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« Arrêtez avant d'étouffer », plaide le Conseil québécois sur le tabac et la santé

Un homme s'allume une cigarette avec un briquet.

Le tabagisme peut entraîner de graves problèmes de santé, dont des maladies respiratoires.

Photo : Reuters / Regis Duvignau

Radio-Canada

Le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS) lance dimanche la 42e édition de la Semaine pour un Québec sans tabac. Les intervenants du milieu souhaitent, cette année, concentrer leurs efforts sur les risques associés au tabagisme en matière de maladies respiratoires graves.

S'articulant autour du slogan « Arrêtez avant d'étouffer », la campagne de sensibilisation porte donc sur la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), qui regroupe une série de problèmes de santé graves tels l'emphysème et la bronchite chronique.

Ces problèmes de santé, indique le CQTS, sont provoqués par le tabagisme dans 85 % des cas et peuvent se manifester dès l'âge de 40 ans. Souffle court, râles, sifflements, sensation d'essoufflement, voire coloration bleuâtre des lèvres et des doigts : les symptômes de ces maladies sont nombreux et peuvent grandement diminuer la qualité de vie des gens qui en sont atteints.

La maladie pulmonaire obstructive chronique est la troisième cause de mortalité au Québec, indique le CQTS, et est deux fois plus meurtrière que le cancer du poumon. Selon les données de l'Institut national de santé publique du Québec, plus de 30 000 Québécois âgés de 35 ans et plus reçoivent un diagnostic de cette maladie.

Le docteur Jean Bourbeau, directeur de la Clinique de la maladie pulmonaire obstructive chronique, ajoute que la maladie est encore sous-diagnostiquée. Selon le pneumologue, les diagnostics de MPOC sont appelés à exploser étant donné le vieillissement de la population.

Dans un communiqué, le docteur Bourbeau souligne que la santé des patients atteints de cette maladie « ne sera jamais aussi bonne qu'avant », après un tel diagnostic.

Les patients atteints peuvent subir une à quatre crises par année, qui augmentent de gravité lorsque la maladie progresse.

« Ces crises peuvent être très handicapantes, nécessiter des soins médicaux d'urgence et même entraîner la mort. Leurs conséquences sont aussi graves qu'une crise cardiaque avec des taux de mortalité semblables durant et après l'hospitalisation », a indiqué le docteur Bourbeau dans le communiqué du CQTS.

Et les femmes sont aussi affectées que les hommes. « Depuis 2009, plus de femmes meurent de la MPOC que du cancer du sein », indique le médecin.

Encore aujourd'hui, ce fléau fait de grands ravages et sape la qualité de vie, voire la vie tout court, de milliers de personnes. Les dernières années d'une personne atteinte d'emphysème peuvent être très pénibles à vivre tant sur le plan physique que psychologique.

Marc Drolet, directeur général du CQTS

Selon les spécialistes du Conseil, arrêter de fumer peut grandement réduire les répercussions de ces symptômes, et ce, en moins d'un an, même chez ceux qui fument régulièrement.

Un vice plus qu'onéreux

Plus de 18 % des Québécois de 12 ans et plus fument, soit environ 1,3 million de personnes. Quelque 470 000 personnes vivent avec une maladie respiratoire grave. La moitié d'entre elles mourront d'ici 10 ans, précise le CQTS.

Outre les risques de décès, le tabagisme entraîne des coûts importants au pays, que ce soit en pertes de productivité ou en frais de soins de santé.

Une étude du Conference Board, publiée en 2017 et s'appuyant sur des données de 2012, révèle que le tabagisme a engendré des coûts de 16,2 milliards de dollars, dont 6,5 milliards en soins de santé. Un peu plus de 45 400 personnes sont mortes des suites de la consommation de tabac cette année-là, soit environ 18 % de tous les décès enregistrés en 2012.

Au Québec, on a recensé 12 900 décès liés au tabagisme et des coûts de 2,5 milliards de dollars.

Par comparaison, une autre étude, publiée par le Sénat en 2016 cette fois et portant elle aussi sur l'année 2012, indique que l'obésité, un autre problème important de santé publique au pays, touchait 25,4 % des adultes canadiens, tandis que 36 % de la population majeure présente plutôt de l'embonpoint.

Chez les enfants, on dénombre 13 % d'obèses et 20 % de jeunes souffrant d'embonpoint.

Selon le rapport du Sénat, l'obésité entraînerait des coûts allant de 4,6 à 7,1 milliards de dollars par année.

Avec les informations de La Presse canadienne

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