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Des organismes en autisme et en déficience intellectuelle veulent être de vrais partenaires du réseau

Un garçon assis seul contre un mur.

Les organismes en question dénoncent des règles faisant en sorte qu’ils doivent offrir de nouvelles activités pour obtenir du financement.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des organismes qui offrent des services aux gens ayant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l'autisme en ont assez d'être considérés par le réseau de la santé comme des sous-traitants.

Un texte de Marie-Eve Cousineau, de l’émission Le 15-18

Dans une lettre envoyée le 21 décembre au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, une quinzaine d’organismes communautaires revendiquent un « statut de partenaire et non de sous-traitant » du réseau de la santé.

Ils y dénoncent des règles faisant en sorte qu’ils doivent offrir de nouvelles activités pour obtenir du financement.

« Les nouvelles balises de financement nous amènent à desservir les personnes qui sont en attente dans le réseau », dit Marianne Dupéré, coordonnatrice de Sans oublier le sourire, un organisme qui offre des services à des personnes ayant une déficience intellectuelle allant de moyenne à sévère. « Ils ne considèrent pas que nous-mêmes, on a des listes d'attente pour nos activités. »

Sans oublier le sourire peine à répondre aux besoins de ses membres. « Par exemple, pour l'activité du club de marche, on a 28 personnes qui vont marcher tous les jeudis, dit Marianne Dupéré. Ils sont 26 sur la liste d'attente. »

Une vingtaine de personnes fréquentent le centre d’activités de jour de l’organisme. « On reçoit une dizaine d'appels par semaine de gens qui vont terminer le milieu scolaire et qui ont besoin d'intégrer un endroit », souligne-t-elle.

Autisme Montréal est dans la même situation. « Présentement, nos participants ont à peine accès à trois répits par année, dit sa directrice générale Julie Champagne. Avant d'ouvrir de nouvelles places, il faudrait peut-être qu'on se concentre sur le fait de bonifier nos activités. »

Baliser les relations

Les organismes communautaires souhaitent que le CIUSSS respecte leur autonomie et ne les détourne pas de leur mission première. Leur lettre se veut d’ailleurs un appel à la collaboration, souligne Marianne Dupéré.

Le Comité régional pour l'autisme et la déficience intellectuelle (CRADI) croit que le gouvernement doit aussi offrir un meilleur financement à la mission globale des groupes. « Les organismes communautaires ne sont pas subventionnés à la mesure de leurs besoins, dit la coordonnatrice du CRADI, Ghislaine Goulet. Ils ne reçoivent que 40 %, 60 % et même souvent moins que ça, [par rapport à] ce qu'ils auraient besoin. »

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal assure que les organismes communautaires sont des partenaires importants, et non des sous-traitants. L’agence travaille actuellement avec eux à l’élaboration d’une nouvelle entente-cadre régissant les relations entre le milieu communautaire et le réseau de la santé et des services sociaux.

« Il y a plusieurs principes fondamentaux à respecter quand on interagit avec des organismes, a priori le fait que ce sont des organismes qui sont autonomes avec leur mission propre », dit Julie Grenier, directrice adjointe aux partenariats pour le CIUSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal. « [L’entente] vient baliser justement ces relations, comment on peut fonctionner après ça par différents types d'entente qui respectent l'autonomie de chacun, mais qui viennent mettre au centre un client, une personne, une communauté qui a des besoins. »

Le cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, rappelle que lors de la dernière campagne électorale, la Coalition avenir Québec s'était engagée à financer les organismes communautaires à la mission plutôt que par projet. On dit vouloir assurer un financement plus stable aux organismes, sur une plus longue période.

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