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Une 10e manifestation de gilets jaunes en France, malgré les appels au dialogue de Macron

Des gilets jaunes.
Des milliers de manifestants vêtus du gilet jaune sont de nouveau descendus dans les rues de Paris, pour la 10e semaine consécutive. Photo: Getty Images / AFP/Eric Feferberg
Agence France-Presse

Les gilets jaunes, qui mènent une fronde populaire depuis plus de deux mois en France, ont manifesté pour le dixième samedi consécutif, malgré le lancement par le président Emmanuel Macron du grand débat national, qui peine à apaiser la colère.

« Macron démission! », a-t-on entendu dans un cortège de près d'un millier de manifestants, qui s'est ébranlé dans le calme en milieu de journée dans le centre de Paris. « Grand débat l'arnaque », accuse une pancarte de tête.

« C'est de l'enfumage, les dirigeants ont surtout peur de perdre leurs places en or », estime Bernard Saidani, 66 ans.

« Une mobilisation au moins égale à [celle de] la semaine dernière est attendue », a indiqué une source policière à l'AFP. Le 12 janvier, plus de 80 000 personnes avaient été recensées par les autorités, contre 50 000 une semaine auparavant, douchant les espoirs du gouvernement qui misait sur une confirmation de l'essoufflement du mouvement observé lors des fêtes de fin d'année.

Quelques centaines de milliers de gilets jaunes s'étaient rassemblés en novembre ou décembre.

Samedi à la mi-journée, les manifestations de Paris, et d'autres villes de France, se déroulaient dans le calme. Seules douze interpellations avaient eu lieu à Paris, selon la préfecture de police, un chiffre nettement inférieur à ceux des samedis précédents qui ont pu être marqués par des violences.

Des images de scènes d'émeutes urbaines à Paris avaient fait le tour du monde, ternissant l'image de la France, première destination touristique mondiale.

L'exécutif prévoit « un dispositif d'ampleur comparable [à celui du] week-end précédent », a indiqué le secrétaire d'État de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Environ 80 000 policiers et gendarmes doivent donc être mobilisés en France, soit le même nombre que les manifestants la semaine dernière. Ils seront 5000 à Paris, selon la préfecture de police.

Dans la capitale, certains manifestants arboraient une rose, en hommage aux personnes tuées ou blessées depuis le début du mouvement, le 17 novembre. Dix personnes sont mortes, pour la plupart lors d'accidents à des barrages, et plus de 2000 ont été blessées, tant du côté des manifestants que de celui des forces de l'ordre.

Une vive polémique s'intensifie sur l'usage du lanceur de balles de défense (LBD) par les forces de l'ordre, que la France est l'un des rares pays européens à utiliser, et sur les blessures graves subies par de nombreux manifestants.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a encore défendu vendredi l'usage du LBD, sans lequel, selon lui, les forces de l'ordre n'auraient plus d'autre option que le « contact physique ». Il y aurait alors « beaucoup plus de blessés », a estimé le ministre.

« Le défi du maintien de l'ordre », titre le quotidien Le Parisien qui se demande « comment réagir face aux manifestants les plus violents ».

Macron dans les débats

Emmanuel Macron.Le président Emmanuel Macron participe à plusieurs débats, où il rencontre notamment des maires afin de juguler la grogne des gilets jaunes. Photo : Getty Images / AFP/Ludovic Marin

Parallèlement, le président Emmanuel Macron poursuit sa tournée à travers la France par des débats marathons réunissant des centaines de maires, dans le cadre du grand débat national.

Vendredi à Souillac, dans le Sud-Ouest, M. Macron a encore tenu plus de six heures d'échanges, tout comme mardi dans le Nord-Ouest. « Je vous mets en garde, monsieur le président : il ne faudra pas que ce débat devienne le grand bluff! », a averti un maire.

Outre les discussions avec les élus, le grand débat mis en place dans toute la France se traduit par l'organisation de discussions entre citoyens sur les thèmes du pouvoir d'achat, de la fiscalité, de la démocratie et de l'environnement.

Le président promet de faire remonter ces débats, espérant ainsi répondre à tous les mécontentements. Mais nombre de gilets jaunes voient plutôt dans ce grand débat le moyen d'enterrer leurs revendications. M. Macron a en particulier une nouvelle fois rejeté le rétablissement de l'ISF, un impôt qui frappait les plus fortunés et dont les gilets jaunes réclament la remise en vigueur.

Si 94 % des Français ont désormais entendu parler du grand débat, ils sont 64 % à rester sceptiques sur son utilité et moins d'un tiers (29 %) comptent y participer, selon un sondage Odoxa Dentsu Consulting diffusé jeudi.

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