•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des municipalités de l'Outaouais se mobilisent contre le registre québécois des armes à feu

Radio-Canada

Près d'une vingtaine de municipalités de l'Outaouais se rangent du côté de Potton, en Estrie, et refusent de signer le registre des armes à feu imposé par Québec en janvier 2018.

La semaine dernière, le conseil municipal de Potton adoptait, à l'unanimité, une résolution visant à dénoncer la Loi sur l'immatriculation des armes à feu. Selon le conseiller municipal à l'origine de celle-ci, Bruno Côté, le registre ne servirait qu'à démoniser les armes à feu et les propriétaires honnêtes, en plus de coûter cher aux contribuables.

Dix-sept municipalités de la MRC de Pontiac, ainsi que la municipalité de Gracefield, ont appuyé cette semaine la résolution et demandent au gouvernement provincial de changer son fusil d'épaule. Ainsi, elles apportent leur soutien aux chasseurs, aux tireurs sportifs, aux collectionneurs et aux citoyens qui jugent que le registre estintrusif et inefficace.

Le maire de Gracefield, Réal Rochon, propose plutôt de s'attaquer aux armes illégales et de miser sur des programmes de sensibilisation et de prévention des troubles de santé mentale.

Je demanderais au gouvernement de faire un moratoire pendant au moins une autre année [...] pour qu'on puisse en discuter, apporter une nouvelle approche à ce dossier-là.

Réal Rochon, maire de Gracefield

De son côté, Louise Quintin, relationniste pour le Ministère de la Sécurité publique, rappelle dans un courriel que ce nouveau fichier québécois devient un outil supplémentaire pour les corps de police dans le cadre de leurs opérations, notamment dans le cadre d’enquêtes ou d’interventions en matière de contrebande d’armes à feu, de situations de violence conjugale et de prévention du suicide.

Avant que le registre canadien des armes à feu ne soit aboli en avril 2012, les corps policiers québécois le consultaient plus de 900 fois par jour, complète-t-elle.

Pour l'un des membres du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu, Patrick Rochon, cette mesure est superflue. Il a expliqué en entrevue que le gouvernement fédéral a déjà mis en place des mesures de contrôle en délivrant des permis d'armes à feu.

Dans les petites municipalités, les budgets sont serrés, on a besoin de beaucoup de fonds pour la santé mentale et puis on trouve que c'est un gaspillage monumental de libérer des sommes d'argent de cette ampleur pour un registre qu'on considère comme inutile.

Patrick Rochon, membre du collectif Tous contre un registre québécois des armes à feu

Au moins une dizaine d'autres municipalités, notamment en Abitibi-Témiscamingue et en Montérégie, se sont jointes au mouvement dans les derniers jours, selon le collectif.

Les propriétaires d'armes à feu ont jusqu'au 29 janvier pour inscrire leurs armes au registre, et ce gratuitement, sans quoi ils pourraient recevoir une amende de 500 $ à 5000 $. De nombreuses campagnes publicitaires ont d'ailleurs été lancées sur différentes plateformes pour inciter les propriétaires à enregistrer leurs armes à feu.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Politique municipale