•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ambulance NB : le ministre de la Santé recule, chaque ambulance devra avoir un employé bilingue

Ambulances Nouveau-Brunswick a reçu quatre plaintes en 2016, deux en 2015 et cinq en 2014.
Medavie n'est plus tenue de suivre une directive gouvernementale qui lui ordonnait de laisser tomber le exigences linguistiques à l'embauche. Photo: Radio-Canada
Anaïs Brasier

Medavie confirme que chaque véhicule d'Ambulance NB devra avoir un employé bilingue. C'est une volte-face du gouvernement dans le dossier des ambulances. Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, avait ordonné à Ambulance NB d'éliminer les obligations linguistiques à l'embauche en décembre dernier.

C'est Bernard Lord, chef de la direction de Medavie, qui en a fait l'annonce lors d'une conférence de presse lundi après-midi. Celle-ci fait suite à une lettre envoyée par le ministre de la Santé, datée du 18 janvier et visant à « servir de guide pour l'embauche des travailleurs paramédicaux ».

Notre gouvernement s'assurera [...] que les Néo-Brunswickois aient accès à un système d'intervention d'urgence efficace en cas d'urgences médicales et ce, tout en assurant le respect de nos obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles, peut-on lire dans la lettre.

Pour ce faire, le gouvernement demande donc à Ambulance NB de s'assurer que chaque unité comporte un employé bilingue. C'est une volte-face par rapport à une demande précédente du gouvernement, qui date du mois de décembre. Le ministre Flemming demandait alors à Ambulance NB d'éliminer les obligations linguistiques à l'embauche. Mais la lettre d'aujourd'hui a préséance sur la lettre du mois de décembre, déclare Bernard Lord.

Bernard Lord, chef de la direction de Medavie, en entrevue.Bernard Lord, chef de la direction de Medavie, assure que le Nouveau-Brunswick est maintenant sur la bonne voie en matière de services ambulanciers bilingues (archive). Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Nous allons mettre en oeuvre la lettre d'aujourd'hui, dit Bernard Lord. Nous allons créer les postes d'équipes flottantes qui vont permettre d'embaucher des travailleurs paramédicaux unilingues. Cela veut dire qu'au lieu d'avoir des postes temporaires, ils auront maintenant des postes permanents.

Mais en même temps nous allons déterminer le nombre de postes bilingues qui sont requis pour assurer que chaque unité d'urgence puisse offrir un service dans les deux langues officielles. Ces postes-là vont être remplis par des paramédics bilingues.

Bernard Lord, chef de la direction de Medavie

Est-ce que ça aurait été préférable pour tous qu'on arrive à de bonnes solutions plus rapidement? Il y a toujours des choses qu'on peut faire plus rapidement. La bonne chose c'est que nous sommes au bon endroit maintenant, conclut le chef de la direction de Medavie.

La révision de la décision McEvoy caduque?

On ignore encore ce qui adviendra de la révision judiciaire de la décision de l'arbitre John McEvoy, qui avait mené à la première directive gouvernementale, en décembre. La Cour du Banc de la Reine doit se pencher sur cette décison jeudi.

John McEvoy concluait, dans sa décision, que l'ancienneté devait primer le bilinguisme au moment de l'embauche des ambulanciers, une interprétation qui entrait en conflit avec la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick.

Bernard Lord doute de la pertinence de la révision judiciaire, compte tenu de la décision du gouvernement du Nouveau-Brunswick annoncée lundi.

L'avocat spécialiste des droits linguistiques Michel Doucet estime cependant qu'il est important qu'un tribunal révise la décision McEvoy, pour que le syndicat des ambulanciers ne puisse éventuellement revenir à la charge concernant la préséance à donner à l'ancienneté plutôt qu'au bilinguisme au moment de l'embauche, un élément clé de la décision arbitrale.

Quant au gouvernement du Nouveau-Brunswick, il a simplement confirmé par courriel avoir envoyé une lettre à Medavie avec une nouvelle directive visant à respecter la Loi sur les langues officielles.

Avec les informations de Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Francophonie