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Les États-Unis et le Canada abusent du système d'extradition, dit la Chine

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, portant tuque et châle en compagnie d'un agent de sécurité à Vancouver, le 12 décembre 2018.

Les autorités américaines ont jusqu'à la fin du mois de janvier pour déposer leur demande d'extradition de Meng Wanzhou.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

La Chine accuse le Canada et les États-Unis d'abuser du système d'extradition à la suite de la publication par le Globe and Mail, mardi, d'une dépêche qui confirme que les autorités américaines présenteront bientôt une demande officielle d'extradition pour Meng Wanzhou.

La directrice financière de Huawei, âgée de 46 ans, a été arrêtée en Colombie-Britannique le 1er décembre dernier à la demande de responsables américains, qui l'accusent de violer les sanctions contre l'Iran par l'intermédiaire d'une filiale du géant chinois des télécommunications.

Le cas de Meng Wanzhou a retenu l'attention partout dans le monde et a provoqué des tensions diplomatiques entre le Canada et la Chine.

Toute personne ayant un jugement équitable déterminerait que le Canada a commis une « grave erreur » dans cette affaire, a déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse tenue à Pékin, mardi.

Elle a aussi insisté sur le fait que la cause de Meng Wanzhou sort de l'ordinaire et que le traité d'extradition entre le Canada et les États-Unis viole « la sécurité et les droits et intérêts légitimes des citoyens chinois ».

La représentante chinoise n’a pas manqué d’écorcher les États-Unis et a précisé que son pays exhorte fortement l'administration dirigée par Donald Trump à corriger son « erreur » en annulant le mandat d'arrêt de Mme Meng et en ne déposant pas une demande formelle d'extradition.

Lorsqu'on lui a demandé si la Chine riposterait contre les États-Unis si Mme Meng était extradée, Hua Chunying a répondu : « La Chine répondra, bien sûr, aux actions des États-Unis ». Elle n'a pas donné plus de détails.

Toujours mardi, l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton , a confirmé à CBC News que les autorités américaines lui ont fait savoir qu'elles déposeraient bientôt la demande officielle requise pour l'extradition de Mme Meng.

La date limite pour le dépôt de la demande est le 30 janvier. En vertu de la loi canadienne sur l'extradition, les États-Unis disposaient de 60 jours à compter de la date de l'arrestation pour déposer une demande officielle. S’ils ne le font pas, des avocats pourraient réclamer la libération de la femme d'affaires.

Demande de libération des Canadiens

Cette nouvelle requête de Pékin survient alors que 140 experts internationaux de la Chine – y compris cinq anciens ambassadeurs canadiens – ont exhorté le président Xi Jinping à libérer les deux Canadiens détenus en Chine depuis l'arrestation de Mme Meng.

Un peu plus de 10 jours après l'arrestation de Mme Weng à Vancouver, les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor ont été arrêtés et emprisonnés en Chine. Les responsables de ce pays ont donné peu de détails sur ce dont on accuse les deux Canadiens, se contentant de dire que les hommes sont accusés de « s'engager dans des activités qui mettent en danger la sécurité nationale ».

Ces 140 ex-diplomates et universitaires qualifient l'ex-diplomate Kovrig et l'entrepreneur Spavor de « bâtisseurs de ponts » entre la Chine et le reste du monde, et soutiennent que leur détention rend plus périlleux les voyages en Chine.

La Chine a également condamné en appel, la semaine dernière, le Canadien Robert Lloyd Schellenberg à la peine de mort pour trafic de drogue, alors qu'il avait été condamné en première instance à une peine de 15 ans de prison.

Le gouvernement canadien s'est dit préoccupé par ce cas et le premier ministre Trudeau s'est opposé à la condamnation du Canadien. « Le fait que la Chine ait choisi d'appliquer arbitrairement la peine de mort, comme c'est le cas en l'occurrence pour un Canadien, nous préoccupe au plus haut point en tant que gouvernement, comme elle devrait le faire pour tous nos amis et alliés internationaux », a-t-il déclaré la semaine dernière.

Meng Wanzhou, fille du fondateur de Huawei Ren Zhengfei, a été libérée contre une caution de 10 millions de dollars en décembre après trois jours d'audiences. Elle vit en résidence surveillée à Vancouver, en attendant que la demande d'extradition soit entendue.

Plusieurs pays, comme les États-Unis ou l'Australie, ont imposé des restrictions sur l'utilisation des équipements 5G du groupe chinois, craignant pour la sécurité de leurs réseaux. Huawei a affirmé à de nombreuses reprises que ces craintes étaient infondées. Le Canada réfléchit lui aussi à des mesures de restrictions.

Avec les informations de CBC News, et La Presse canadienne

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