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Bi-Giwen : 12 visages de survivants de la rafle des années 60

Une femme regarde les panneaux de l'exposition.

Après une halte d'un jour à Edmonton, l'exposition itinérante sera de retour dans la capitale albertaine à la fin du mois de mai.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Brown

Nafi Alibert

L'exposition Bi-Giwen : Rentrer à la maison a été inaugurée dimanche à Edmonton. La capitale albertaine est le premier arrêt de cette exposition itinérante qui porte à la vue de tous l'histoire de ces Autochtones qui ont été arrachés à leurs familles lors de la rafle des années 60.

L’exposition relate, en photo, en texte et en vidéo, le récit d’une dizaine de survivants de la rafle des années 60, originaires de différentes régions du pays.

Adam North Peigan est l'un de ceux qui donnent un visage aux milliers d’Autochtones enlevés dans leurs communautés et placés dans des familles blanches au Canada, aux États-Unis et en Europe, entre les années 1960 et 1980.

Il n'a pas pu retenir ses larmes quand il a vu sa photo sur les panneaux de l'exposition.

« [Ces] larmes sont emplies de force… C’était une époque très difficile, non seulement pour moi, mais pour toutes les autres personnes qui [témoignent] ici », raconte-t-il.

Adam North Peige pointe du doigt sa photo qui est affichée sur un des panneaux de l'exposition.

Adam North Peige se déplacera avec l'exposition, en Alberta, pour partager son histoire de vive voix avec les visiteurs.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Brown

Peu de temps après sa naissance, Adam North Peigan a été arraché à sa famille par les services sociaux de l’Alberta. Il a passé les 17 premières années de sa vie ballotté de famille d'accueil en famille d’accueil, avant de retourner vivre auprès de sa communauté Piikani, dans le sud de l’Alberta.

« Ç'a été une épreuve très, très troublante, raconte-t-il. [J’avais grandi] dans des foyers non autochtones et soudainement [je me suis] retrouvé parachuté dans une communauté que je ne connaissais pas, mais à laquelle j’appartenais pourtant. »

Devoir de mémoire

Elle aussi dépossédée de son histoire et de sa culture pendant l’enfance, Kathy Hamelin veut faire connaître non seulement la douleur qu’elle a vécue, mais aussi la résilience et le courage qui lui ont permis de devenir la femme qu’elle est aujourd’hui.

On a tout fait pour me détruire. Mais je suis toujours là et voici qui je suis.

Kathy Hamelin, survivante

Comme elle, Adam North Peigan et bien d’autres survivants gardent des marques de la rafle des années 60.

« Je suis très, très heureux de pouvoir raconter ces histoires à l’ensemble des Canadiens, dit Adam North Peigan. Tous les Canadiens doivent comprendre que la rafle des années 60 fait partie intégrante de l’histoire des peuples autochtones [dans ce pays]. »

Mise sur pied par la Fondation autochtone de l’espoir et le National Indigenous Survivors of Child Welfare Network, l’exposition souhaite contribuer au devoir de mémoire collectif.

« Présenter des excuses n’est qu’un pas vers la réconciliation », admet Richard Feehan, le ministre albertain des Relations avec les Autochtones. C’est grâce à des expositions comme celle-là que les Albertains pourront rattraper leurs lacunes sur cette page sombre de l’histoire du Canada, ajoute-t-il.

Bi-Giwen : Rentrer à la maison est une exposition bilingue (en français et en anglais) et gratuite. Après une tournée en Alberta, elle parcourra tout le pays.

Où et quand voir Bi-Giwen : Rentrer à la maison en Alberta?

  • 12 février : Saint-Paul
  • 14 février : Établissement métis de Fishing Lake
  • 4 mars : Lethbridge
  • 6 mars : Calgary
  • 25 mars : Fort McMurray
  • 10 avril : High Level
  • 13 avril : Établissement métis de High Level
  • 2 mai : Rivière-la-Paix
  • Fin du mois de mai : Retour et fin de l’exposition à Edmonton (date à déterminer)

Avec les informations de Simon-Pierre Poulin

Alberta

Autochtones