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Venezuela : l'Union européenne rencontre Maduro et son opposant

Nicolas Maduro, assis sur un fauteuil doré, est au centre de deux rangées de diplomates aussi assis dans une pièce du palais présidentiel de Caracas. Un drapeau du Venezuela et un de l'Union européenne sont accrochés.
Le président vénézuélien (au centre), lors de sa rencontre avec des diplomates européens à Caracas Photo: Reuters / Miraflores Palace
Agence France-Presse

Des ambassadeurs de l'Union européenne (UE) ont rencontré séparément le président vénézuélien Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, pour « contribuer à une solution politique et pacifique » de la crise, a annoncé l'UE samedi.

Convoqués par M. Maduro, les diplomates se sont rendus vendredi au palais présidentiel de Miraflores, et ils se sont entretenus samedi avec M. Guaido et avec d'autres députés d'opposition à l'Assemblée nationale, a indiqué l'UE dans un communiqué.

Comme l'opposition vénézuélienne, l'UE considère comme non légitime le second mandat pour lequel M. Maduro a été investi le 10 janvier à la suite d'une élection présidentielle qu'elle ne reconnaît pas.

Les entretiens que les diplomates ont eus avec les deux parties s'inscrivent dans le cadre de la volonté de l'UE de « contribuer à une solution politique et pacifique » de la crise que vit depuis plusieurs années le Venezuela et de « maintenir ouverts les canaux de communication » avec toutes les parties, indique le communiqué.

Un homme assis derrière un bureau, lève sa main gauche. Un autre homme est assis à côté de lui.Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale du Venezuela Photo : Reuters / Stringer .

Maduro demande du respect et la vérité

Dans leurs discussions avec le président Maduro et avec l'opposition, les diplomates se sont prononcés pour « la tenue de nouvelles élections libres », a indiqué l'UE.

M. Maduro a déclaré pour sa part que son entrevue avec les diplomates européens avait eu pour objet de « défendre la vérité du Venezuela ».

Lors de son investiture le 10 janvier, il avait réclamé du respect à l'UE, qui avait déclaré que son nouveau mandat avait été obtenu lors d'« élections non démocratiques » et avait menacé de prendre « des mesures appropriées » si la situation au Venezuela continuait à se détériorer.

Au cours de sa rencontre de samedi avec les diplomates, le président chaviste « a appelé les autorités européennes à garder une position de grand respect et d'équilibre concernant la réalité politique, économique et sociale du Venezuela », a indiqué le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.

L'Europe souhaite des élections libres

M. Maduro a invité les ambassadeurs à visiter le pays et à « établir un agenda de coopération constructive » avec les autorités, a ajouté le ministère dans un communiqué.

Pour sa part, Juan Guaido a déclaré à la presse que les diplomates de l'UE avaient confirmé reconnaître l'Assemblée nationale, qu'il préside et où l'opposition est majoritaire, comme « l'unique autorité élue » légitime au Venezuela.

Les ambassadeurs de l'UE « recherchent les éléments » qui permettraient « de tenir une élection libre au Venezuela », a-t-il dit.

Selon l'UE, les diplomates ont réitéré lors de leurs pourparlers avec les deux parties la proposition, actuellement en discussion, de « créer un groupe de contact international, destiné à créer les conditions d'une solution politique, démocratique et pacifique » de la crise au Venezuela.

Ces contacts ont eu lieu au moment où Juan Guaido, président de la seule institution vénézuélienne contrôlée par l'opposition, cherche à obtenir que les citoyens et l'armée – qui est jusqu'à présent le principal soutien du pouvoir chaviste – appuient son projet de créer un gouvernement de transition qu'il dirigerait.

Selon M. Guaido, qui l'a déclaré lors d'une réunion à Caracas, l'armée n'a « pas de commandant en chef », puisqu'il n'y a « pas de président élu par un vote populaire » régulier, et « cette responsabilité revient au président de l'Assemblée nationale ».

M. Maduro, très impopulaire en raison notamment de la grave crise économique que subit le Venezuela, assure que l'offensive politique de l'opposition fait partie d'un plan pour le renverser par la force pilotée par les États-Unis. Washington, comme plusieurs pays latino-américains, qualifie M. Maduro de « dictateur ».

M. Guaido organise des rassemblements depuis une semaine, et il a convoqué une mobilisation nationale pour mercredi prochain, jour où Nicolas Maduro prévoit lui-même appeler ses partisans à descendre dans la rue.

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