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Situation préoccupante pour le seul refuge pour prostituées de Québec

Une jeune prostituée, dont on ne voit que l'ombre sur fond rosé.
Une jeune prostituée Photo: iStock
Radio-Canada

Les temps sont durs pour le centre d'hébergement LUNE, le seul refuge de Québec qui vient en aide aux travailleuses du sexe. En plus de manquer de financement, la maison d'hébergement n'a pas assez d'espace et doit refuser des femmes alors que le mercure chute sous les -20 degrés celcius.

La directrice du projet LUNE, Chantale Simoneau, affirme que les périodes de froid extrême ajoutent un stress aux femmes qui se retrouvent dans un état de grande vulnérabilité.

« Dès qu’on a 12 femmes [dans le logement], on doit en faire attendre une sur le trottoir. C’est épouvantable. Ça met de la pression à tout le monde. On ne veut jamais faire ça, mais en même temps, avoir plus que 12 femmes plus deux intervenantes dans un quatre et demi, ça peut mettre des gens en danger », souligne-t-elle.

Deux fauteuils dans un salonUne femme a dormi dans la nuit de jeudi à vendredi au milieu du salon. Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Dans ce petit logement situé dans le quartier Saint-Roch, 15 femmes vulnérables sont hébergées en moyenne. Les intervenantes doivent donc souvent faire de la place dans le petit logement pour accueillir un plus grand nombre de femmes.

« On a cinq lits, on a trois fauteuils pliants. Il y a des femmes qui dorment par terre », explique-t-elle.

Selon Mme Simoneau, le nombre de femmes qui fréquentent le centre, qui est désormais ouvert à l’année, a connu une forte hausse.

« Dans les 6 derniers mois, on a eu 124 femmes différentes pour plus de 3000 visites. C’est énorme par rapport à nos débuts », indique la directrice du centre qui a vu le jour en 2014.

Un lit dans une chambreDes intervenantes ont dû refuser des femmes cette semaine, faute d’espace. Photo : Radio-Canada / Camille Simard

Manque de financement

Financé par des programmes municipaux, provinciaux et fédéraux, le projet LUNE cherche actuellement de nouvelles sources de financement pour être en mesure d’ouvrir ses portes pour la saison estivale.

« On se demandait vraiment comment on allait faire pour ne pas fermer cet hiver. À ce jour, on ne sait pas ce qu’on va faire pour se rendre à l’été », affirme Mme Simoneau.

Il y a de plus en plus de femmes en situation de grande précarité. On a une moyenne de 10 nouvelles femmes par mois. C’est une très grosse augmentation.

Chantale Simoneau, directrice du projet LUNE

L’administration du projet LUNE solicite donc l’aide du public pour des dons en argent, des produits d’hygiène, des sous-vêtements et des vêtements chauds. « On n’a pas de budget précis pour les aliments », déplore-t-elle.

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