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Nouveau terrain de jeu hivernal au parc des Hautes-Gorges

Incursion dans le parc des Hautes-Gorges en hiver
Guillaume Piedboeuf

Pour la première fois, le parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie est accessible au public durant la période hivernale, cette année. Incursion dans la « Vallée des glaces » de l'arrière-pays charlevoisien.

Il y a environ une heure et demie que nous sommes partis de Québec, mon caméraman, Steve Breton, et moi, direction Charlevoix, lorsque nous quittons la route 138 vers le village de Saint-Aimé-des-Lacs, un peu avant La Malbaie.

Déjà, notre destination est visible à travers le pare-brise de la minifourgonnette : les sommets enneigés du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, cachant en leur creux la Vallée des glaces.

C’est que cette année se concrétise un projet que caresse la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) depuis longtemps. Pour la première fois de son histoire, le parc rendu célèbre par l’Acropole-des-Draveurs et les périples sur la rivière Malbaie est ouvert durant l’hiver.

Jusqu’à l’an dernier, la route sur laquelle nous roulons s’arrêtait après Saint-Aimé-des-Lacs. Ou plutôt, le déneigement s’arrêtait. La route bétonnée menant aux Hautes-Gorges est la même que celle qu’empruntent les touristes durant l’été.

Mais en vertu d’une entente avec le ministère des Transports, cette année, les déneigeuses provinciales déblaient 15 kilomètres de plus, jusqu’à l’entrée du parc. De là, les employés de la SEPAQ prennent le relais pour déneiger les huit kilomètres menant au centre de services Le draveur, point d’accueil des visiteurs du parc durant l’hiver en bordure du fameux barrage des Érables.

Centre de service Le Draveur Le centre de services Le Draveur sert d'accueil du parc durant l'hiver. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Non seulement cela, mais après des années à fonctionner à l’aide de génératrices, le parc des Hautes-Gorges a finalement été « branché » par Hydro-Québec, le 14 décembre. Dans les mots de Daniel Groleau, directeur du parc, ça change la vie au niveau des opérations.

Avec une route déneigée et de l’électricité, ce dernier a finalement les coudées franches pour exploiter le potentiel hivernal du parc. Ainsi est née la « Vallée des glaces ».

Un nom thématique tout désigné pour cette vallée glaciaire dans laquelle coule et gèle la rivière Malbaie et où des cascades de glaces se forment le long des parois rocheuses escarpées l’hiver venu.

Un groupe de six est arrêté au milieu de la vallée. Deux ont leurs bottes aux pieds, l'un ses ski et trois autres sont sur des vélos. Skis, raquettes ou vélo à pneus surdimensionnés, les options d'activités hivernales ne manquent pas. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Petit paradis de l’escalade de glace

Le parc des Hautes-Gorges abrite depuis longtemps une paroi d’escalade de glace dont la réputation dépasse les frontières du Québec. La Pomme-d’Or, une immense cascade de glace à la teinte jaunâtre située le long d’une falaise longeant le réservoir de la rivière Malbaie. Avant cet hiver, les expérimentés grimpeurs voulant tenter leur chance devaient se rendre jusqu'à la Pomme-d'Or par eux-mêmes en motoneige, puis en ski hors piste ou en raquettes. L’ouverture hivernale rend non seulement cette paroi plus accessible, mais la Fédération québécoise de montagne et d’escalade a déjà homologué une dizaine de nouvelles voies de glace sur le territoire du parc depuis le début de l’hiver.

Aventure sur la rivière gelée

Lieu fréquenté dès les années 60 par les amateurs de plein air, le parc des Hautes-Gorges s'est aussi fait connaître grâce aux croisières en bateau-mouche sur la rivière Malbaie qui ont commencé à y être organisées quelques années après la fin de la drave, en 1984.

Déjà en 2000 lorsque la SEPAQ a repris la gestion du parc régional pour en faire un parc national, le désir de devenir une destination hivernale était présent, explique Daniel Groleau. Car la rivière demeure un attrait de taille durant l'hiver. Une fois l'eau glacée, même plus besoin de kayak ou de bateau-mouche pour parcourir le centre de la vallée.

En raison du barrage, on a une section de sept kilomètres de la rivière qui est un réservoir, donc qui gèle. On a plus de 55 centimètres d'épaisseur de glace. On a fait une voie damée sur la rivière où on peut faire vélo, crampons, raquettes ou skis-raquettes.

