•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hommes et gars : un organisme qui redonne de l'espoir à plusieurs Madelinots

Un homme sur le bord de l'eau
Un homme sur le bord de l'eau Photo: Radio-Canada
Martin Toulgoat

Aux Îles-de-la-Madeleine, de plus en plus d'hommes en détresse brisent le silence et font appel à l'organisme Hommes et gars. Depuis quatre ans, le nombre de rencontres y a plus que doublé.

En ce mercredi après-midi frisquet de janvier, Christian Gaudet est bien assis sur une chaise dans le bureau intimiste de Joël, son intervenant.

S'y tient une discussion presque amicale où chacun raconte son temps des Fêtes.

L'organisme Hommes et Gars mise sur des rencontres individuelles, plutôt que sur des rencontres de groupe, afin d'établir un lien de confiance.L'organisme Hommes et Gars mise sur des rencontres individuelles, plutôt que sur des rencontres de groupe, afin d'établir un lien de confiance. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Ici, Christian fait en quelque sorte partie de la famille. Il vient chercher de l’aide depuis les tout débuts de l’organisme, il y a six ans.

Une fois par mois, il y revient pour recharger ses batteries, à la recherche de solutions afin de mieux interagir avec les autres au quotidien et gagner de la confiance.

J'ai moins de malaises avec les autres. Dans mes relations, c'est plus fluide, je me sens moins jugé.

Christian Gaudet, Madelinot qui fréquente l’organisme Hommes et gars
Christian Gaudet est le premier Madelinot qui a demandé de l'aide à l'organisme Hommes et garsChristian Gaudet est le premier Madelinot qui a demandé de l'aide à l'organisme Hommes et gars Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Ces discussions avec un autre homme lui permettent de remettre en perspective les situations qui lui paraissent insurmontables.

Le problème devient moins gros, paraît moins pire, on peut plus prendre du recul par rapport à cette situation-là, ajoute M. Gaudet. Disons que ce sont des rencontres où on ne se sent pas jugés dans ce qu’on dit, dans ce qu’on confie à la personne. On sent de la bienveillance à notre endroit.

Que ce soit pour des cas de violence conjugale, de consommation de drogue et d’alcool ou de gestion de la colère, le mandat d’Hommes et gars est d'intervenir avant que des gestes irréparables soient commis.

Plusieurs, m'ont dit : " si je n'étais pas venu, je me serais ramassé en dedans. Je me serais ramassé en dedans parce que j'aurais pété ma coche. "

Joël Landry, intervenant psychosocial pour Hommes et gars

Pas évident, dans une petite communauté, de briser le silence et de ne pas craindre le jugement des autres.

Pour faciliter le lien de confiance, Homme et gars, contrairement à d'autres organismes du même genre, ne tient pas de groupes de discussion, mais offre uniquement des rencontres individuelles pour préserver davantage la confidentialité.

Joël Landry est intervenant psychosocial pour l'organisme madelinot Hommes et garsJoël Landry est intervenant psychosocial pour l'organisme madelinot Hommes et gars Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

La clientèle a doublé au cours des dernières années, avec un total de 736 rencontres l’an dernier.

Mais ce n’est pas qu’il y a davantage de problèmes sociaux qui touchent l’archipel, assure Joël Landry.

C’est plutôt le fruit du bouche-à-oreille dans une communauté tissée serrée. Un homme en parle à son beau-frère et ainsi de suite.

Les gars, on s’entend, ce n'est pas un tabou, c'est vrai, ce n'est pas évident de parler de ses émotions, parce que, souvent, il faut exprimer de la force, il faut exprimer qu’on est capables, mais quand les gars viennent nous voir, ils réussissent à avoir de l’humilité, je leur dis " tu n’es pas faible, tu es fort de venir demander de l’aide ".

Joël Landry, intervenant psychosocial pour Hommes et gars

Un organisme mené par des gars pour des gars

Aussi, les quatre intervenants sont des hommes, ce qui peut faciliter les échanges.

L'organisme Homme et gars compte quatre intervenants pour répondre à la demande grandissante, autant chez les francophones que les anglophones des Îles-de-la-MadeleineL'organisme Homme et gars compte quatre intervenants pour répondre à la demande grandissante, autant chez les francophones que les anglophones des Îles-de-la-Madeleine Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Parce que c'est beaucoup une question d'écoute, d'empathie, de non-jugement, explique l'intervenant. On met ça au clair dès le début, moi je ne suis pas ici pour juger de ce que tu as fait, nous on est là pour t'aider.

La moyenne d'âge des hommes qui viennent consulter est de 35 ans.

Bryan Bernier est travailleur social pour l'organisme Hommes et garsBryan Bernier est travailleur social pour l'organisme Hommes et gars Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

C'est une tendance qui [est à la baisse], parce qu'il y a beaucoup de jeunes, et quand je dis jeunes, c'est 17 à 25 ans, qui commencent à fréquenter de plus en plus l'organisme.

Bryan Bernier, travailleur social, Hommes et gars

Les relations toxiques ou la difficulté à verbaliser ses problèmes sont les enjeux qui ressortent chez les plus jeunes, selon l'organisme.

Le budget de l'organisme, financé par le réseau de la santé, est passé de 86 000 à 200 000 $.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Société