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Le second sommet Trump-Kim aura lieu fin février, selon Washington

Donald Trump et Kim Jong-un marchent côte à côte.
Donald Trump et Kim Jong-un lors de leur rencontre à Singapour en juin. Photo: Reuters / Jonathan Ernst
Agence France-Presse

Le nouveau sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, au cœur d'une visite cruciale vendredi à Washington du bras droit du dirigeant nord-coréen, aura lieu « vers la fin février » pour débloquer les négociations sur le désarmement nucléaire de la Corée du Nord.

L'annonce a été faite par la Maison-Blanche à l'issue d'une rencontre de 90 minutes dans le bureau ovale entre le président des États-Unis et le général Kim Yong-chol.

« Le président est impatient de rencontrer le président Kim dans un lieu qui sera annoncé ultérieurement », a déclaré sa porte-parole Sarah Sanders, saluant de « très bons pas faits de bonne foi par les Nord-Coréens ».

Le Vietnam a confirmé être prêt à accueillir ce nouveau tête-à-tête, après le premier, historique, du 12 juin 2018 à Singapour. Mais la Thaïlande et la Mongolie sont également évoquées.

Avant même les retrouvailles Trump-Kim, Sarah Sanders a toutefois prévenu que les États-Unis maintiendraient « la pression et les sanctions sur la Corée du Nord jusqu'à sa dénucléarisation totale et vérifiée », alors que Pyongyang réclame leur levée rapide.

Avant et après son passage à la Maison-Blanche, Kim Yong-chol s'est entretenu avec le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et l'envoyé spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun.

Parallèlement, une autre responsable nord-coréenne, Choe Son-hui, était en Suède, où M. Biegun pourrait la rejoindre dans les prochains jours.

Le général Kim Yong-chol, bras droit du leader nord-coréen Kim Jong-un, était à Washington, vendredi. Le général Kim Yong-chol, bras droit du leader nord-coréen Kim Jong-un, était à Washington, vendredi. Photo : Getty Images / Alex Wong

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump ouvre les portes du bureau ovale à Kim Yong-chol, ex-chef espion nord-coréen et interlocuteur privilégié de Mike Pompeo dans les difficiles négociations avec Pyongyang.

Sa précédente visite, au printemps, avait relancé le processus diplomatique qui a permis de tourner la page d'une année 2017 marquée par les essais balistiques et atomiques nord-coréens, les sanctions internationales et les menaces de guerre entre les deux camps.

À Singapour, le tout premier sommet entre un président américain en exercice et un héritier de la dynastie de Kim au pouvoir en Corée du Nord avait débouché sur l'engagement du dirigeant nord-coréen en faveur d'une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ».

Mais depuis, les tractations pour mettre en musique cette promesse se sont enlisées et les avancées concrètes se comptent sur les doigts d'une main.

Pyongyang a d'ailleurs fini par confirmer que ses intentions étaient encore bien loin des exigences américaines en conditionnant récemment son propre désarmement au « retrait total des menaces nucléaires américaines », ce qui impliquerait une vaste remise en cause des accords de défense entre les États-Unis et la Corée du Sud.

Une discussion « positive »

« Il est grand temps que les discussions entre les États-Unis et la Corée du Nord commencent sérieusement, afin de parvenir à une dénucléarisation de la péninsule coréenne », a lancé vendredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

« C'est un moment assez dangereux », s'alarme un diplomate occidental qui suit de près le dossier. « Si dans les prochains mois Kim ne lâche rien, Trump ne pourra pas continuer à dire que tout se passe bien et qu'il n'y a pas d'urgence, et on risque de retourner à la situation explosive de 2017 », ajoute-t-il sous couvert d'anonymat.

Selon des sources diplomatiques, l'administration américaine est pourtant prête à mettre des choses sur la table sur le terrain symbolique, comme l'ouverture d'un bureau de liaison ou une déclaration pour mettre fin formellement à la guerre de Corée, qui ne s'est achevée en 1953 que par la conclusion d'un simple armistice.

Certaines de ces sources estiment que le président américain, qui veut un accord à tout prix, serait même prêt à lâcher du lest sur les sanctions sans obtenir une dénucléarisation totale. C'est pour cela, pensent plusieurs observateurs, que Kim Jong-un préfère négocier en direct avec lui.

Pour Harry J. Kazianis, du groupe de réflexion conservateur Center for the National Interest, toute discussion est « positive » si « l'on pense que l'Amérique et la Corée du Nord étaient il y a seulement un an au bord d'une guerre potentielle qui aurait pu faire des millions de morts ».

« Maintenant, le plus dur commence. Les deux pays doivent afficher au moins quelques résultats concrets lors d'un second sommet, faute de quoi leurs efforts seront dépeints comme dignes d'une émission de téléréalité », ajoute-t-il.

Michael Fuchs, du cercle de réflexion Center for American Progress et proche des démocrates, s'inquiète pour sa part de voir Donald Trump « se précipiter vers un sommet avec Kim Jong-un sans savoir ce qu'il obtiendra, si ce n'est offrir à un dictateur brutal davantage de reconnaissance internationale ».

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