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Québec ne resserrera pas davantage l’accès aux armes à feu

Des armes d'épaule sont déposées sur du foin.
La nouvelle loi québécoise sur l’immatriculation des armes à feu entrera en vigueur le 29 janvier. Photo: iStock
Louis Gagné
Alain Rochefort

François Legault réitère sa volonté de faire appliquer la nouvelle Loi sur l'immatriculation des armes à feu. Il prévient toutefois que son gouvernement n'a pas l'intention de resserrer davantage l'accès aux armes d'épaule, comme le réclame un représentant de la communauté musulmane de Québec.

« On a l’intention de faire respecter cette loi, mais pour l’instant, on n’a pas de nouveau projet de loi en tête », a déclaré depuis Paris le premier ministre, qui entame lundi une mission de trois jours en France.

Pas question non plus de vérifier de manière plus approfondie les antécédents des personnes qui font une demande de permis.

« Pour l’instant, il n’y a pas rien de prévu de plus que ce qui existe actuellement », a répété François Legault.

Le chef du gouvernement a donc fermé la porte à la demande formulée par le président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), Boufeldja Benabdallah.

Dans une lettre envoyée à François Legault le 15 janvier dernier et don Radio-Canada a obtenu copie, le leader religieux réclame l'adoption de procédures plus strictes pour obtenir un permis de possession et d’acquisition d’armes à feu (PPA).

Boufeldja Benabdallah prend la parole lors d'un événement public. Il tient un micro dans ses mains.le président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Lacunes

M. Benabdallah déplore notamment des lacunes dans la vérification d'antécédents liés à des troubles mentaux.

Il rappelle que l'auteur de la tuerie de la mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, a obtenu son PPA, et ce, même s’il avait des antécédents de troubles mentaux.

Pour ce faire, Bissonnette a menti aux autorités lorsqu’il a soumis sa demande de permis. Boufeldja Benabdallah déplore que les déclarations du tueur en devenir n’aient pas fait l’objet de vérifications.

« Étonnamment, aucune vérification de la sorte n’est effectuée lorsqu’un candidat pour un permis de possession nie avoir eu des épisodes dépressifs sur le formulaire de demande, comme l’a fait Bissonnette », dénonce le président du CCIQ dans sa lettre.

Alexandre Bissonnette à son arrivée au palais de justice de Québec.Alexandre Bissonnette à son arrivée au palais de justice de Québec Photo : Radio-Canada

Vérification systématique

Boufeldja Benabdallah demande une vérification systématique des antécédents et une meilleure sensibilisation du public sur le signalement des comportements à risque.

« Si les policiers avaient été alertés des antécédents de Bissonnette et qu’une enquête avait révélé un risque pour la sécurité publique, ils auraient pu entamer la prochaine démarche, soit la saisie préventive des armes à feu en sa possession », fait-il valoir.

Il y a certainement lieu d’améliorer les procédures au niveau de l’octroi et du maintien du permis.

Boufeldja Benabdallah, président et cofondateur, Centre culturel islamique de Québec
Des fleurs déposées devant le Centre culturel islamique de Québec au lendemain de la fusillade (archives)Des fleurs déposées devant le Centre culturel islamique de Québec au lendemain de la fusillade (archives) Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Triste anniversaire

Le président du CCIQ invite le gouvernement Legault à ne pas céder aux pressions exercées par certains propriétaires d’armes à feu et à faire appliquer la nouvelle loi québécoise.

Les chasseurs et tireurs sportifs ont jusqu’au 29 janvier pour enregistrer leurs armes à feu. Cette date coïncide avec le deuxième anniversaire de la tuerie survenue à la mosquée de Québec.

Le premier ministre François Legault prévoit être présent lors de la commémoration de ce triste événement.

Rappelons qu’Alexandre Bissonnette, qui a été reconnu coupable de six chefs d’accusation de meurtre, connaîtra sa peine le 8 février.

Armes à feu

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