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Images de Lac-Mégantic : la ministre de la Culture écrit au PDG de Netflix

Une personne regarde un écran de télévision où une explosion se produit.

Des images d'une explosion à Lac-Mégantic dans une scène de la série Bird Box

Photo : Radio-Canada / Netflix

Vincent Champagne

« Comment auriez-vous réagi, demande la ministre québécoise de la Culture, Nathalie Roy, si cela avait touché l'un de vos proches? » Cette question, elle la pose sans détour au président-directeur général de Netflix, Reed Hastings, dans une lettre qu'elle lui adresse au sujet des images de la tragédie de Lac-Mégantic utilisées dans ses productions.

La ministre Roy a fait parvenir vendredi cette lettre au grand patron du géant de la diffusion en ligne de films et de séries télévisées « afin de [lui] faire part de la stupéfaction et de la consternation du gouvernement du Québec », quant à l’utilisation de ces images.

Radio-Canada révélait cette semaine que des images d’archives de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic, qui a fait 47 morts dans la nuit du 6 juillet 2013, avaient été utilisées dans deux œuvres de fiction, le très populaire film Bird Box et la série Les voyageurs du temps.

« Notre gouvernement s’explique mal comment un géant mondial comme Netflix peut avoir jugé bon d’utiliser de telles images dans ce contexte, écrit la ministre. Ces archives ne devraient jamais être destinées à une utilisation autre que pour des fins d’information ou de documentaire. »

En aucun cas ne devrions-nous tolérer l’utilisation de tragédies humaines, quelles qu’elles soient, pour du divertissement. Tant sur le plan moral qu’éthique, c’est tout simplement inadmissible.

Nathalie Roy, ministre de la Culture
Nathalie Roy, remercie ses collègues, une main sur le coeur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nathalie Roy, lors de son assermentation à titre de ministre de la Culture et des Communications, le 18 octobre 2018.

Photo : Émilie Nadeau

Un code d'éthique

Dans la série Les voyageurs du temps, les immenses explosions et les volutes de fumée qui ont jailli au-dessus de la petite ville servent à représenter la ville de Londres après une explosion nucléaire. Dans Bird Box, elles illustrent un reportage télé que le personnage principal, joué par Sandra Bullock, regarde avec stupéfaction.

Nathalie Roy n'a pas peur des mots pour exprimer son indignation, rappelant sans détour au PDG de Netflix que, « derrière ces tragiques événements, il y a des vies humaines ».

« Une communauté tente de se relever de cette difficile épreuve », ajoute-t-elle. « Des familles ont été déchirées », « des parents ont perdu leurs enfants et de nombreuses personnes y ont vu souffrir et mourir des amis, des collègues, des êtres aimés », écrit-elle.

À la suite de la médiatisation de l’affaire, ainsi qu’à la sortie publique de la mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin, Netflix a accepté de retirer les images de la série Les voyageurs du temps.

Elle ne les enlèvera toutefois pas de son film Bird Box, qui a déjà été vu par plus de 80 millions de personnes.

La ministre Roy réclame maintenant, au nom du gouvernement, le retrait de ces images de « l’ensemble » des productions « dans les plus brefs délais ».

Mme Roy demande enfin au PDG s’il ne serait pas temps, pour les géants du cinéma, de la télévision et du web, de se doter d’un code d’éthique « afin que de telles aberrations ne se reproduisent plus ».

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