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Du quinoa vieux de 3000 ans retrouvé en Ontario

Des graines de quinoa brûlées et fossilisées.
Des graines de quinoa retrouvées en Ontario indiquent qu'il existait un réseau commercial beaucoup plus étendu qu'imaginé entre les peuples autochtones il y a 3000 ans. Photo: Gary Crawford
Daniel Blanchette Pelletier

Des chercheurs de l'Université de Toronto ont découvert une grande quantité de graines de quinoa cultivées en Amérique du Nord en l'an 900 av. J.-C, ce qui jette un éclairage nouveau sur les échanges commerciaux entretenus à l'époque.

Les 140 000 graines ont été retrouvées par des archéologues en 2010, tandis qu’ils évaluaient un nouveau lotissement à Brantford, en Ontario. Ils ont retrouvé l’amas de graines brûlées dans une fosse située à proximité du site.

Ce type de quinoa n’avait jamais été trouvé auparavant dans la province.

Sa présence, il y a 3000 ans, devance également de plusieurs siècles la preuve la plus ancienne d’une récolte en Ontario, soit une récolte de maïs environ 500 ans apr. J.-C., note Gary Crawford, du département d'anthropologie de l'Université de Toronto.

L’étude, publiée dans la revue American Antiquity, indique cependant que le quinoa n’aurait pas été cultivé dans la province.

« Toutes les recherches précédentes sur cette espèce de quinoa, qui est maintenant éteint, ont été effectuées dans le centre des États-Unis », confirme l’anthropologue.

Le quinoa, aujourd’hui considéré comme un superaliment, occupait une place importance dans le régime alimentaire des peuples du Kentucky, de l’Illinois et de l’Arkansas. Sa valeur nutritive était probablement similaire à celle du quinoa moderne, qui vient d’Amérique du Sud.

Un réseau commercial bien établi

Cette découverte fortuite prend une tournure historique significative, puisqu’elle laisse à penser que le système commercial entre les peuples autochtones américains était peut-être plus développé que précédemment imaginé.

Cela nous montre que, parfois, ce qui semble être un site relativement insignifiant peut contenir quelque chose d'incroyablement important.

Gary Crawford, Université de Toronto

À ce jour, toutes les preuves indiquaient que les populations autochtones échangeaient uniquement des pierres et d'autres minéraux sur de longues distances. La découverte de graines de quinoa semble prouver le contraire, selon Gary Crawford.

On ne comprend pas vraiment comment les peuples autochtones commerçaient à cette époque. Mais il est entendu qu'ils avaient un « réseau commercial étendu », suggère à son tour la directrice du musée du Woodland Cultural Centre, à Brantford, Paula Whitlow.

Les auteurs de l'étude ont également émis l'hypothèse que les graines avaient été brûlées par erreur, probablement dans une tentative trop zélée de les assécher légèrement pour les entreposer.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

Archéologie

Science