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« Mon féminisme résiste au froid » : une 3e Marche des femmes à Winnipeg

Une femme, portant un manteau d'hiver et des lunettes, brandit une pancarte qui dit, en anglais : « My feminism is Weatherproof », suivi de l'inscription « no rain or cold will stop me », autrement dit « ni la pluie ni le froid ne vont m'arrêter ». Elle est entourée d'autres femmes et de membres de la patrouille communautaire Bear Clan.
« Mon féminisme résiste aux intempéries », a écrit une participante sur une pancarte, en référence au temps très froid à Winnipeg samedi. Photo: Radio-Canada / Jeff Stapleton
Camille Gris Roy

Des dizaines de personnes se sont rassemblées devant le palais législatif du Manitoba samedi, bravant un avertissement de froid extrême, pour participer à la 3e Marche des femmes. Cet événement mondial se tient chaque année en janvier depuis 2017 et plusieurs villes, comme Winnipeg, se sont approprié le mouvement à leur façon pour aborder des enjeux locaux.

Dans le groupe de manifestants à Winnipeg, une pancarte se démarque : « My feminism is weatherproof », a écrit une participante, autrement dit : « Mon féminisme résiste aux intempéries », même au mercure descendu à -30 degrés Celsius.

La Marche des femmes avait lieu au Manitoba pour une troisième année consécutive.

Le mouvement a d'abord été lancé aux États-Unis en janvier 2017, en réaction à l'élection du président Donald Trump et à ses déclarations sexistes : cette année-là, des milliers de personnes avaient défilé dans les rues de Winnipeg en solidarité.

Même si la mobilisation est bien moins importante deux ans plus tard, les organisateurs estiment qu’il est important que le mouvement perdure à sa façon au niveau local, car c'est l'occasion de parler des enjeux propres aux femmes d'ici.

Le manque de sécurité en ville, la reconnaissance de la diversité, et la violence faite aux femmes autochtones en particulier étaient parmi les thèmes abordés par les participantes. Celles-ci étaient d’ailleurs invitées à porter un foulard rouge, en hommage aux femmes autochtones disparues et assassinées.

« C'est le temps qu'on soit reconnues comme égales », clame Charlotte Nolin, l'une des manifestantes.

En tant que femme transgenre autochtone, qui s’identifie comme « deux-esprits », elle dit faire face à de nombreux défis au quotidien. « On a encore des places où on n’est pas reconnues, on a encore de la violence. J'ai des soeurs qui ont été violées. »

« Le message que je veux donner à tout le monde, c'est qu'on est tous des humains. Les femmes, les hommes, on est tous des humains et c’est le temps qu’on marche à côté l’un de l’autre », insiste-t-elle.

Une femme, vêtue d'un grand manteau de fourrure, dehors, un jour froid d'hiver.Comme femme trans et autochtone, Charlotte Nolin raconte avoir vécu de la violence, et souligne qu'elle doit travailler fort pour se faire accepter. Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

« Pour moi, en tant que personne qui a un handicap et en tant que femme, être prise au sérieux, c’est vraiment le combat d’une vie », déclare pour sa part Samantha Rayburn-Trubyk, une autre participante.

« J’ai finalement trouvé un milieu de travail qui voit vraiment ma valeur et qui me voit comme je suis, poursuit-elle. Mais ça n’a pas toujours été le cas, et ça a pris du temps pour en arriver où je suis maintenant. »

Hillary Dux, l’une des organisatrices, espère que l’événement aura servi à bâtir des ponts. « C’est vraiment dommage de voir qu'il y a juste un manque de communication entre les différentes communautés de femmes de Winnipeg », observe-t-elle.

Elle ajoute que ce n’est pas tout de manifester une fois par année : il faut continuer, après, d’agir au quotidien.

« On ne peut pas juste rentrer à la maison et rester confortablement sur nos divans avec du chocolat chaud. Il faut faire quelque chose », souligne-t-elle. La section locale de l’organisme Women’s March espère d’ailleurs recruter des bénévoles pour toute l’année.

Manitoba

Égalité des sexes