•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Moins de produits laitiers et plus d'aliments d'origine végétale dans le nouveau Guide alimentaire canadien

Le reportage de Solveig Miller
Romain Schué

Fini le célèbre arc-en-ciel. Désormais, le Guide alimentaire canadien met davantage l'accent sur des conseils nutritifs plutôt que sur les aliments et les portions recommandées. Le lait et le fromage tiennent notamment une place moins importante dans le nouveau menu présenté par Santé Canada.

Plus question de boire « chaque jour du lait écrémé » ou du lait à faible teneur en matières grasses, comme cela était encore mentionné dans le dernier Guide alimentaire canadien datant de 2007. Le document évoquait également la consommation quotidienne de deux à quatre portions de « lait et substituts ».

Attendu l’an passé et finalement dévoilé mardi matin, ce document de référence, utilisé notamment pour la préparation des menus dans les garderies, les écoles et les établissements de soins, propose entre autres de boire de l’eau lors de chaque repas.

Celle-ci « devrait être la boisson de premier choix », car elle « favorise la santé et l’hydratation sans augmenter l’apport énergétique », précise Santé Canada, dans un document transmis aux médias.

« Des options de boissons non sucrées autres que l’eau peuvent comprendre le lait le plus faible en gras, les boissons végétales, le café et le thé », explique-t-on.

La notion de portions disparaît

Tenant sur deux pages, ce nouveau guide alimentaire est bien différent de ses prédécesseurs, tant sur le plan de la forme que sur celui du fond. Le nombre de portions, les catégories d’âge et les sexes ont notamment disparu.

Entrevue avec Catherine Lefebvre, nutritionniste, et Louise Lambert-Lagacé, diététiste clinicienne

La notion de portions était difficilement compréhensible et applicable pour le grand public, a fait savoir Alfred Aziz, chef de la Division de la réglementation et des normes en matière de nutrition de Santé Canada, au cours d’une conférence téléphonique.

Désormais, une simple illustration d'assiette est affichée et comprend trois catégories d’aliments, contre quatre par le passé. Les groupes « lait et substituts » et « viandes et substituts » sont à présent intégrés aux « aliments protéinés ». Des précisions seront données sur le site de Santé Canada, assure-t-on.

Les trois groupes du nouveau Guide alimentaire :

  • Des légumes et des fruits;
  • Des aliments à grains entiers;
  • Des aliments protéinés.

Selon Santé Canada, un repas devrait ainsi comporter une moitié de légumes et de fruits, à manger « en abondance », un quart d’aliments à grains entiers (pâtes, riz brun ou quinoa, par exemple) et un quart d’aliments protéinés (lentilles, viandes maigres, poisson).

Dans ce dernier groupe, « [les aliments protéinés] d’origine végétale devraient être consommés plus souvent », précise l’organisme public, citant les légumineuses, les noix ou encore les graines. Le fromage, qui n’apparaît pas sur cette image, n’est pas proscrit, mais il doit être « plus faible en gras et en sodium », explique Alfred Aziz.

Il est également conseillé de consommer du lait et des yogourts « plus faibles en matières grasses », afin de limiter les risques de maladies cardiovasculaires.

En début d’année, la diffusion d’une version préliminaire, allant dans le même sens, avait vivement fait réagir l’industrie laitière.

Les Producteurs laitiers du Canada s’inquiétaient des effets « sur un secteur qui continue d'être affecté par les concessions accordées dans les récents accords commerciaux », en faisant référence aux accords de libre-échange avec l’Union européenne, ainsi qu’avec les États-Unis et le Mexique, qui favorisent l’importation de produits laitiers provenant de ces territoires.

L’industrie laitière est invitée à « adopter » ces recommandations et à produire, ainsi, du lait, des fromages et des yogourts plus faibles en gras, spécifie Alfred Aziz.

Des conseils pour «  une alimentation saine  »

Ce guide alimentaire, qui a fait l’objet d’une étude auprès de la population, fait également la part belle à des conseils pratiques, mêlant la promotion de la préparation des repas et une consommation conviviale.

Une photo avec des conseils pour cuisiner.Agrandir l’imageCe nouveau Guide alimentaire canadien formule sept conseils destinés aux consommateurs. Photo : Santé Canada

Sept idées sont évoquées, sous ce slogan : « Une alimentation saine, c’est bien plus que les aliments que vous consommez ».

  • Prenez conscience de vos habitudes alimentaires;
  • Cuisinez plus souvent;
  • Savourez vos aliments;
  • Prenez vos repas en bonne compagnie;
  • Consultez les étiquettes des aliments;
  • Limitez la consommation d’aliments élevés en sodium, en sucres et en gras saturés;
  • Restez vigilant face au marketing alimentaire.

« La cuisson et la préparation des repas à la maison peuvent favoriser le développement de compétences alimentaires. Les compétences alimentaires peuvent contribuer à la réduction des déchets des ménages au Canada », souligne Santé Canada, qui encourage les consommateurs à observer les étiquettes des aliments, afin d’examiner notamment la teneur en sucre.

Aucune nouvelle mesure particulière visant l'étiquetage des aliments n'est cependant prévue. Santé Canada espère la mise en application des directives gouvernementales adoptées ces dernières années, avec la présence d'un tableau des valeurs nutritives sur chaque emballage.

Un menu type dévoilé « plus tard »

Santé Canada dévoilera « plus tard en 2019 » des détails destinés aux responsables des écoles, des garderies et des établissements de soins pour l’élaboration de leurs menus. Par ailleurs, l'agence gouvernementale assure travailler avec les peuples autochtones pour l’élaboration « d’outils en matière de saine alimentation ». Aucun échéancier n’est avancé.

Santé publique

Santé