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Trois groupes, plusieurs vidéos et autant d'interprétations de l'incident à Washington

Dans la vidéo, un jeune homme arbore un sourire narquois en faisant face à Nathan Phillips, un vétéran autochtone.

Photo : YouTube

Radio-Canada

Un groupe de cinq hommes noirs lançant des insultes tout en protestant contre des siècles d'oppression. Des dizaines d'élèves catholiques blancs visitant Washington dans le cadre d'une manifestation pour la fin de l'avortement. Et des membres des Premières Nations marchant pour mettre un terme à l'injustice des Autochtones. Ces trois groupes qui se sont croisés au pied du mémorial de Lincoln vendredi dernier semblent incapables de s'entendre sur le fil des événements.

L'attention était d'abord tournée vers une courte vidéo montrant l'un des élèves de l'école, Nick Sandmann, portant une casquette « Make America Great Again », et qui semblait afficher un sourire satisfait pendant que d'autres adolescents situés derrière lui se moquaient de Nathan Phillips, un Autochtone de 64 ans, au moment où celui-ci effectuait un chant traditionnel en s'accompagnant au tambour.

De plus loin, la scène se transforme. Une autre vidéo montre des membres d'un groupe s'appelant les Black Hebrew Israelites insulter tous les visiteurs de l'endroit, surnommant « Oncle Tomahawks » et « Indiens à 5 $ » les membres des Premières Nations et qualifiant les élèves de « crackers » (une insulte adressée à des Blancs, souvent originaires du sud des États-Unis), ou pire encore.

La rencontre tenait du concours d'injures, mais l'événement a néanmoins pris fin sans violence ni échange de coups. Malgré tout, les vidéos ont enflammé les médias sociaux, semblant encore une fois illustrer les profondes divisions raciales, religieuses et idéologiques ébranlant le pays de l'Oncle Sam.

Ajoutez à cela les tensions politiques découlant d'une paralysie partielle de l'administration fédérale qui dure depuis plus d'un mois et tout était en place pour que le résultat devienne viral. Mais dans ce cas-ci, les vidéos ne disaient pas tout, soutiennent les parties en cause.

« Je demanderais à quiconque ayant l'envie de porter un jugement en s'appuyant seulement sur quelques secondes de vidéo de visionner les séquences plus longues disponibles en ligne, puisqu'elles montrent une tout autre histoire que ce qui a été mis de l'avant par des gens ayant des visées ultérieures », a déclaré Nick Sandmann par voie de communiqué, dimanche soir.

Le communiqué en question semble contredire certaines vidéos de la confrontation où l'on peut voir des élèves de son école, Covington Catholic High, dans le Kentucky, rire du groupe dont faisait partie M. Phillips et se moquer de la chanson traditionnelle de celui-ci. La déclaration ne correspond pas non plus à ce qu'a affirmé M. Phillips en entrevue, celui-ci disant avoir entendu des cris tels que « Construisez le mur! » et « Retournez dans votre réserve! »

Foire d'empoigne?

Le point de vue le plus complet de ce qui s'est produit vendredi après-midi se trouve du côté d'une vidéo de près de deux heures publiée sur Facebook par Shar Yaqataz Banyaman.

On peut y voir des membres de son groupe, les Black Hebrew Israelites, interagir à répétition avec la foule, tandis que des membres des Premières Nations et des élèves de l'école secondaire se disputent vigoureusement avec eux pendant quelques minutes.

M. Sandmann a déclaré que son groupe de l'école réservée aux garçons attendait leur autobus près du groupe de M. Banyamyan lorsque les membres de ce dernier ont commencé à les insulter. L'un des élèves a retiré son chandail et les jeunes ont entamé un haka, une danse guerrière des Maoris en Nouvelle-Zélande.

M. Philipps et un autre membre des Premières Nations ont dit avoir eu l'impression que les élèves se moquaient de la danse traditionnelle et se sont rapprochés pour intervenir.

MM. Phillips et Sandmann se sont regardés dans le blanc des yeux. Les deux hommes affirment qu'ils souhaitaient simplement éviter un dérapage. Mais la séquence, captée sur vidéo, est devenue virale.

Les élèves jugent avoir été dépeints injustement et ne pas avoir provoqué l'esclandre.

Le diocèse catholique de Covington a présenté ses excuses pour l'incident et a indiqué qu'une enquête entraînerait des conséquences pour les élèves, si nécessaire. Quant au Indigenous Peoples Movement, il a estimé que l'événement avait rappelé que les États-Unis avaient été fondés sur des principes racistes, et que la présidence de Donald Trump avait rallumé la flamme de la haine basée sur la couleur de la peau.

Le locataire de la Maison-Blanche s'est d'ailleurs prononcé sur l'affaire, lundi soir, sur Twitter, car certains reportages remettaient en question les critiques adressées aux élèves.

De son côté, M. Banyamnya a publié sa propre réaction sur Facebook, saluant la présence de M. Phillips et comparant les élèves à Satan.

Avec les informations de Associated Press

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