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Soins à domicile : toujours pas d'argent frais pour répondre à la demande croissante

Une infirmière tient dans ses mains celles d'une patiente

La demande pour des soins à domicile augmente plus rapidement que les budgets du ministère de la Santé.

Photo : iStock

Davide Gentile

Les établissements de santé de la province sont contraints de faire plafonner l'offre de soins à domicile, voire à diminuer l'accès à certains services, en dépit des promesses faites par le gouvernement Legault.

« Malgré les promesses de Québec, il n'y a encore aucun changement et les professionnels du soutien à domicile doivent continuer à réduire certains services », soutient Daniel Dubé, représentant pour l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

En décembre dernier, Radio-Canada rapportait que plusieurs établissements, dont le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l'Île-de-Montréal, ne pouvaient offrir plus que cinq heures de soins à domicile par semaine aux nouveaux patients.

La ministre de la Santé Danielle McCann avait le jour même répondu qu'il fallait mettre fin au régime sec. « Allez-y. Répondez aux besoins! », avait-elle alors martelé.

Selon la ministre, limiter les soins à domicile offerts à des patients contribue directement à engorger les cliniques et les urgences.

« Les personnes sont mieux d'être à domicile avec des soins que de se retrouver à l'hôpital », rappelait alors Danielle McCann.

Mais selon nos informations, les fonctionnaires ont sursauté en tentant ensuite d'évaluer les coûts liés à ce mot d'ordre. Au lieu de recevoir de l'argent frais, les établissements ont plutôt reçu la consigne d'évaluer les montants nécessaires pour rehausser les services.

« On attend toujours des indications formelles du ministère », affirme une source d'un établissement qui est bien au fait du dossier.

La demande pour des soins à domicile augmente encore plus rapidement que les budgets de ce secteur. En novembre, trois CIUSSS de Montréal avaient révisé à la hausse leur budget pour l'aide à domicile jusqu'en mars 2019 : une hausse de 14 % dans l'ouest de l'île, 9 % pour le nord de l'île et 7 % dans l'est de l'île.

Au total, ce sont 8 millions de plus que prévu dans ces trois établissements, un montant qui pourrait être plus élevé si les établissements ne restreignaient pas l'offre de soins à domicile.

L'autre gros défi des établissements est la pénurie d'auxiliaires en soins à domicile. Un problème qui frappe particulièrement les sous-traitants choisis par plusieurs établissements pour donner ces soins. En novembre, Radio-Canada rapportait que le système de sous-traitance et la pénurie de personnel étaient notamment à l'origine des ratés de l'offre à domicile au Québec.

« Les informations sur nos besoins additionnels pour les services de soutien à domicile sont en analyse au [ministère de la Santé et des Services sociaux] », nous a répondu le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal par courriel.

Plusieurs sources chez les employés du réseau indiquent que la situation reste très difficile. « Les listes d'attente pour les services d'aide à domicile ne cessent de grandir », affirme Daniel Dubé de l'APTS.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux n'a pas terminé l'analyse des besoins des établissements. Le cabinet de la ministre réitère l'engagement du gouvernement Legault à rehausser de 200 millions de dollars le budget du service de soutien à domicile à l'occasion du prochain budget provincial.

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