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Les victimes néo-écossaises d’un prédateur sexuel consternées par sa libération

William Shrubsall lors d'une comparution en cour à Halifax.
William Shrubsall est libéré d'une prison canadienne lundi, mais doit encore faire face à la justice américaine. Photo: CBC

Un Américain qui a commis plusieurs agressions sexuelles particulièrement violentes à Halifax, William Shrubsall, 47 ans, sera libéré d'une prison canadienne lundi et remis aux autorités de son pays, où l'attend une autre peine de prison pour agression sexuelle et pour avoir fui la justice.

À Halifax, des victimes se sentent trahies par le fait qu’il ait obtenu une libération conditionnelle au Canada malgré la violence de ses crimes.

Shrubsall attendait son procès pour l’agression sexuelle d’une adolescente, en 1996, à Niagara Falls, dans l’État de New York, lorsqu’il avait disparu. Il avait laissé une note disant qu’il avait l’intention de se jeter dans les chutes Niagara, mais quelques jours plus tard, il était à Halifax.

Pendant les deux années suivantes, il a vécu sous plusieurs pseudonymes, comme Ian Thor Greene et Joe Thunder et a de nouveau commis une série d’agressions sexuelles.

L’automne dernier, à sa cinquième tentative, il a obtenu sa libération conditionnelle.

La commission a failli à ses responsabilités, selon une victime

L’une de ses victimes, K.C., dont l’identité est protégée par un interdit de publication, croit que la commission des libérations conditionnelles a abdiqué ses responsabilités.

Si la commission considère que cet individu est réhabilité et qu’il y a peu de risque de récidive, c’est une chose, mais ce n’est pas ce que dit [la décision]. On ne sait pas trop quel raisonnement a sous-tendu cette décision en fait. 

La décision de la commission précise qu’il y a un fort risque que Shrubsall commette d’autres crimes sexuels et qu’il n’existe aucun programme institutionnel qui pourrait faire baisser ce risque au point où il pourrait vivre dans une communauté sans grand danger.

Une porte-parole, Holly Knowles, a rappelé par courriel que la commission ne commente pas de cas spécifiques. Elle précise toutefois que ses décisions sont guidées par le besoin de protéger la société. Les circonstances dans lesquelles le contrevenant doit être libéré reçoivent une grande attention lors de l’évaluation générale des risques, explique-t-elle.

Le procureur de la Couronne qui avait obtenu sa condamnation à Halifax et qui avait réussi à le faire déclarer détenu dangereux en 2001, Paul Carver, rappelle que Shrubsall avait fait plusieurs victimes avant qu’il soit finalement arrêté.

Un long parcours criminel

La première de toutes, c’était sa mère : Shrubsall l’a battue à mort avec un bâton de baseball lorsqu’il avait 17 ans, la veille de la cérémonie de collation des grades de son école secondaire.

En 1997 et au début de 1998, il a fréquenté pendant trois mois une jeune femme d’Halifax jusqu’à ce que celle-ci mette fin à la relation.

Il s’est alors mis à la harceler. Il lui laissait des lettres à la maison et dans ses classes, à l’Université Dalhousie, et est même entré dans son appartement avec un double des clefs qu’il avait fait faire à son insu.

Il me faisait peur. J’avais peur de ce qu’il risquait de me faire, témoigne la jeune femme, que nous pouvons identifier seulement par les initiales T.C.

Trois agressions sexuelles à Halifax

Peu après leur rupture, en 1998, Shrubsall a battu la jeune employée de 24 ans d’un magasin du front de mer d’Halifax, à coups de bâton de baseball, et a pris l’argent de la caisse. La victime a subi une fracture du crâne et a été plongée dans un coma. Elle a dû subir une chirurgie reconstructive.

En mai de cette même année, Shrubsall a suivi une femme à la sortie d’un bar, l’a attaquée et agressée sexuellement.

Il a finalement été arrêté en juin 1998 après un autre incident dans les locaux d’une confrérie d’étudiants près de l’Université Dalhousie. Lorsque sa troisième victime, K.C., a tenté d’appeler un taxi pour quitter les lieux, Shrubsall l’a retenue, battue et agressée sexuellement.

Il a été reconnu coupable des trois accusations d’agression sexuelle et à une accusation de harcèlement criminel à l’encontre de T.C.

« Victime de nouveau »

K.C. a souffert de dépression après l’agression dont elle a été victime. À 44 ans, la mère de deux enfants se sent mieux, mais dit qu’elle s’est sentie victimisée une deuxième fois lorsqu’elle a appris que Shrubsall avait obtenu une libération conditionnelle.

Lorsqu’on est victime d’un crime violent, la seule consolation que l’on puisse avoir, c’est de savoir que notre gouvernement a obtenu justice pour nous et qu’il a emprisonné le responsable. La pilule est difficile à avaler lorsqu’on apprend qu’on avait la chance de garder cette personne derrière les barreaux, de protéger le public, et que ça n’a pas été fait. 

William Shrubsall, qui a adopté le nom d'Ethan Simon Templar MacLeod en prison, a entrepris des études dans le but soit de devenir prêtre, soit d’obtenir un doctorat.

K.C. craint qu’il ne s’agisse encore une fois d’une ruse pour gagner la confiance de gens dans son entourage et se préparer à récidiver. C’est ce qui me rend le plus triste, conclut-elle.

Avec les informations de Richard Woodbury, CBC

Nouvelle-Écosse

Crime sexuel