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Beauce : le bébé « est tombé sur la tête », se défend l'éducatrice

Élizabeth Pelletier-Boissonneault
Élizabeth Pelletier-Boissonneault Photo: Facebook d'Élizabeth Pelletier-Boissonneault
Marc-Antoine Lavoie

« Il est tombé sur la tête », a réitéré la jeune femme de 24 ans, accusée de voies de fait graves sur un bambin dont elle avait la garde.

La défense a amorcé la présentation de sa preuve lundi, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce, avec le témoignage de l'accusée, Elizabeth Pelletier.

« J'avais hâte de vous parler. Mme Pelletier avait encore plus hâte », a affirmé aux membres du jury son avocat, Me Yves Savard. « Il y a deux côtés à une médaille. C’est ce qu’on va tenter de vous démontrer », a-t-il ajouté.

Mme Pelletier, qui s’adressait pour la première fois à la cour menée par la juge Manon Lavoie, a rappelé les deux chutes qu’aurait encaissées l’enfant le 28 septembre 2016.

Selon la poursuite, le jeune garçon de 10 mois a subi un traumatisme non accidentel, causant une hémorragie sur « une surface assez importante du cerveau ».

Les mauvais traitements auraient été infligés à l’enfant entre les mois de septembre et d’octobre 2016, au moment où l’accusée exploitait une garderie en milieu familial dans sa résidence de Sainte-Marie.

La défense tente de démontrer au jury que l’hémorragie et la perte de conscience de la présumée victime sont dues à deux chutes et à une déshydratation.

« Couché fort dans son parc »

Les chutes ont été décrites la semaine dernière aux membres du jury lors du visionnement de l’enregistrement de l’interrogatoire de l’accusée.

Dans cet entretien, effectué quelques heures après son arrestation, Mme Pelletier a également affirmé avoir « couché fort dans son parc » l’enfant.

L’accusée a justifié l’aveu effectué à l’enquêteur en soulevant que l’entrevue a duré plus de 9 heures et qu’elle avait hâte de voir son enfant.

« C’est ce qu’elle veut que je dise. Si je ne lui dis rien, elle n’arrêtera jamais », a-t-elle précisé.

La semaine dernière, un des témoins de la poursuite, la pédiatre Marlène Thibault, affirmait que les chutes décrites par l'accusée sont « de faible hauteur ».

Il serait « très rare et inhabituel » que ces chutes, à elles seules, expliquent les blessures puisque les hémorragies sur la présumée victime sont présentes des deux côtés du cerveau, selon Mme Thibault.

« Bébé secoué », polygraphe et DPJ

Mme Pelletier a aussi dû expliquer les recherches Internet qu’elle a effectuées.

Peu de temps après les événements reprochés, l’accusée a notamment voulu en savoir plus sur les « bébés secoués », sur les façons de se défendre contre le Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) et sur les « détecteurs de mensonges », appelés polygraphe.

La jeune femme de 24 ans a expliqué avoir appris, quelques jours avant son arrestation, que la présumée victime avait du sang au cerveau. Cette hémorragie était due à « un coup, une chute ou au bébé secoué », selon les informations qu’elle a reçues de la part d’un proche du bambin.

Elle aurait donc effectué des recherches sur Internet pour en savoir plus. La Beauceronne a expliqué qu’elle soupçonnait alors le père de la victime.

Pour ce qui est des recherches sur le polygraphe, elle a relaté avoir été informée que les parents du jeune garçon, alors suspectés, étaient prêts à passer un test de « détecteur de mensonges » pour éliminer les doutes qui pesaient contre eux. Elle aurait donc voulu savoir s’il était possible de déjouer un tel système.

Les recherches sur la DPJ sont quant à elles dues aux craintes qui habitaient l’accusée. Mme Pelletier savait que l’enfant était sous sa responsabilité lors des deux chutes et avait peur d’être tenue responsable de ses blessures.

« Je n’ai rien à me reprocher et je veux me défendre. Je ne veux pas qu’ils ferment ma garderie », a-t-elle affirmé.

Elizabeth Pelletier subit son contre-interrogatoire en après-midi. La défense doit également faire entendre un second témoin avant de clore sa preuve.

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