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Drag queen pour développer ses talents de comédien

Jeffrey Leclerc en train de se maquiller en Narcissa.

Jeffrey leclerc se maquille avec soin pour être méconnaissable déguisé en Narcissa.

Photo : Radio-Canada / Catherine Bourchard

Catherine Bouchard

Jeffrey Leclerc n'avait jamais rêvé de porter des robes. Pourtant, depuis un an, il en revêt régulièrement pour des spectacles de drag queen. C'est un concours à Québec qui a fait découvrir cette passion au Trifluvien, étudiant en théâtre au Cégep de Trois-Rivières.

Rencontré dans sa loge avant son spectacle au bar l’Embuscade, un froid samedi soir d’octobre, le jeune homme de 21 ans peut compter sur sa mère pour l’aider à amener son matériel de scène.

Elle est vraiment fière que je m’affirme. [...] Elle m’encourage beaucoup, mais c’est un travail plus de soir, alors elle a peur que ça joue sur les études.

Robe à paillettes, mallettes de maquillage plus imposante que la salle de maquillage de Radio-Canada Mauricie-Centre-du-Québec, faux seins, l’attirail de Narcissa, le personnage de drag queen de Jeffrey est imposant.

Au début, j’étais vraiment laide, rigole-t-il, toujours affublé en garçon. Après un concours pour les débutants drag queens à Québec, Jeffrey Leclerc a eu la piqûre. Depuis, il a développé ses talents en maquillage et pour ses costumes.

Je ne pensais jamais faire ça. Jamais, jamais, jamais! Il y a eu le concours à Québec. Mon copain m’a dit : “On pourrait s’inscrire." [...] Je le faisais un peu pour rire, mais je m’attendais pas à triper comme ça, relate l’étudiant en théâtre.

Comédien

C’est une expérience qui m’a fait grandir dans mon théâtre. C’est un personnage qu’il faut développer, indique M. Leclerc. Il estime que cette expérience l'aide vers son objectif de devenir comédien.

La drag queen, c'est un jeu encore plus gros que ce qu'on peut voir au théâtre. Il y a un côté un peu clownesque dans l'aspect de la drag queen.

Jeffrey Leclerc, alias Narcissa, en spectacle à l'Embuscade à Trois-Rivières.

Jeffrey Leclerc, alias Narcissia, en spectacle à l'Embuscade à Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Catherine Bouchard

Le processus de transformation physique de Jeffrey en Narcissa, son personnage de drag queen, n’est pas simple. Il doit d’abord coller ses sourcils, pour ensuite les imbiber de fond de teint et s’en retracer de plus féminins.

Est-ce que ça fait mal, quand il se démaquille, avec la colle? Oui, vraiment!

Ses collègues, Gabrielle et Scarlette, toutes deux des drag queens prolifiques, avaient décidé de ne pas se coller les sourcils. Gabrielle les rase pour épargner du temps. Scarlette voulait donner un peu repos à son visage, car elle fait plusieurs spectacles par semaine.

Jeffrey s’applique une épaisse couche de fond de teint. S’en suit l’étape du contouring, une technique de maquillage qui consiste à remodeler les traits à l’aide d’un jeu d’ombres et de lumières.

L’application d’ombre à paupières, de plusieurs couches de faux cils et de eye-liner complète la partie maquillage de la transformation.

Jeffrey Leclerc trace ses sourcils pour sa transformation en Narcissa.

Jeffrey Leclerc trace ses sourcils pour sa transformation en Narcissia.

Photo : Radio-Canada / Catherine Bouchard

Pour se donner une apparence plus féminine, les drags queens utilisent des petites culottes qui serrent leur sexe masculin. Ensuite, ils remplissent un soutien-gorge de coussinets pour contribuer à l’illusion.

Perruques et robes à paillettes : rien n’est laissé au hasard pour se donner le look diva. Narcissia ayant une silhouette plus filiforme, elle profite de cette caractéristique dans des costumes plus révélateurs. L’ensemble du processus prend plus de deux heures.

Les trois drag queens de la soirée ont leur petites astuces maquillage et marques préférées. Elles ont aussi leur routine beautée, alors qu’elles donnent plusieurs spectacles par semaine.

Public conquis d’avance

C’est devant une quarantaine de personnes que se sont produits Scarlette, Gabrielle et Narcissia à Trois-Rivières le 13 octobre. La communauté LGBTQ, particulièrement lesbienne, était bien représentée. Le spectacle a commencé par l’animation de Gabrielle : Y a-t-il des salopes ici à soir? On est toutes des salopes!

Le tout donnait le ton pour la soirée endiablée qui s'en est suivi.

Chacune a un style bien distinct : Scarlette est la typique diva, incarnant à s’y méprendre Beyoncé. Gabrielle, elle, est beaucoup plus dans le côté comique et grotesque, alors que Narcissa est très théâtrale.

Mauricie et Centre du Québec

Communauté LGBTQ+