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Menacé, un gardien de prison doit déménager

L'Établissement de détention de Québec, aussi connu sous le nom de prison d'Orsainville.

L'Établissement de détention de Québec, aussi connu sous le nom de prison d'Orsainville

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Yannick Bergeron

Un juge impose 18 mois de prison à un détenu qui a intimidé un gardien de la prison de Québec, forçant le ministère de la Sécurité publique à organiser son déménagement.

Profitant d'un rare moment de liberté au printemps 2018, Bryan Lachance faisait du porte-à-porte pour vendre des porte-monnaies lorsqu'il frappe par hasard à la porte de la résidence du gardien.

L'employé de la Sécurité publique remarque que Lachance regarde le nom de sa rue et prend des notes dans un calepin avant de poursuivre sa route.

Lachance, qui a de nombreux antécédents pour des gestes de violence, s'est retrouvé une fois de plus à la prison de Québec l'été dernier.

« Je sais où tu vis »

Le 12 juillet, l'agent correctionnel qui est membre de l'équipe spéciale d'intervention déplace un détenu récalcitrant lorsque Lachance l'interpelle.

Il le traite de « cochon » et lui lance des injures. À un certain moment, le gardien l'entend crier : « Je sais où tu vis ».

Selon l'agent correctionnel, Lachance a aussi fourni son adresse à d'autres détenus.

L'employé du Ministère a rapporté la situation à la direction de l'établissement.

Trois jours plus tard, Bryan Lachance s'en prend une fois de plus au gardien : « Arrête de pleurer que je t'intimide », lui lance le criminel.

« Je vais te faire des plaintes, je veux te faire perdre ta job », ajoute l'homme de 28 ans.

Après les deux événements, l'agent correctionnel était très craintif.

Déménagement

Une peur justifiée, a évalué le ministère de la Sécurité publique, qui a demandé à son employé de déménager pour des raisons de sécurité.

La direction du Centre de détention de Québec l'a aussi affecté à un autre secteur, l'obligeant à quitter des tâches qui lui plaisaient particulièrement.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) réclamait 30 mois de détention contre le prisonnier récalcitrant alors que la défense suggérait une peine de 6 mois.

Le juge Jean Asselin a estimé qu'une peine de 18 mois était raisonnable, en plus d'imposer une probation de trois ans à Bryan Lachance.

Pendant cette période, le criminel n'a pas le droit de communiquer avec l'agent correctionnel ni de s'approcher de son lieu de résidence, s'il apprend sa nouvelle adresse.

« Il faut sanctionner avec vigueur tout geste ou action destinés à nuire à l'administration de la justice », a justifié le juge Asselin.

Québec

Justice et faits divers