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Des scientifiques créent des vaisseaux sanguins en laboratoire

Des vaisseaux sanguins entremêlés.

Des chercheurs ont mis au point des vaisseaux sanguins à partir de cellules souches embryonnaires dans un laboratoire. Ils ressemblent et se comportent comme ceux du corps humain.

Photo : IMBA

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des scientifiques ont réussi pour la première fois à créer, dans des boîtes de Petri, des vaisseaux sanguins qui ressemblent à ceux du corps humain et qui agissent de façon similaire.

Ces vaisseaux pourront notamment être utilisés pour la recherche, expliquent ceux qui ont participé à leur création, dans la revue Nature parue la semaine dernière.

« La structure ressemble [aux vaisseaux humains] et les gènes qui s’expriment dans notre corps et dans ces capillaires sont très similaires », affirme Josef Penninger, auteur principal de la recherche et directeur de l’Institut des sciences de la vie à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

« Ce n’est pas 100 % fidèle à ce que nous voyons dans notre corps, évidemment, souligne M. Penninger. Mais c’est très proche. »

Les vaisseaux sanguins ainsi créés aident déjà les scientifiques à mieux comprendre certains dommages causés par le diabète, expliquent les auteurs.

À l’avenir, ils pourraient être utilisés pour mieux comprendre d'autres maladies, comme la maladie d'Alzheimer, le cancer et les accidents vasculaires cérébraux, et élaborer des traitements à cet effet, ou encore être transplantés dans des humains pour guérir ou remplacer des tissus endommagés, soutient M. Penninger.

Josef Penninger est assis dans un bureau encombré de papiers. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Josef Penninger a rejoint récemment l'Université de la Colombie-Britannique comme président de la Chaire de recherche Canada 150 en génétique fonctionnelle et directeur de l'Institut des sciences de la vie.

Photo : UBC

Maintenant que la méthodologie pour produire ces vaisseaux en laboratoire a été publiée, ce dernier estime que « tout le monde peut le faire ».

Les chercheurs ont mis environ trois ans pour réussir à reproduire les vaisseaux sanguins en laboratoire.

Des tests sur des souris

Les auteurs précisent que les vaisseaux agissent normalement quand ils sont transplantés dans des souris, ce qui leur permet d’effectuer des recherches sur des maladies comme le diabète, qui avaient jusque-là été impossibles à réaliser.

Les vaisseaux humains exposés à de hauts taux de sucre sont gravement endommagés et peuvent entraîner des problèmes cardiaques, de la gangrène et un ralentissement de la guérison chez les diabétiques. Ces genres de maux ne surviennent toutefois pas dans les vaisseaux endommagés chez les souris diabétiques, même si elles sont souvent utilisées pour étudier cette maladie.

« Certains aspects de la maladie sont très spécifiques aux humains », explique M. Penninger.

Des images montrent la différence entre les vaisseaux sanguins normaux et ceux créés en laboratoire qui sont affectés par le diabète et d'autres qui sont normaux. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les vaisseaux sanguins créés en laboratoire sont endommagés par le haut taux de sucre dans le sang comme les vaisseaux sanguins humains normaux. La partie verte est plus grande chez les patients diabétiques (flèches blanches).

Photo : Radio-Canada

Toutefois, quand les vaisseaux sanguins mis au point en laboratoire ont été transplantés dans des souris, ils ont été endommagés comme chez les humains par le diabète. C'est pourquoi les auteurs pensent que la découverte pourra mener à de nouveaux traitements contre cette maladie.

Ils souhaitent maintenant tenter de transplanter des vaisseaux sanguins dans différentes parties de la souris et observer ce qui se produit.

M. Penninger ajoute que les scientifiques réussissent à créer ce qui est appelé des organoïdes - des sortes de « mini-organes » - en utilisant des cellules souches depuis près d’une décennie, mais qu’ils contenaient jusqu’à maintenant une seule sorte de cellules. « Ce dont nous avons besoin maintenant, ce sont des organoïdes comportant différents types de cellules », précise-t-il.

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