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L'Île-du-Prince-Édouard crée un poste de défenseur des enfants

Deux femmes discutent ensemble dans une pièce.

La commissaire et défenseure des droits des enfants de l'Île-du-Prince-Édouard, Michele Dorsey, avec l'ancienne ministre des Services à la famille, Tina Mundy.

Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

François Pierre Dufault

Quatre ans après une recommandation du coroner, et après de nombreuses questions de l'opposition à l'Assemblée législative, le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard a finalement annoncé, vendredi, la création d'un poste de commissaire et de défenseur des droits des enfants. Le nouveau poste n'est toutefois pas indépendant.

Le premier ministre Wade MacLauchlan a nommé à ce poste l'avocate de formation Michele Dorsey, qui occupe aussi depuis peu le poste de sous-ministre du Conseil exécutif après avoir été sous-ministre de la Justice et de la Sécurité publique.

La nouvelle protectrice des enfants se rapportera directement au conseil des ministres, contrairement à ses homologues des autres provinces qui sont indépendants.

C'est une solution sur mesure pour l'Île-du-Prince-Édouard. C'est cohérent avec notre approche qui est de travailler ensemble et d'offrir des services de première ligne.

Wade MacLauchlan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

En 2015, le coroner Roy Montgomery, qui enquêtait sur un meurtre-suicide impliquant un bambin, avait recommandé au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard de créer un poste de défenseur des enfants.

Deux ans plus tôt, Patricia Hennessey, 37 ans, s'était enlevé la vie en emportant avec elle son fils de 4 ans, Nash Campbell. Leurs corps ont été retrouvés dans un véhicule incendié près de Tignish, dans l'ouest de l'île. Une longue bataille juridique pour la garde de l'enfant aurait mené au drame.

Depuis, l'opposition à l'Assemblée législative a souvent réclamé la création d'un poste de défenseur indépendant des droits des enfants. Wade MacLauchlan s'y est d'abord opposé bec et ongles, disant qu'il préférait investir dans les services de première ligne. Il a par la suite nuancé ses propos.

En 2016, le gouvernement libéral a voté contre une résolution de l'opposition progressiste-conservatrice réclamant la création d'un poste de protecteur des enfants.

Le premier ministre affirme à présent qu'il a toujours été ouvert à l'idée de créer un tel poste. Il s'agit, selon lui, d'une suite logique à l'embauche en 2017 d'une avocate spécialisée dans le droit des enfants, et à la mise sur pied des équipes de bien-être en milieu scolaire, notamment.

Wade MacLauchlan insiste aussi sur le rôle de commissaire qu'il a confié à Michele Dorsey. Ce rôleunique, dit-il, va permettre à la fonctionnaire de mener des campagnes d'information et de sensibilisation auprès du public et de collaborer étroitement avec les différents ministères et organismes gouvernementaux qui offrent des services à l'enfance.

Il y a des jeunes qui ont l'impression que leur voix n'est pas entendue ou que leurs droits ne sont pas respectés. Ils ont besoin de quelqu'un pour les aider à naviguer à travers le système et déterminer si des changements sont nécessaires.

Michele Dorsey, commissaire et défenseure des droits des enfants de l'Île-du-Prince-Édouard

La nouvelle protectrice des enfants ne parle pas français. Elle promet néanmoins que son bureau embauchera des employés bilingues pour répondre aux besoins de la communauté insulaire de langue française.

Michele Dorsey souhaite que son bureau, qui sera doté d'un budget annuel d'environ 600 000 $, soit fonctionnel d'ici le 1er avril.

L'opposition déçue

L'opposition à l'Assemblée législative regrette, pour sa part, que la nouvelle protectrice des enfants ne soit pas pleinement indépendante et que son embauche n'ait pas été confirmée par un vote du parlement, comme c'est le cas dans plusieurs autres provinces.

C'est un bureau de défense des enfants indépendant à part entière qui est requis, et non un autre bureau qui obéit aux commandes du 5e étage, fustige sur Twitter le chef progressiste-conservateur James Aylward, faisant référence au 5e étage de l'édifice Shaw, où est situé le bureau du premier ministre.

L'annonce [...] de la nomination d'un nouveau commissaire et défenseur des enfants est extrêmement décevante, surtout en ce qui concerne l'autorité et l'indépendance du poste et le processus d'embauche utilisé pour le combler, déplore à son tour le chef du Parti vert, Peter Bevan-Baker, dans un communiqué.

L’Île-du-Prince-Édouard était la seule province à n’avoir jamais créé un poste de protecteur des enfants. En Ontario, le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford vient toutefois de supprimer, l’automne dernier, le Bureau de l'intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes.

L’Île-du-Prince-Édouard a eu un commissaire à l'enfance et à la jeunesse de 2010 à 2015, mais le poste a été discrètement aboli par le gouvernement MacLauchlan.

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