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Justin Trudeau souligne le troisième anniversaire de la fusillade de La Loche

Le premier ministre Justin Trudeau en entrevue à l'émission « Les coulisses du pouvoir »
Le premier ministre Justin Trudeau promet de continuer à travailler de pair avec les peuples autochtones et les différents gouvernements pour résoudre certains problèmes auxquels sont confrontés La Loche et d’autres localités à travers le pays. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le premier ministre du Canada a publié une déclaration mardi, soulignant le troisième anniversaire de la fusillade mortelle à La Loche.

« En ce triste anniversaire, nous nous souvenons des victimes. Nous offrons également nos plus sincères condoléances à tous ceux qui vivent encore avec la douleur et le traumatisme provoqués par ces événements horribles », déclare-t-il dans un communiqué.

« Face à une telle tragédie, les mots ne suffisent pas. Ces jeunes victimes avaient toute leur vie devant elles. Lorsqu'on leur a enlevé la vie, leurs espoirs et leurs rêves pour l'avenir ont disparu avec elles. Cette perte est inestimable », poursuit-il, en ajoutant être réconforté par l’action des premiers répondants.

« Au Canada, nous savons que nous devons en faire plus pour que les Autochtones comme les non-Autochtones se sentent en sécurité et aient accès au soutien dont ils ont besoin au sein de leurs communautés », explique-t-il, en promettant de continuer à travailler de pair avec les peuples autochtones et les différents gouvernements pour résoudre certains problèmes auxquels sont confrontés La Loche et d’autres endroits à travers le pays.

Plus d’aide réclamée

Des habitants de La Loche réclament plus d’actions des gouvernements.

« Qu’y a-t-il de si extraordinaire à propos de la réouverture d’une école où deux personnes ont été tuées et sept autres blessées? Il n’y a rien de spécial au sujet de la réouverture », déclare une survivante de la fusillade, Charlene Klyne, qui était enseignante suppléante et qui a été blessée par le tireur. Elle vit aujourd’hui à Saskatoon.

Charlene Klyne sèche ses larmes à l'aide d'un mouchoir. Charlene Klyne est l'une des survivantes de la fusillade survenue en 2016. Photo : CBC

Elle a décliné l’invitation du directeur de la Division scolaire Northern Lights à la cérémonie d’inauguration des locaux rénovés de l’école.

Ils veulent faire de la publicité en se rendant là-bas [à l'école]; ils ne se soucient pas de nous.

Charlene Klyne, survivante de la fusillade

Un seul des sept survivants de la fusillade a assisté à la cérémonie.

« Ce n'est pas un moment propice pour eux. Nous voulons assurément les soutenir et nous réfléchissons à une manière de le faire », déclare le directeur de la Division scolaire Northern Lights, Jason Young, en ajoutant que les survivants sont « dans nos esprits et dans nos cœurs ».

Charlene Klyne ne partage pas cet avis.

« Ne rien faire de concret pour les victimes, et leur dire de revenir. Non, nous ne reviendrons pas. Les gens sont choqués que le directeur leur demande de venir [à l'école] », explique-t-elle.

Plus de services d’aide psychologique

L’une des principales demandes de la communauté à la suite de la fusillade a été d’obtenir plus de services de soutien psychologique.

Le centre de santé de La Loche a obtenu 480 000 $ du gouvernement provincial. Les services de santé par téléphone sont également accrus.

Une personne en proie à une crise à La Loche peut se rendre aux urgences et être dirigée vers un professionnel en santé mentale et en toxicomanie ou une infirmière spécialisée en psychiatrie.

Il existe également deux thérapeutes en santé mentale qui s’expriment en langue autochtone, fruit des efforts de la région de Keewatin Yatthé pour fournir des services adaptés à la culture locale.

Environ 5 % de la communauté a accès à un soutien en santé mentale, chaque mois.

« La liste d’attente pour les soins de santé mentale est négligeable. La plupart de nos clients sont vus, non pas par des psychiatres, mais par nos équipes en toxicomanie sur-le-champ ou en quelques jours », déclare le directeur des services de santé primaires à La Loche, Amrinderbir Singh.

La Dre Sarah Dungaval se rend dans la communauté une fois par mois de Saskatoon. Elle organise également une clinique à distance durant une demi-journée.

Selon Amrinderbir Singh, le taux d’absence pour les rendez-vous de médecine générale est élevé à La Loche, mais les patients s’assurent d’être présents lors de leur rencontre avec la Dre Dungaval, la seule psychiatre à laquelle ils ont accès.

« Il y a une liste d'attente [pour voir un psychiatre] à La Loche et nous devons également envoyer certains patients à North Battleford. Cela ne répond pas entièrement à notre demande », constate-t-il.

Le maire de La Loche, Robert St-Pierre, déclare être satisfait de l’augmentation du soutien psychologique, mais souligne la nécessité d’un meilleur déploiement des services dans sa communauté.

Un homme est assis dans son bureau et regarde vers la gauche.Le maire de La Loche, Robert St-Pierre, estime que sa communauté a besoin de plus de soutien. Photo : Radio-Canada / Bridget Yard

« Il reste encore beaucoup de travail à faire et il faut rebâtir la confiance », affirme-t-il en s’inquiétant du fait qu’un psychiatre ne soit disponible qu’une fois par mois.

Si personne n’est là [pour vous offrir des soins], vous abandonnez, en quelque sorte.

Robert St-Pierre, maire de La Loche

Manque de logement

Un nouveau quartier est en construction au nord de La Loche, mais selon le maire, cela ne suffit pas.

« Nous avons mentionné le manque de logement, d’emplois et de services à la communauté, il y a trois ans. Rien n'a changé. », dit-il, en ajoutant que sans ces éléments, les professionnels ne viendront tout simplement pas à La Loche.

« Nous avons besoin d’aide de la province pour trouver des logements pour les professionnels de la santé et les éducateurs », réclame-t-il.

D'après les informations de CBC News

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