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Les agriculteurs albertains veulent cultiver leur autonomie

De la machinerie agricole dans un champ de blé.

Une moissonneuse-batteuse dans un champ de blé.

Photo : CBC / Tory Gillis

Radio-Canada

Les agriculteurs veulent avoir leur mot à dire sur les éventuelles modifications entourant l'achat de semences et le financement de la recherche pour accroître le rendement des variétés de céréales cultivées dans la province.

« Nous voulons choisir les semences que nous cultivons », a indiqué Lynn Jacobson, le président de la Fédération des agriculteurs de l’Alberta.

Réunis jeudi en assemblée générale à Edmonton, les membres de la Fédération ont débattu sur les propositions de financement entre les entreprises du secteur des semences et le ministère fédéral de l'Agriculture.

« Actuellement, la création et la sélection des semences sont principalement financées par des fonds publics », précise M. Jacobson.

Un homme au cheveu blanc est debout devant une affiche de la Fédération des agriculteurs de l'Alberta.

Lynn Jacobson, président de la Fédération des agriculteurs de l'Alberta.

Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

Lors de consultations réalisées à l’automne 2018, le gouvernement fédéral a toutefois sondé les agriculteurs albertains pour ouvrir la porte à un plus grand partenariat avec le secteur privé pour développer et cultiver des semences plus rentables.

« Oui, le secteur privé a sa place dans ce système, mais nous voulons nous assurer que ces entreprises réinvestissent d’abord dans la recherche plutôt que de grossir les poches de leurs actionnaires en priorité », martèle le président de la Fédération.

La peur Monsanto

La majorité des membres de la Fédération veulent conserver leur droit de réutiliser des semences issues des cultures des années précédentes, même s’ils les ont achetées auprès d’une entreprise semencière.

Or, lors de ses consultations, le gouvernement a également remis à l’ordre du jour l’idée d’imposer des redevances sur ces semences de ferme. Ces sommes d’argent pourraient être perçues lors de l’achat de semence, mais aussi sur les récoltes.

« Ce seraient des frais de production supplémentaires pour nous », soulève Terry Murray, un cultivateur de céréales qui craint que ces mesures ne viennent ajouter de l’incertitude sur ses revenus. « C’est déjà suffisamment dur d’estimer ce que nous rapporteront à l’automne les cultures que nous semons au printemps », ajoute-t-il.

Un homme chauve porte une chemise à carreaux, un chandail brun et des bretelles en cuir.

Terry Murray, agriculteur albertain.

Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

Les agriculteurs appréhendent aussi une privatisation à outrance des semences génétiquement modifiées qu’ils cultivent, comme cela a été le cas avec le canola, où une poignée de multinationales font la pluie et le beau temps sur le marché.

« On ne veut pas se retrouver dans la situation des producteurs de canola, où presque toutes les semences sont développées par les Monsanto de ce monde, et voir les coûts de la culture du blé augmenter à 60 $ de l'acre, revendique Lynn Jacobson. Nous voulons garder un contrôle sur ces prix. »

Pour un modèle plus équitable

S’ils veulent conserver une certaine souveraineté, les membres de la Fédération sont également en faveur d’une agriculture plus innovante.

« Nous avons besoin d’accroître l’investissement dans la recherche et le développement de semences plus efficaces pour rester concurrentiels sur le marché international », affirme Bill Oracheski.

Présent à la rencontre, cet éleveur de bovins a suivi de près les discussions de l’assemblée générale annuelle, car il sait que toute augmentation du prix des céréales aura un impact sur son exploitation

Il n’est pas fermé à l’idée d’une redevance sur les semences, mais lui aussi aimerait être certain que cet argent servira à des fins de recherches pour améliorer les rendements.

« Il y a des occasions à saisir, mais le défi est de s’assurer que nos producteurs albertains ne soient pas lésés [ si le fédéral change les choses] », a réagi Oneil Carlier, le ministre albertain de l’Agriculture.

Selon lui, un meilleur financement dans la recherche et le développement de semence est primordial pour améliorer la qualité, mais aussi la quantité des récoltes. « L’Alberta pourrait en profiter pour [mieux se positionner] et nourrir une population mondiale qui ne cesse d’augmenter », conclut-il.

Alberta

Agro-industrie