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La technologie s’immisce dans la crise des surdoses afin de sauver des vies

Un téléphone intelligent sur lequel est ouverte une application surveillant la respiration de quelqu'un. À côté du téléphone, on trouve une seringue et une bande élastique.
L'application de l'Université de Washington utilise le téléphone à la manière d'un sonar pour analyser la respiration du toxicomane. Photo: Université de Washington / Mark Stone
Radio-Canada

La crise des surdoses d'opioïdes qui touche le Canada et les États-Unis incite certains développeurs de logiciels et chercheurs à s'unir, mais à quel prix? Si les intervenants du milieu saluent chaque nouvelle initiative permettant de sauver une vie, la facilité d'accès et d'utilisation demeure un problème.

Parmi les solutions technologiques créées récemment, l’application Second Chance (« Deuxième chance »), de l’Université de Washington, se démarque.

Surveiller la respiration pour aider le toxicomane

L’équipe de développement de l’application a testé certaines fonctions de l’application au centre d’injection supervisée Insite, de Vancouver, et publié ses résultats dans la revue Science Translational Medicine.

Elle soutient que son application agit comme un système d’alarme qui détecte automatiquement une surdose.

« L’idée est de mettre en contact la personne qui fait une surdose avec les services d’urgence », indique l’auteure principale de l’étude, Rajalakshmi Nandakumar, une étudiante en doctorat à l’École Allen des sciences informatiques et d’ingénierie de l’Université de Washington.

« Essentiellement, l’appli surveille la respiration » du toxicomane quand il se drogue, explique la chercheuse. « Quand il est sur le point de faire une surdose, le logiciel le met automatiquement en contact avec la personne qu’il a choisie en cas d’urgence ou directement avec les services d’urgence. »

Le logiciel utilise le microphone et le haut-parleur du téléphone à la manière d’un sonar.

Lorsque la respiration ralentit ou s’arrête, l’appareil lance immédiatement une alerte au contact prédéterminé comportant l'endroit où se trouve le toxicomane, de sorte que cette personne peut le traiter à la naloxone et contrer la surdose.

D’autres options

La coopérative BRAVE, du quartier Downtown Eastside, de Vancouver, explore également la voie technologique avec divers appareils et une application.

Celle-ci offre la supervision à distance, de sorte qu’un utilisateur solitaire soit tout de même supervisé. Si l’utilisateur ne répond plus, l’application fait automatiquement connaître sa position géographique, ce qui permet aux services d’urgence d’intervenir.

L'accessibilité, l’écueil de la technologie

Malgré les bonnes intentions, il reste que les moyens d’intervention technologiques sont limités par leur accessibilité.

Rajalakshmi Nandakumar rappelle que les téléphones intelligents ne sont pas dans toutes les poches, et le président-directeur général de BRAVE, Gordon Casey, admet que ses produits ne se vendront que s’ils sont distribués à faible coût, voire gratuitement.

« C’est notre but », soutient-il. « Si on peut faire un appareil qui fonctionne, on pourra en produire un modèle extrêmement économique qui pourrait être distribué avec les seringues neuves. »

Ça vaut la peine, disent des intervenants

La fondatrice de la Société de prévention des surdoses du Downtown Eastside, Sarah Blyth, croit que tous les moyens sont bons pour sauver une vie, tout en rappelant que le moyen le plus sûr reste encore un approvisionnement adéquat et une injection supervisée.

« Le mieux est encore d’être dans un lieu de prévention des surdoses ou avec un ami, de ne jamais se droguer seul et de commencer par une petite quantité », confie-t-elle.

Selon elle, l'utilisation des nouvelles technologies s'insère dans l'urgence d’offrir une panoplie de moyens offerts aux toxicomanes pour s’assurer de rester en vie.

Colombie-Britannique et Yukon

Innovation technologique