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Mobilisation estrienne contre l'agrandissement du dépotoir Coventry

Mobilisation estrienne contre l'agrandissement du dépotoir Coventry
Radio-Canada

L'agrandissement du dépotoir de Coventry au Vermont continue de préoccuper les élus et les écologistes en Estrie. Plusieurs d'entre eux se présenteront mardi devant la commission environnementale de cet état afin de faire annuler cette décision.

Le lac Memphrémagog est un immense réservoir d'eau potable : plus de 175 000 Estriens la boivent. Cette eau est d'ailleurs qualifiée de deuxième meilleure en Amérique du Nord.

Une des grandes raisons de ce titre, c'est que l'eau du Memphrémagog est bonne. On veut poursuivre la protection de cette eau, indique le chef de la Division des eaux à la Ville de Sherbrooke, Michel Cyr.

Toutefois, l'agrandissement probable de 51 acres du dépotoir Coventry au Vermont pourrait entraîner un déversement plus important de lixiviat. Cette substance, qu'on appelle aussi du jus de déchet, est une menace réelle pour la santé selon plusieurs.

La députée de Sherbrooke, Christine LabrieLa députée de Sherbrooke, Christine Labrie Photo : Radio-Canada

Risques pour la santé

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, soutient même que le lixiviat contiendrait des contaminants qui pourraient représenter des risques au niveau de la prévalence des troubles de l'autisme.

Il y a des risques très, très élevés pour la santé publique. Il y a des choses qui se retrouvent dans ces eaux-là qui sont potentiellement cancérigènes.

Christine Labrie, députée de Sherbrooke

Il y a des risques très, très élevés pour la santé publique. Il y a des choses qui se retrouvent dans ces eaux-là qui sont potentiellement cancérigènes, ajoute-t-elle.

Avant d'agrandir, il faut donc s’assurer de rendre nuls les risques au niveau de la population, ajoute son collègue, le député d’Orford, Gilles Bélanger.

Carte du site Conventry qui est situé à 1 km du lac MemphrémagogCarte du site Conventry qui est situé à 1 km du lac Memphrémagog Photo : Radio-Canada

Le projet demande le droit de déposer 500 000 tonnes de déchets par année pendant 22 ans soit l'équivalent de 71 000 camions.

M. Bélanger représentera d'ailleurs le gouvernement québécois devant les membres de la commission environnementale du Vermont mardi à Newport.

Il faut être capable de répondre aux inquiétudes des citoyens. Il faut être capable de sécuriser ce site-là qui, à mes yeux, peut devenir quelque chose d'ingérable.

Gilles Bélanger, député d'Orford

Michel Cyr de la Ville de Sherbrooke explique qu’une fois dégradées, ces eaux sont traitées à la ville de Newport. L'usine d'épuration municipale n'est pas conçue pour traiter ce type d'eau là. À l'ultime, ça se termine dans le Lac Memphrémagog et c'est ça qu'on veut éviter.

Ces inquiétudes sont partagées par la présidente du comité consultatif de développement durable de la MRC Memphrémagog, Lisette Maillé.

On ne connaît pas ce qu'il y a dans l'eau de rejet, les matériaux lourds, de nouveaux polluants et ainsi de suite. Il y a un risque de bioaccumulation dans les systèmes écologiques comme la flore, la faune et tout ça.

Lisette Maillé, présidente du comité consultatif de développement durable de la MRC Memphrémagog

En point de presse vendredi à Sherbrooke, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau a assuré que son gouvernement travaillait pour assurer « la sécurité et la protection de notre environnement ». Quant à l'idée de mobiliser la Commission mixte internationale, M. Trudeau soutient regarder différentes options.

Traitement sur place SVP

Selon elle, la solution serait de traiter idéalement le lixiviat sur le site même du dépotoir Coventry. Traitons le lixiviat sur place. Arrêtons de rejeter les influents dans le lac Memphrémagog et ce sera une bonne bataille de gagnée, dit-elle.

Le président de Memphrémagog Conservation, Robert Benoît, va plus loi et demande le déménagement de ce dépotoir. Nous souhaitons une fermeture à plus ou moins long terme de ce site d’enfouissement afin qu’on ne reprenne pas ce débat dans 20 ans. La dernière fois, c'était 2004. Depuis, il y a eu 7 millions de tonnes de déchets qui ont été accumulés là. Avec 1000 acres, ils pourront accumuler des déchets pendant plusieurs générations, rappelle-t-il.

Le président de Memphrémagog Conservation, Robert BenoîtLe président de Memphrémagog Conservation, Robert Benoît Photo : Radio-Canada

Memphrémagog Conservation peut compter sur un appui de taille : le député fédéral Denis Paradis mène un combat diplomatique pour empêcher l'agrandissement de ce site d'enfouissement. On a aussi un traité sur les eaux limitrophes entre le Canada et les États-Unis qui date de 1909. Dans ce traité, on dit que chaque pays est responsable d'avoir une qualité d'eau, précise-t-il.

S'il s'avère impossible d'empêcher les Américains d'agrandir le dépotoir Coventry, il faut au moins s'assurer de contrôler les rejets dans le lac Memphrémagog en traitant adéquatement le lixiviat, revendiquent les élus de la région.

Avec les informations de Jean Arel

Estrie

Matières résiduelles