Une paire de skis-raquettes est appuyée contre une roche sur laquelle se trouve un Inuksuk. Derrière la rivière gelée continue à perte de vue vers le creux des montagnes. Les skis-raquettes sont plus populaires pour les randonnées avec un certain dénivelé, mais rien n'empêche de les utiliser pour simplement parcourir la rivière. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Le ski Hok, vous connaissez?

Hybride entre le hors-piste et la raquette, le ski Hok, aussi appelé ski-raquette, est une alternative intéressante pour la randonnée hivernale. Créés en 2009 par le Québécois François Sylvain et l’Américain Nils Larsen, inspirés des skis portés par les chasseurs de montagne de l’Altai, en Sibérie, ces courts et larges skis sont munis d'une peau permettant l’adhérence dans les montées et une certaine glisse dans les descentes. Il suffit d'insérer ses bottes dans la fixation similaire à celle d'une raquette, le talon n'étant pas attaché au ski. Des paires de ski Hok sont offertes en location au parc des Hautes-Gorges, tout comme des raquettes et des vélos d'hiver. « Dans les sentiers qui offrent un peu plus de dénivelé et qui sont un peu plus enneigés, c’est un parfait moyen de transport », lance Daniel Groleau.

Pas besoin d'être un campeur endurci pour profiter des charmes hivernaux des Hautes-Gorges. Certes, il est possible d'y faire du camping d'hiver, mais la SEPAQ a également construit 10 « chalets écho » à l'entrée du parc pour héberger les visiteurs. Une nuit passée dans ces petits chalets pour quatre munis d'une cuisine, une salle de bain avec douche et de deux chambres suffit pour comprendre qu'on est loin du rustique chalet en bois rond.

Les familles y trouveront leur compte, d'autant plus que les activités autour ne manquent pas, même pour les plus jeunes.

L'intérieur du chalet de la SépaqLe chalet écho est assez loin du chalet en bois rond rustique. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

En bordure du centre de services Le draveur, une glissade et un anneau de glace à même la rivière sont entretenus tous les matins. Entendre la glace craquer sous ses lames, lever la tête et voir l’Acropole-des-Draveurs enneigée et la rivière glacée s’enfonçant de manière sinueuse dans la vallée, voilà une ambiance difficile à battre.

Pour ceux qui préfèrent s’amuser dans les bois et prendre un peu de hauteur pour une vue d’ensemble de la vallée, le secteur de l’Érablière, plus près des chalets et de l'entrée du parc, offre également aux visiteurs des sentiers boisés de différentes longueurs et difficultés.

Mais rien ne bat le panorama de la rivière, et c’est pourquoi le parc des Hautes-Gorges s’est également doté cet hiver d’une « navette des glaces » bien particulière.

La navette des glaces au pied d'une falaise. La navette des glaces circule à 10 km/h sur un large sentier de neige longeant la rivière entre le l'accueil du parc et le secteur de l'Équerre. Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

À part à l’auberge de montagne des Chic-Chocs, difficile de trouver un équivalent à ce bolide dont s’est muni le parc à grand coût en prévision de son ouverture hivernale. Un imposant véhicule de tête chenillé tirant derrière lui un wagon à travers les bois.

C'est du sur mesure. Une ancienne carrosserie d'autobus 22 passagers en fait qui a toute été retapée ensuite. Ça a vraiment une belle allure puis ça nous permet d'accéder à des zones plus éloignées, explique Daniel Groleau.

Deux fois par jour, le long de la rivière, la navette effectue l’aller-retour sur les sept kilomètres reliant le Centre de services Le draveur et le secteur de l’Équerre, à l’autre bout du réservoir. Ainsi, il est possible de randonner sur la rivière sans avoir à revenir sur nos pas ensuite.

Promenade dans le parc des Hautes-GorgesPromenade en raquette dans le secteur de l'Équerre Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Bordé par un camping sauvage, mais peu fréquenté durant l’été, le secteur de l’Équerre, où la rivière tourne à 90° deviendra un pôle hivernal, prédit Daniel Groleau. Déjà, une tente chauffée avec une structure de bois a été installée et un véritable relais refuge devrait y être construit pour l’hiver prochain.

Non seulement cela, mais l’équipe du parc des Hautes-Gorges a retravaillé un ancien chemin forestier pour ouvrir un nouveau sentier de quatre kilomètres dans l’autre section de la vallée, jusque là inexploité.

À terme, on va pouvoir explorer cette partie de vallée sur neuf kilomètres encore. Une vallée tout aussi spectaculaire que la vallée que les gens connaissent avec l'Acropole-des-Draveurs et la Pomme-d'Or. Ce sont encore de belles images à se mettre en tête.

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