation de ces exportations? Combien il y a d’agents commerciaux? Combien on en souhaiterait, d’agents commerciaux? C’est l’analyse qui est en train d’être faite », a-t-il précisé.

M. Legault veut que des représentants d'Investissement Québec travaillent dans les bureaux des délégations générales. Il souhaite « avoir plus de délégués commerciaux, et plus de délégués commerciaux qui sortent des bureaux qui vont dans entreprises, qui sollicitent les entreprises. »

On veut qu’il y ait une meilleure coordination entre les délégations et les représentants d’Investissement Québec. Actuellement, il n’y a pas suffisamment cette coordination-là. Il y aura des postes ajoutés, je pense surtout aux agents commerciaux, mais il y aura aussi des transformations [de postes actuels]

François Legault, premier ministre du Québec
Entrevue avec Ginette Chenard

La qualité des emplois importe davantage que leur nombre

Le premier ministre Legault n'a pas voulu chiffrer le nombre d'emplois qu'il souhaite voir créer par des investissements français au Québec. « La question, ce n'est pas combien d'emplois, mais combien d'emplois de qualité », a-t-il répondu à ce sujet.

Je répète mon obsession : le salaire moyen au Québec, c’est 47 000 $ par année; en Ontario, c’est 53 000 $. Si on veut rejoindre la moyenne de l’Ontario, ça veut dire qu’il faut créer des emplois à plus de 50 000 $.

François Legault, premier ministre du Québec

« On va réussir à augmenter le salaire moyen d’abord avec des investissements dans les secteurs industriels, manufacturiers », a-t-il fait valoir. « On sait qu’en moyenne, les salaires sont 35 % plus élevés dans le secteur manufacturier que dans l’ensemble de l’économie. Ensuite, on veut des emplois dans les technologies de l'information, dans l'intelligence artificielle, dans tous les domaines où il y a de la valeur ajoutée. »

Interrogé sur la possibilité que la pénurie de main-d'oeuvre qui sévit au Québec nuise à des investissements de sociétés françaises, le premier ministre a voulu se montrer rassurant.

« Il y a la pénurie d’emplois là où il y a moins de valeur ajoutée, des emplois qui malheureusement sont appelés à disparaître éventuellement », a-t-il dit, en évoquant des emplois à 20 000 $ ou 30 000 $ par année.

« Par contre, pour ce qui est des emplois à valeur ajoutée – nous on veut se concentrer avec [le ministre du Travail] Jean Boulet sur les emplois à plus de 50 000 $ par année – il y a plusieurs solutions à ces pénuries ou ces raretés », a plaidé François Legault.

Il convient dans ce cas de « mieux orienter la formation et l’éducation vers les secteurs où on manque d’employés » et de sélectionner des immigrants qui répondent vraiment aux besoins du Québec.

« Ce qu’on veut faire en mettant en place les tests de français durant les trois premières années, c’est de se concentrer à l’origine sur les qualifications des candidats à l’immigration, pour mieux choisir en fonction des besoins des entreprises québécoises dans chacune des régions », a-t-il expliqué.

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