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Les cris et le silence : une survivante raconte l'accident d'autobus à la station Westboro

Kathryn Rose répond aux questions du journaliste dans son salon.

Kathryn Rose était assise près de l'avant, au deuxième étage de l'autobus accidenté à la station Westboro le 11 janvier.

Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Radio-Canada

Kathryn Rose a toujours en tête les gens qui criaient leur douleur : « J'entendais dans leur voix, ils souffraient tellement. Et puis le silence, le silence sous le toit de l'abri. Ce sont les cris et le silence. Ils sont tous les deux si obsédants. »

Plus d'une semaine après l'accident qui a fait 3 morts et 23 blessés, Mme Rose se demande quelles forces l'ont placée si près du danger, mais lui ont permis de s’en sortir indemne.

Alors qu'elle montait l'escalier de l'autobus cet après-midi-là, l'idée lui vint à l'esprit qu'être près de l'avant, du côté gauche, serait parfait.

Je suivais les gens dans les escaliers et le temps que j'arrive, le siège était encore disponible. J'ai dit : Super, je vais m'asseoir là.

Pourquoi pas moi? J'aurais volontiers pris des os cassés pour que certains d'entre eux ne soient pas aussi horriblement blessés.

Kathryn Rose

Le trajet s'est déroulé sans incident jusqu'à ce qu'elle se sente un instant en apesanteur.

C'est à ce moment-là que j'ai vu les deux personnes devant moi sortir par la fenêtre avant, se souvient-elle. Et puis c'était fini.

Terrifiée, elle s’est levée de son siège, a grimpé sur ce qui restait des sièges devant elle et a regardé la route. Mme Rose a cru qu'une passagère éjectée était morte, vu l'état de cette dernière.

Elle a attrapé son téléphone pour appeler le 911 et à ce moment-là, quelqu'un a pris une photo. Ce fut l'une des premières images à circuler de la scène.

Kathryn Rose en train de parler à un répartiteur du 911.

Un passant a photographié Kathryn Rose en train de parler à un répartiteur du 911.

Photo : @SaveOurSenators/Twitter

Le répartiteur a répondu en posant la question habituelle quant à savoir quel service était nécessaire : police, pompiers ou ambulance?

Tout le monde. Envoyez tout le monde. L'autobus a eu un accident, a expliqué Mme Rose.

En descendant les escaliers et en sortant de l'autobus, elle a croisé la chauffeuse qui se levait de son siège. Voyant le regard traumatisé sur le visage de la chauffeuse, Mme Rose a mentionné qu'elle avait demandé à la femme si elle allait bien.

Oh mon Dieu, je suis désolée. Oh mon Dieu, oh mon Dieu, fut sa réponse, selon Kathryn Rose.

La tête ailleurs

Mme Rose est retournée au travail lundi, mais elle est partie après quelques heures, lorsqu'elle s'est rendu compte qu'elle ne pouvait pas se concentrer et encore moins aider ses collègues.

À la maison, elle insère un filtre dans la cafetière, le remplit de café et retourne vers l’armoire pour chercher les filtres à café. Le détecteur de fumée annonce que son sandwich au fromage grillé a été oublié dans la poêle à frire.

Je rentre dans une pièce et je ne sais pas pourquoi je suis là, dit-elle, ajoutant que son médecin lui a conseillé de prendre une autre semaine de congé.

Si notre autobus avait été renforcé comme cet abri, cela serait-il arrivé?

Kathryn Rose

Elle parle avec des amis, à des membres de sa famille à Terre-Neuve et à des conseillers professionnels. Elle reçoit tellement d'appels de sa famille qu'elle craint que son traumatisme n'ait un effet secondaire sur eux.

N'ayant d'autre choix que de réfléchir à ce qui s'est passé, elle ne peut s'empêcher de penser à ce qui aurait pu rendre l'accident moins mortel.

Lorsqu'elle a quitté le travail lundi, un autobus articulé l'a ramenée à la station Westboro, où elle a eu l'occasion de réfléchir sur les abribus.

Une structure pour empêcher la pluie de tomber sur les gens est plus forte que l’autobus dans lequel les gens montent, a fait valoir Mme Rose.

Si notre autobus avait été aussi solide que cet abri, cela serait-il arrivé?

Ce qu'il faut surveiller chez les usagers :

  • Un sentiment de tristesse qui dure des semaines ou des mois;
  • Un manque d'envie de prendre soin de soi;
  • Une absence au travail;
  • Un changement dans les habitudes de socialisation.

Où chercher de l'aide :

  • Centre de détresse d'Ottawa et de la région : 613 238-3311;
  • Santé publique Ottawa;
  • Tout programme d'aide aux employés offert dans le cadre du travail.

Avec les informations de Stu Mills

Ottawa-Gatineau

Accident de la route