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Le programme d’éducation sexuelle de Doug Ford et les transgenres

Le symbole "homme" (Mars) et "femme" (Venus) sont dessinés dans les marques de craie sur un tableau noir.

Le gouvernement de Doug Ford a abrogé le programme d'éducation sexuelle

Photo : iStock / seraficus

Radio-Canada

Les avocats d'une élève transgenre de 11 ans s'opposant à l'abrogation par le gouvernement de l'Ontario d'un programme d'éducation sexuelle modernisé ont déclaré devant le tribunal lundi que cette décision avait mis leur cliente en danger car ses camarades de classe n'auront plus à apprendre le concept d'identité de genre.

Dans leurs déclarations liminaires devant le tribunal des droits de la personne de l'Ontario, les avocats ont affirmé que la décision du gouvernement progressiste-conservateur d’annuler l’enseignement du programme établi en 2015 et de forcer l’enseignement de celui créé en 1998 - qui n'inclut pas le mot « transgenre » - laisse entendre que le corps de la jeune transgenre « n’est pas normal ».

Le gouvernement soutient que son programme n'est pas discriminatoire, affirmant que les enseignants sont libres de développer les éléments requis par le document. Un nouveau programme est en cours de développement.

L'avocate Mika Imai a déclaré que sa cliente, une élève de sixième année identifiée seulement comme AB d’une « petite ville ontarienne », est devenue « extrêmement contrariée » lorsqu'elle a appris que le programme d'études modernisé introduit par l'ancien régime libéral allait être supprimé.

« AB estime que le ministre met les étudiants transgenres dans l'ombre », a déclaré Me Imai.

AB est soumise à un traitement inégal, car ceux qui ne sont pas transgenres vont apprendre leur orientation sexuelle en classe alors qu'AB et d'autres comme elle ne le feront pas, a affirmé Me Imai.

« Peu importe ce qui se passera ce printemps dans la classe d'éducation sexuelle d'AB, contrairement à ses pairs hétérosexuels, elle est mise dans la position de craindre ce qui va arriver », a-t-elle déclaré. « AB a peur de ce qui va être dit à propos de son corps et s’inquiète si son professeur va intervenir si ses collègues de classe la taquinent. »

Le tribunal entendra des experts

Me Imai a ajouté que le tribunal entendra des experts qui diront que si les enfants ne se renseignent pas sur les personnes homosexuelles et transgenres, ils risquent davantage d'intimider leurs camarades de classe LGBTQ.

Et elle a dit que les effets négatifs de l'abrogation du programme d'enseignement sexuel ont déjà commencé à se faire sentir pour AB.

« AB a également déjà reçu des messages négatifs du ministère : que son corps est anormal, qu'elle ne mérite pas d'être informée de son corps, que ses pairs n'ont pas besoin d'être informés sur son corps et qu'elle ne mérite pas d'être protégée de l'intimidation », a déclaré Me Imai.

Les avocats du gouvernement soutiennent que les enseignants élaborent leurs propres plans de cours et que le programme d'enseignement leur permettait de discuter des questions relatives aux LGBTQ.

« Ce n'est pas une prescription », a déclaré l'avocat du gouvernement, Michael Dunn, à propos du programme. « Il n'y a pas une liste de mots ou de phrases interdites... Il y a place au jugement professionnel de la part des enseignants. Le programme est un point de départ. »

Mais les intervenants dans cette affaire - y compris la Fédération des enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, qui représente les dizaines de milliers d'enseignants du primaire dans la province - soutiennent que ce n'est pas le cas.

La Fédération a déclaré que le fait que le gouvernement ait mis en place une soi-disant « ligne téléphonique » pour permettre aux parents de dénoncer les enseignants qui fournissent des informations qui ne figurent pas dans le programme actuel signifie que la province essaie de faire en sorte que les étudiants ne soient pas mis au courant de la sexualité LGBTQ.

M. Dunn a ajouté que les arguments de ses avocats reposaient en grande partie sur des hypothèses. Il affirme qu’il n’y a aucune preuve qu’AB est victime de discrimination.

Il a exhorté les arbitres chargés de l'affaire à prendre une décision basée uniquement sur les faits et leur a demandé de maintenir la version actuelle du programme d'enseignement.

L’affaire pourrait être discutée pendant un maximum de 10 jours. Une décision est prévue pour le printemps prochain.

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

Éducation