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Sécurité des aînés : Legault promet d’apporter les correctifs nécessaires

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier

Le premier ministre du Québec appuie sans réserve sa ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, qui se dit prête à « faire un tour de vis supplémentaire » pour assurer la sécurité des aînés après la mort tragique de la mère de Gilles Duceppe.

De passage à Paris, François Legault a parlé d’une tragédie d'une « tristesse infinie » qui ne doit plus se reproduire et a promis que les correctifs nécessaires seront apportés.

« Évidemment, on n’arrivera pas à corriger tout ça en quelques jours, mais je peux vous dire que Marguerite Blais y croit, et moi, j’y crois, à Marguerite Blais », a-t-il affirmé.

Elle va y travailler sans relâche pour s’assurer qu’on mette des nouvelles façons de faire, des vérifications pour s’assurer que ça n’arrive plus.

François Legault, premier ministre du Québec

« On ne surveillera jamais assez nos personnes âgées », affirmait lundi la ministre Blais.

Évacuation nocturne

Le corps de Mme Rowley Hotte, 93 ans, avait été retrouvé sans vie dans la cour arrière d'une résidence privée pour personnes âgées dans un froid glacial, dimanche matin.

Elle était sortie de la résidence après avoir entendu une alarme d'incendie. Comme elle avait des problèmes d’audition, il est possible qu’elle n’ait pas entendu le message disant qu'il n'était pas nécessaire d'évacuer les lieux.

La nonagénaire s’est retrouvée coincée dehors après que la porte s'est verrouillée derrière elle. Son corps n’a été découvert dans la neige que plusieurs heures plus tard. Une enquête du coroner est aussi en cours pour déterminer les causes du décès.

Mardi après-midi, Gilles Duceppe a réagi publiquement pour la première fois à la mort de sa mère. « Merci à tous ceux et celles qui m’ont envoyé des messages de condoléances et de soutien », a-t-il écrit. Il a aussi souhaité aviser tout ceux qui lui ont écrit par courriel qu'il est dans l'impossibilité de leur répondre pour le moment.

Une certification déjà obligatoire

La Loi sur les services de santé et les services sociaux oblige les résidences privées pour personnes âgées à se doter d'un plan de sécurité incendie comprenant notamment « une liste des résidents spécifiant, pour chacun d’entre eux, les mesures à prendre pour assurer leur évacuation en lieu sûr ».

Les membres du personnel et les personnes responsables d'effectuer la surveillance dans la résidence doivent connaître le contenu du plan et les tâches dont ils sont responsables en cas d'évacuation.

S’il faut aller plus loin au niveau de la certification, qui est déjà très, très, très stricte, nous allons le faire.

La ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais

La résidence pour personnes âgées autonomes du complexe Lux Gouverneur à Montréal avait renouvelé sa certification en avril 2018 et respectait donc les 28 normes conditionnelles à cette certification. Six personnes y assuraient la surveillance de la résidence la nuit, plus que les deux exigées par Québec.

Tous les aînés n’ont pas les mêmes besoins

Il n’y a pas de surveillance systématique de chacun des aînés dans les résidences pour personnes âgées et les clientèles des différents types de résidences ne sont pas toutes pareilles, affirme Yves Desjardins, le président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) dans une entrevue à RDI Matin.

Certains résidents sont en perte d’autonomie, d’autres ont des déficits cognitifs et d’autres encore sont des gens très autonomes qui vivent dans des résidences comme dans un condo. Il serait difficile – et non souhaité par plusieurs résidents – de contrôler toutes leurs allées et venues, souligne M. Desjardins.

« Comment faire pour savoir, par exemple, qui est parti en Floride? Qui est chez ses enfants? Qui est à l’extérieur d’une résidence [comme le Lux Gouverneur qui compte 660 résidents]? », soulève M. Desjardins.

Yves Desjardins en entrevue à RDI MatinYves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés Photo : Radio-Canada

Il faut enseigner aux aînés la sécurité en cas d’incendie, mais même si on veut faire des exercices d’évacuation, les aînés ne veulent pas nécessairement y participer, avec raison : ils craignent de chuter, fait remarquer M. Desjardins.

C’est un milieu qui demande une extrême prudence, mais je pense qu’on va devoir étudier attentivement les recommandations du coroner.

Yves Desjardins, PDG du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA)

Chaque événement nous apporte des recommandations et on doit continuellement s’adapter, conclut M. Desjardins.

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