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Un avocat met en doute le lieu de résidence albertain de Jason Kenney lorsqu’il était à Ottawa

Jason Kenney en conférence de presse.
Par la voix d'un porte-parole, Jason Kenney se défend des allégations de l'avocat Kyle Morrow. Photo: Radio-Canada / Simon-Pierre Poulin

Un avocat et militant politique accuse le chef du Parti conservateur uni (PCU) de l'Alberta, Jason Kenney d'avoir soutenu qu'il habitait à Calgary alors qu'il vivait à Ottawa lorsqu'il était député fédéral, ce que dément le principal intéressé.

L’avocat Kyle Morrow cite notamment des rapports de dépenses, des titres de propriété et un recensement des vols faits par M. Kenney pour soutenir ses propos.

Documents à l’appui

Les documents montrés par M. Morrow à CBC News font état de remboursements de dépenses pour résidence secondaire à Ottawa à raison de 10 000 $ par année pour les années 2012 à 2015.

À la même époque, M. Kenney donnait à Élections Canada l’adresse de la résidence pour personnes âgées où habite sa mère comme résidence principale à Calgary.

Un autre document d’Élections Canada de 2013 place le lieu de résidence de M. Kenney à Inverness, au sud-est de Calgary, dans une maison que sa mère avait pourtant vendue l’année précédente.

Ces documents en main, Kyle Morrow accuse le chef du PCU d’avoir menti à Élections Canada et se demande s’il « mentait aussi au Bureau de régie interne [de la Chambre des communes] et à l’Agence du revenu du Canada ».

Jason Kenney nie

Le directeur adjoint du personnel de Jason Kenney, Matt Wolf, soutient que celui-ci dément ces accusations, qu’il soutient être un acte « de désespoir » d’un « candidat libéral malheureux ».

Kyle Morrow était, en effet, candidat libéral défait pour la circonscription de Lacombe-Ponoka aux élections de 2012. Il s’est, depuis, réorienté comme avocat pourfendant la corruption, surtout en droit politique, à Ottawa.

Selon Matt Wolf, Jason Kenney habite en Alberta depuis près de 30 ans, mais à la différence des sénateurs, les députés fédéraux n’ont pas l’obligation d’être propriétaires.

« Au début des années 2000, les parents de M. Kenney ont pris leur retraite à Calgary. Pour aider ses parents à acheter la maison qu’ils voulaient, M. Kenney a vendu sa propre maison et a loué le sous-sol de ses parents », explique M. Wolf par courriel.

Il ajoute qu’après la mort de son mari la mère de Jason Kenney s'est installée dans une maison unifamiliale située dans une communauté de retraités, où M. Kenney aurait loué le sous-sol pour y habiter, avant d’acheter sa maison en copropriété de Calgary.

Dans les règles de l’art

Le porte-parole ajoute que, étant ministre « M. Kenney avait évidemment une résidence à Ottawa, où son devoir l’obligeait à résider ». Il ajoute que celui-ci « recevait le même montant pour résidence secondaire que les autres députés, selon les règles de la Chambre des communes ».

Selon lui, l’adresse de M. Kenney à Inverness aurait été donnée par erreur par le bénévole qui a rempli le formulaire d’Élections Canada.

M. Kenney a publié un long démenti sur sa page Facebook. « Même si certains s’en moquent, je n’ai pas à m’excuser d’avoir aidé mes parents. Je ne suis pas gêné de dire que j’habitais dans la même maison, même si c’était dans un appartement différent du leur », peut-on y lire.

L’ennui, soutient Kyle Morrow, c’est que la communauté où réside la mère de M. Kenney étant un établissement de juridiction provinciale pour personnes semi-autonomes ou non autonomes, les personnes qui y habitent devant être évaluées par le service des soins à domicile de Services de santé Alberta.

Un employé de la communauté en question a expliqué, dans une entrevue téléphonique, que les maisons unifamiliales comme celles qu’occupe la mère de M. Kenney n’ont qu’une seule chambre, au rez-de-chaussée, et aucune au sous-sol.

De rares vols vers Calgary

Pour Kyle Morrow, une autre preuve de l’absence de résidence de Jason Kenney à Calgary est le peu de vols effectués par ce dernier entre Ottawa et la métropole albertaine.

Selon lui, le registre des Communes ne fait état que de 10 vols en 2013-2014, et de 4, en 2014-2015.

Matt Wolf explique ce faible nombre de déplacements par la tâche imposée par les diverses fonctions ministérielles qu’il a occupées durant son mandat à Ottawa.

Quelle que soit la réponse de Jason Kenney, Kyle Morrow dit avoir communiqué avec le Bureau de régie interne des Communes et avoir l’intention de demander une enquête à la Gendarmerie royale du Canada.

Avec les informations de Sarah Rieger

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