•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une survivante de la fusillade de La Loche boude les rénovations de l'école

Charlene Klyne sèche ses larmes à l'aide d'un mouchoir.
Depuis la fusillade, Charlene Klyne a besoin de l'aide de son mari ou de son fils pour accomplir les tâches du quotidien. Photo: CBC
Omayra Issa

Charlene Klyne, une survivante de la fusillade meurtrière de La Loche, en Saskatchewan, qui avait passé quatre heures sur le sol gravement blessée après avoir reçu des projectiles de l'arme du tireur, boude aujourd'hui les rénovations effectuées à l'École secondaire communautaire Dénée. Elle croit que les travaux n'effaceront pas la douleur causée par la tragédie survenue en 2016.

Le 22 janvier 2016, un adolescent a abattu, dans une maison, les frères Dayne et Drayden Fontaine, âgés de 13 et de 17 ans. Il s'est ensuite rendu à l'École secondaire de La Loche, où il a tué une aide-enseignante de 21 ans, Marie Janvier, et un enseignant de 35 ans, Adam Wood, en plus de blesser 7 autres personnes, dont Charlene Klyne.

En mai, il a écopé de la prison à vie, avec possibilité de libération conditionnelle après 10 ans.

À l’approche du troisième anniversaire de la fusillade, l’école a été partiellement rénovée au coût de 4,45 millions de dollars.

Mme Klyne refuse d’assister à la cérémonie officielle qui aura lieu vendredi devant un parterre de représentants des gouvernements fédéral et provincial et de la communauté.

Jointe par téléphone à Saskatoon, où elle vit désormais, Charlene Klyne explique qu'elle a décliné l’invitation du directeur de l’école, Greg Hatch, et du surintendant de la division scolaire, Jason Young. Selon elle, les rénovations ne panseront pas les blessures de la fusillade.

Un bâtiment bleu avec l'indication Dene Hich School et son équivalent dans une langue autochtone, durant une journée ensoleillée. Longtemps appelé École communautaire de La Loche, l’établissement scolaire a été rénové et porte désormais le nom d'École secondaire Dénée. Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

« Rien ne change. On veut que nous soyons là pour attirer l’attention sur nous [les survivants]. Mais non, nous ne serons pas là », déclare-t-elle.

J'ai entendu dire qu’il y avait des rénovations dans l’école. C’est là qu’il [le tueur] a tiré. Je ne veux vraiment pas être mêlée à tout ça.

Charlene Klyne, survivante de la fusillade de La Loche

Besoin de services

Deux personnes s'étreignent.Des résidents de La Loche se consolent après la tragédie. Photo : La Presse canadienne / JASON FRANSON

Charlene Klyne estime que les survivants ont besoin de services. Depuis la fusillade, sa vie a complètement changé.

Durant l'attaque, elle a reçu au visage des éclats provenant du fusil de chasse. Ceux-ci l'ont laissée partiellement aveugle. Elle doit également recevoir plusieurs traitements de physiothérapie par semaine.

Ma famille a été détruite. [...] Je n'irai jamais dans le Nord. Je n'irai jamais à La Loche.

Charlene Klyne, survivante de la fusillade de La Loche

La tragédie de La Loche a retenu l’attention du pays et fait la lumière, notamment, sur le manque de services en santé mentale dans cette petite communauté qui compte environ 3000 habitants et dont la plupart sont membres de la Première Nation Dénée Clearwater River.

« Il faut des soins en santé mentale à long terme », explique la députée néo-démocrate de Desnethé-Missinippi-Rivière Churchill et ancienne mairesse de La Loche, Georgina Jolibois.

Elle ajoute que la communauté et les familles des victimes sont toujours en deuil.

De son côté, le gouvernement saskatchewanais dit avoir notamment embauché deux nouveaux travailleurs en services de santé mentale, soit une infirmière et un travailleur spécialisé en prévention du suicide.

Cela porte à six le nombre d’employés offrant des services à plusieurs communautés du nord-ouest saskatchewanais. Par ailleurs, un psychiatre se rend à La Loche une fois par mois.

Saskatchewan

Crimes et délits