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Le rassemblement citoyen pour soumettre le projet Authier au BAPE fait salle comble à Amos

Un bar est rempli de gens qui écoutent parler des hommes assis devant la foule.
Le bar La P'tite Bouteille d'Amos était rempli pour ce rassemblement citoyen en faveur d'une étude du BAPE pour le projet Authier de Sayona Québec. Photo: Radio-Canada / Thomas Deshaies
Thomas Deshaies

Le rassemblent citoyen pour que le projet Authier soit soumis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a fait salle comble jeudi à La P'tite Bouteille d'Amos. L'événement était organisé par les comités citoyens, près d'un an après le début de la mobilisation populaire.

Plus d’une soixantaine de personnes ont répondu à l’appel alors que l’événement avait été annoncé moins d’une semaine avant. Les citoyens présents semblaient plus que déterminés à poursuivre la mobilisation.

L’un d’eux, Gilles Gagnon, recrutait des volontaires pour créer un troisième comité citoyen, celui de Saint-Mathieu-d’Harricana. Les gens de La Motte se sont prononcés, alors Saint-Mathieu étant voisin, on va faire le même exercice, a-t-il expliqué.

D’autres militants cherchaient des volontaires afin d’aller poser de grandes pancartes portant des messages revendicateurs, sur le terrain même où sera située la mine.

Une affiche indique « Portez la goutte! Pour que le projet Authier Lithium soit soumis au BAPE ».Les participants étaient invités à porter une goutte en feutre sur leurs vêtements pour souligner leur appui au comité Nouvelle Vision de La Motte. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le comité Nouvelle Vision de La Motte a profité de l’événement pour lancer une nouvelle campagne afin d’inviter les citoyens à porter le symbole d’une goutte d’eau sur leurs vêtements. On encourage les gens à le porter pour montrer qu’ils se sentent concernés, explique le porte-parole du comité, Paul Lafrenière.

Alliance avec les communautés anichinabées?

Le chef de la communauté de Longpoint, Steeve Mathias, participait à l'événement afin d’en apprendre davantage sur les méthodes de la compagnie minière. Il faut dire que Sayona Québec compte aller de l'avant avec un autre projet au Témiscamingue.

Une femme parle au micro derrière une table dans un bar.La citoyenne Louise Leboeuf animait la soirée. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Il a affirmé que les représentants de Sayona Québec avaient agi de manière « agressive » leur de lors première rencontre. J’ai bien de la misère avec ce genre d’attitude, on est tannés de se faire bouleverser, de se faire tasser, comme s’ils étaient les maîtres, a-t-il dénoncé lors de son discours.

Il a rendu un vibrant plaidoyer en faveur de l’implication citoyenne, prônant aussi une alliance entre les Anichinabés et les non-Autochtones.

On a tous un intérêt à se rallier, à créer ces alliances-là entre la population abitibienne et anichinabée.

Steeve Mathias, chef de Longpoint

Le militant de longue date Henri Jacob s’est quant à lui dit impressionné par l’ampleur du mouvement. J’ai vu que le monde s’est réveillé, puis je trouve ça mauditement fantastique, s’est-il exclamé.

Un homme parle au micro, trois autres hommes à ses côtés derrière une table.Les différents groupes citoyens qui souhaitent une étude du BAPE pour le projet Authier de Sayona Québec étaient réunis à La P'tite Bouteille d'Amos. Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Le porte-parole du Regroupement Vigilance Mines de l’Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), Marc Nantel, est pour sa part sceptique concernant la rentabilité du projet Authier. Le prix du concentré [de lithium] a chuté terriblement, a-t-il déclaré. Ils se disent que peut-être aujourd’hui on est dans un trou, mais qu’on va se retrouver à un moment donné à faire des sous avec ça [grâce à la demande en lithium]. Selon lui, il s’agit d’un pari risqué, étant donné que les conséquences environnementales sont importantes et que la rentabilité est incertaine.

Une culture de l’implication politique citoyenne

Selon le porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, Rodrigue Turgeon, la mobilisation entourant le projet Authier aura des répercussions à long terme sur la vie politique dans la région.

Un jeune homme parle au micro, un homme assis de chaque côté de lui.Rodrigue Turgeon, porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

On est rendu qu’on veut revoir notre relation avec l’environnement, la nature, l’Abitibi. Ce qu’on est en train de dire, c’est qu’on redéfinit notre relation avec le territoire.

Rodrigue Turgeon

De nombreux participants à la soirée ont par ailleurs exprimé leur mécontentement par rapport au travail des élus municipaux et de ceux des MRC, les jugeant incapables de protéger l’environnement face aux grandes entreprises et n’ayant que bien peu d’appétit pour la démocratie participative. D’autres ont plutôt rappelé l’importance d’investir les sphères de pouvoir en tant que citoyens et de ne pas se contenter d’un vote tous les quatre ans.

Sayona ne croit toujours pas que le gouvernement imposera une étude du BAPE

Sayona Québec est quant à elle convaincue que le gouvernement ne l’obligera pas à se soumettre à une étude du BAPE. On a un projet qui n’a aucun impact sur l’eau, on ne voit pas comment on pourrait avoir un problème, a affirmé en entrevue en début de semaine le porte-parole de la compagnie, Alexis Segal.

Un homme parle au micro, une main en l'air.Alexis Segal, vice-président aux affaires de l'entreprise de Sayona Québec (archives) Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Il a martelé que les études commandées par la compagnie minière démontrent qu’il n’y aura pas de danger sur l’esker.

On se sent bien en selle.

Alexis Segal

Invité à commenter la tenue du rassemblement, M. Segal a alors suggéré aux participants d’accepter les « faits et la science ». Il faut reconnaître le poids de la science, même quand la science ne dit pas ce qu’on veut, a-t-il déclaré. J’encourage tout le monde à lire les études qui sont disponibles sur notre site web et à prendre connaissance des contre-expertises qui ont été faites.

Abitibi–Témiscamingue

Métaux et minerais