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Fuir l'Arabie saoudite pour le Canada : l'histoire d'une jeune Saoudienne en quête de liberté

Le reportage de Solveig Miller

Les péripéties et l'arrivée au Canada de la jeune ressortissante saoudienne Rahaf Mohammed ont récemment été très médiatisées, mais elle n'est pas la seule à avoir quitté l'Arabie saoudite en quête d'une vie meilleure au Canada. Voici l'histoire de Salwa Al-Zahrani.

C’est au beau milieu de la nuit, en avril 2018, que Salwa Al-Zahrani, 24 ans, et sa sœur de 19 ans prennent place dans un avion de la compagnie Lufthansa. Direction : le Canada.

Elles mettent ainsi à exécution un plan minutieux pour s'échapper de leur pays, l'Arabie saoudite, et trouver la liberté.

Pour y arriver, elles ont dérobé leurs propres passeports, cachés chez un de leurs frères, en volant la clé de sa maison lors d’une fête et en en faisant un double. Elles ont attendu à la toute dernière minute pour récupérer leurs documents, afin de ne pas éveiller les soupçons.

Salwa a également falsifié des autorisations de sortie que seul un homme, un gardien, peut signer, en volant le téléphone de son père et en remplissant les documents électroniques avec sa signature.

« Une seule erreur [aurait été commise] et c'était la fin », explique-t-elle, ajoutant que si elles avaient alors été capturées, elles auraient reçu une peine de prison de 6 mois, en plus de 80 coups de fouet.

Un vol vers la liberté

Dans l'avion, lors d’une escale à Francfort, Salwa décide de retirer son niqab et sa abaya, le vêtement qui recouvre son corps en entier.

Je me [suis sentie] en liberté, légère. Comme un oiseau.

Salwa Al-Zahrani, réfugiée saoudienne

C'est en écoutant les nouvelles au sujet des réfugiés syriens qui arrivaient au Canada et l'appel du premier ministre Justin Trudeau qu'elle a choisi de s’établir au Canada.

« C’est un bon choix, dit-elle, parce qu’il y a un bon [système d’éducation] et que les droits de la personne [sont respectés]. »

Dans son nouvel environnement, Salwa découvre un monde inédit. Elle est fascinée par la musique, notamment le piano, interdit par l'islam pratiqué en Arabie saoudite.

À Riyad, sa famille lui avait permis d'étudier à l'université pour devenir technicienne de laboratoire. Mais son père a par la suite refusé qu'elle travaille, de peur qu'elle côtoie des hommes dans le cadre de son emploi dans un hôpital.

Je ne [pouvais] atteindre aucun de mes rêves, je [devais] rester à la maison.

Salwa Al-Zahrani, réfugiée saoudienne

Elle se retrouve alors confinée à la maison pendant deux ans. Au cours de cette période, elle décide alors d'élaborer un plan pour s'enfuir avec sa jeune soeur.

Peu d'avancées pour les femmes saoudiennes

L'Occident ne doit pas être dupe, soutient Salwa. Même si les femmes peuvent maintenant conduire une voiture et travailler en Arabie saoudite, seule une infime minorité de familles acceptent ces petits pas vers la modernité.

Les femmes sont comme des esclaves. Certaines acceptent que les hommes soient supérieurs à elles, mais d’autres pensent qu’elles sont égales.

Salwa Al-Zahrani, réfugiée saoudienne

L'accueil réservé à sa concitoyenne, Rahaf Mohammed, lui a donné le courage de sortir de l'ombre et de demander son statut de réfugiée.

Elle est convaincue que sa propre famille la tuera si jamais elle retourne en Arabie saoudite, afin de laver une réputation ternie par sa fuite au Canada.

Avec les informations de Solveig Miller

Immigration

Société