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Un lac-à-l'épaule de 24 heures à 538 $ par invité payé à même les fonds publics

Philippe Nadeau est directeur général du Réseau national des pôles régionaux d'innovation (RNPRI)
Philippe Nadeau, le directeur général du Réseau national des pôles régionaux d'innovation (RNPRI) Photo: Radio-Canada
Amélie Desmarais

Le directeur général du Digihub à Shawinigan, Philippe Nadeau, qui est aussi directeur général du Réseau national des pôles régionaux d'innovation (RNPRI) se retrouve dans l'embarras en raison d'un événement qu'il organise à l'Auberge du Lac-à-l'Eau-Claire, en Mauricie, au coût de 538 $ par invité.

La ministre responsable du dossier, Marie-Ève Proulx, dénonce l'utilisation des fonds publics par l'organisme qui s'apprête à dépenser 70 000 $ pour réunir pendant 24 heures, du 7 au 8 février, 130 membres des pôles régionaux.

Mme Proulx, qui a été informée de la situation par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), qualifie cette dépense qui inclut la chambre à l'auberge, les repas et l'accès au spa et à la piscine, d'inacceptable et même d'inconcevable.

Ça représente 7 % du budget total de l'organisation, donc, pour nous, c'est inacceptable, c'est des fonds publics qui auraient pu être investis autrement, lance la ministre déléguée au Développement économique régional.

Elle précise que les budgets du RNPRI, créé par le gouvernement Couillard l'an dernier, ont été entérinés par le conseil des ministres le 22 août dernier soit à la veille du déclenchement des élections.

On a reçu un mandat fort de la population qui voulait justement qu'on arrête le gaspillage de fonds publics, dit-elle. Ça devient clairement inconcevable qu'encore en 2019, on fasse des dépenses comme ça et qu'on accepte qu'il y ait des dépenses comme ça.

La ministre Proulx, qui a amorcé une évaluation la semaine dernière des façons de faire du RNPRI, indique que ses vérifications ne s'arrêteront pas uniquement à cet orgnanisme. C'est dans des événements comme ça qu'on voit qu'il y avait des choses qui se passaient avec l'ancien gouvernement qui sont incceptables aujourd'hui et on veut mettre fin à ça.

La FQM sonne l'alarme

C'est le président de la Fédération québécoise de municipalité (FQM), Jacques Demers, qui a alerté la ministre Poulx après avoir reçu l'invitation au début janvier pour prendre part au premier lac-à-l'épaule du RNPRI organisé à l'Auberge du Lac-à-l'eau-Claire.

La FQM souhaitait connaître les orientations de la ministre sur le déploiement de ce réseau de pôles régionaux d'innovation alors que la loi prévoit que les responsables du développement local et régional sont les MRC.

Se faire inviter dans une activité de ce genre-là tous frais compris, on voulait surtout questionner sur ce dossier-là, explique M. Demers. Est-ce qu'on est en train réellement d'en faire une structure? [...] On voyait que les moyens financiers de leur côté, ça a l'air d'aller assez bien. On n'aurait pas pu de notre côté offrir la même chose.

Jacques Demers se montre d'ailleurs satisfait de la réponse de Mme Proulx.

On aime bien sa réponse, lance-t-il. On trouve que l'idée de faire son enquête, on va sûrement apprendre ce qui se passe autour de ce dossier-là.

La ministre déléguée affirme qu'elle procède en ce moment à une évaluation du dossier et que des discussions auront lieu très rapidement pour voir ce qui sera fait.

Le RNPRI se refuse à tout commentaire pour le moment. Une porte-parole de l'organisme nous a fait savoir que des discussions sont en cours, mais que l'événement n'est pas compromis pour le moment.

Mauricie et Centre du Québec

Développement économique