•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un homme d'Ottawa se bat depuis deux ans au sujet de son nom

Un homme montre son permis de conduire.
Son permis de conduire indique Claude Therien, mais son certificat de naissance de l'Ontario indique Joseph Claude Therrien. Photo: Radio-Canada / Stu Mills

Lorsque Claude Thérien a dû remplacer son passeport perdu et expiré en 2016, il a présenté son certificat de naissance à Passeport Canada pour prouver sa citoyenneté canadienne. L'homme d'Ottawa venait de s'engager dans deux années frustrantes à essayer de rétablir sa bonne réputation.

M. Thérien a été élevé dans une famille francophone-catholique traditionnelle, et son nom de baptême suit la tradition religieuse de donner aux garçons le nom de Joseph, époux de Marie, mère de Jésus. (Pour la même raison, beaucoup de filles catholiques françaises sont nommées Marie sur leur acte de naissance.)

J'ai toujours utilisé un seul nom dans ma vie.

Claude Thérien

Selon la tradition, ce prénom biblique est suivi du prénom d'un parrain ou d'une marraine. Dans le cas de Thérien, Louis a été ajouté, et enfin, du nom de famille, auquel le père de Thérien a accidentellement ajouté un « r ».

Ainsi, le certificat de naissance de M. Thérien porte le nom de Joseph Louis Claude Thérrien, et c'est le nom qui figurait sur son nouveau passeport.

« Appelle-moi juste Claude »

Ses parents ont toujours voulu qu'il s'appelle Claude, et le nom de Claude Thérien figure d'ailleurs sur des dizaines de pièces d'identité anciennes et nouvelles, dont son permis de conduire, sa carte d'assurance sociale, ses cartes professionnelles et son adhésion à un club de racquetball.

J'ai toujours utilisé un seul nom dans ma vie, précise M. Thérien, qui a passé les deux dernières années à essayer de convaincre les représentants du gouvernement que son prénom n'est pas vraiment Joseph.

Cela ferait de mon père, de moi et de mes quatre frères des Joseph, a souligné M. Thérien.

Des photos en noir et blanc.Une boîte pleine de photos datant de l'enfance de Claude Thérien témoigne de sa longue utilisation du prénom Claude, et non Joseph. Photo : Radio-Canada / Stu Mills

Pour prouver son point de vue, Claude Thérien a sorti une boîte de documents et de photographies, dont une photo de bébé portant l'inscription « Claude à 71/2 mois », écrit à l'encre bleue.

Néanmoins, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada insiste sur le fait qu'il s'appelle Joseph, comme l'indique son certificat de naissance de l'Ontario. Depuis deux ans, on lui dit que s'il veut Claude Thérien sur son passeport, son certificat de naissance doit être au nom de Claude Thérien. Depuis deux ans, Service Ontario lui dit que s'il veut Claude Thérien sur son acte de naissance, il devra légalement changer son nom.

Une insulte

M. Therien s'inquiète de la confusion que son nouveau passeport pourrait causer à la frontière, car le nom qui y figure ne correspond à aucune de ses autres pièces d'identité.

Mais pour lui, c'est plus qu'un cas de bureaucratie inflexible. Il croit que l'intransigeance de Service Ontario témoigne de l'ignorance et du manque de respect du gouvernement provincial à l'égard des traditions franco-ontariennes, particulièrement les traditions catholiques.

C'est plus qu'une tradition, a soutenu Claude Thibault, prêtre à Cornwall, en Ontario. C'est aussi une insulte à la langue française.

Il existe une solution

Dans sa paroisse, M. Thibault demande au secrétaire de souligner le prénom d'un enfant sur l'acte de naissance, bien qu'il admette que ce n'est pas une solution très efficace.

Quand j'ai entendu dire que quelqu'un se battait à ce sujet, j'ai dit : "Bien, je dois lui parler", a mentionné Claude Thibault.

Le gouvernement devrait avoir un moyen de rétablir l'ordre des noms et de les reconnaître ». Claude Thibault, prêtre à Cornwall

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, le ministère responsable des passeports canadiens, a répondu que les demandeurs peuvent choisir d'enlever ou d'inverser un ou plusieurs prénoms de leur certificat de naissance, pourvu que le nom demandé pour impression sur le passeport soit appuyé par le nom sur une autre pièce d'identité acceptable, comme un permis de conduire. Toutefois, s'il y a une faute d'orthographe sur le certificat de naissance, comme c'est le cas dans le nom de famille de M. Thérien, un changement de nom légal s'impose.

Avec les informations de Stu Mills

Ottawa-Gatineau

Société