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Theresa May présente son plan B sur le Brexit

Theresa May
Theresa May a exclu la tenue d'un deuxième référendum sur le Brexit. Photo: getty images, / Jack Taylor
Radio-Canada

De retour lundi devant le Parlement pour détailler son plan B sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), Theresa May a annoncé qu'elle allait rediscuter de la question de la frontière irlandaise avec ses homologues du Parti unioniste démocrate d'Irlande du Nord.

Un texte de Delphine Jung

Elle a également rappelé son refus d’organiser un deuxième référendum et a rejeté la possibilité de retarder la sortie effective du pays de l’UE prévue pour le 29 mars prochain.

À 10 semaines de la sortie prévue de l’UE, Mme May tente donc de rallier les députés derrière son plan B et surtout de les rassurer concernant l’épineuse question de la frontière irlandaise.

« Je vais continuer à m'entretenir avec mes collègues cette semaine, dont les députés du DUP [Parti unioniste démocrate, NDLR] pour voir comment remplir nos obligations, pour obtenir le plus grand soutien de cette Chambre. J’apporterai ensuite ces conclusions à l’Union européenne », a dit Mme May.

Nigel Dodds, vice-président du DUP, a bien accueilli la volonté de la première ministre, mais s'est aussi dit déçu, sur Twitter, qu'elle ne donne pas plus de précisions sur les éventuels changements qu'elle souhaite lui proposer.

Pour obtenir le soutien au Parlement, Mme May compte sur les unionistes du DUP, qui sont par ailleurs pro-Brexit.

Selon elle, il reste deux grandes questions concernant le filet de sécurité (backstop) proposé par l’UE et qui est censé éviter le retour d’une frontière dure entre les deux Irlande après le Brexit. La première ministre les a clairement énoncées. Il s’agit du « fait que nous y soyons emprisonnés de manière permanente ainsi que ses conséquences sur l’union de notre pays si l’Irlande du Nord bénéficie d’un traitement différent du reste du Royaume-Uni ».

En l’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’UE, le retour d’une frontière physique entre la République d’Irlande (indépendante) et l’Irlande du Nord (nation du Royaume-Uni) est inévitable et entraînerait le retour des droits de douane et des contrôles à la frontière.

L’UE a donc proposé ce fameux « filet de sécurité » qui octroierait un statut spécial pour l’Irlande du Nord en l’arrimant à l’UE, le temps que Londres et Bruxelles se mettent d’accord sur leurs relations futures d’ici le 31 décembre 2020.

Londres a voulu que tout le Royaume-Uni bénéficie de ce « filet de sécurité », ce qu’a refusé Bruxelles.

Pas vraiment convaincu, le chef de l’opposition, Jeremy Corbyn, a rétorqué : « Nous comprenons que la première ministre va retourner en Europe pour obtenir des concessions sur le backstop. Puis-je demander à la première ministre ce qui lui permet de penser que les négociations [sur ce sujet] qui n’ont pas abouti en décembre aboutiront en janvier? »

Sarah Wollaston, du Parti conservateur, a été plus directe. « C'est comme si le vote de la semaine dernière n'avait pas eu lieu. Le plan B est le plan A », a-t-elle écrit sur Twitter.

Plus tôt dans la semaine, certains journaux affirmaient que Theresa May réfléchissait à modifier l'accord du Vendredi saint (ou accord de Belfast), qui avait mis fin à la sanglante période des troubles en Irlande du Nord.

« Le gouvernement ne va pas rouvrir l’accord de Belfast. Je ne l’ai jamais envisagé et je ne l'envisagerai jamais », a-t-elle démenti.

Volonté de dialogue

Mme May a également assuré vouloir être « plus flexible » et « ouverte » lors des négociations futures avec les membres du Parlement.

« L’approche du gouvernement doit changer, et elle a changé », a-t-elle assuré au début de son allocution.

Elle a également tenu à rassurer les citoyens européens résidents au Royaume-Uni. Ils n’auront pas de frais à payer pour obtenir le statut de résident permanent et pourront continuer de « profiter des avantages de notre pays qu’il y ait un accord ou non », a-t-elle dit.

Cette annonce concerne près de 3,5 millions de citoyens européens qui vivent actuellement au Royaume-Uni et qui devront demander le statut de résident permanent pour continuer d'y travailler une fois la sortie de l’UE.

La première ministre a exclu la tenue d’un deuxième référendum que réclame par exemple Tony Blair. Cela « pourrait nuire à notre démocratie et à la cohésion sociale », ainsi que risquer de « renforcer les nationalistes ». Elle ne pense pas non plus qu’un tel projet « obtiendrait la majorité » au Parlement.

Elle a également refusé d’exclure catégoriquement une sortie sans accord comme le demande Jeremy Corbyn, estimant que cette situation entraînerait la révocation de l’article 50, qui permet à un État membre de quitter l’UE. Cela irait à l’encontre du résultat du référendum, a-t-elle affirmé.

M. Corbyn a lancé que Mme May n’avait pas accepté le résultat de la semaine dernière, à savoir le rejet massif de son plan A, et qu’elle était dans « un déni profond ».

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