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Des excuses publiques à la suite de propos haineux contre les Autochtones

Une réunion de familles autochtones, assis en cercle sur des chaises.
Des familles de différentes nations autochtones se regroupent afin d'obtenir justice. Photo: Radio-Canada

Deux Manitobaines qui avaient tenu des propos haineux dans les médias sociaux ont présenté des excuses à un groupe d'aînés autochtones dans le cadre d'un processus de justice réparatrice qui s'est tenu jeudi.

« On pouvait entendre dans leurs propos la honte et le remords », dit Christian Sinclair, chef de la Nation crie d’Opaskwayak, où la rencontre s’est tenue. Il est important, selon lui, qu’elles ne s’abritent plus derrière l’anonymat de leur ordinateur et assument les propos qu'elles ont tenus en public.

Les deux femmes, dont l’identité n’a pas été confirmée par la police, avaient été arrêtées à la suite de commentaires en ligne haineux et menaçants à l’égard des Autochtones.

Nombreuses réactions

En juillet dernier, des photos d’une voiture vandalisée à Flin Flon, au Manitoba, avaient été publiées sur Facebook. Elles étaient accompagnées de commentaires appelant à des représailles à l’égard des Autochtones. Un propos suggérait même d’établir une purge de 24 heures.

Une illustration présente un téléphone portable sur lequel un pouce tourné vers le bas se trouve sur l'écran. Des internautes ont laissé des commentaires négatifs à l'égard des Autochtones. Photo : iStock / Jane Kelly

Ces commentaires avaient suscité de nombreuses réactions.

Un salon de coiffure de Flin Flon avait déclaré que l’une des femmes à l’origine de ces propos n’était plus une employée de l’établissement.

La division scolaire locale avait également précisé que l’autre femme ne travaillait plus chez elle et que ces propos ne reflétaient pas les valeurs de l’employeur.

Le processus de justice réparatrice

Les femmes arrêtées ont accepté de participer à ce processus de conciliation qui remplace une poursuite judiciaire. Elle s'inscrit dans une approche de justice autochtone qui se concentre sur la guérison plutôt que sur la punition.

Cela nous permet de rendre ces personnes responsables de leurs propos et de leur demander pourquoi elles ont fait cela.

Christian Sinclair, chef de la Nation crie d’Opaskwayak

Christian Sinclair a précisé qu'une vingtaine d'aînés, de chefs et d’autres représentants autochtones ont exprimé leurs réflexions sur la manière dont ces commentaires en ligne les avaient touchés. Il est important de réagir aux propos haineux parce que les mots peuvent entraîner des dommages physiques réels, selon lui.

Ça ne prendrait pas grand-chose pour inciter quelqu'un à agir et à accomplir tout ce que ces gens menaçaient de faire ou encourageaient à faire.

Christian Sinclair, chef de la Nation crie d’Opaskwayak

Au sein du cercle, tout le monde est autorisé à poser des questions. Irene Young, l’aînée qui a dirigé la rencontre, dit que différents points de vue se sont exprimés au cours de la journée. Selon elle, certains regrettent qu’aucune accusation formelle ne soit portée contre les deux femmes.

Les gens avaient tendance à dire que, si les délinquants avaient été des Autochtones, ils auraient été immédiatement accusés.

Christian Sinclair, chef de la Nation crie d’Opaskwayak

Le cercle de guérison a duré toute la journée de jeudi et reprendra durant une journée au cours du mois prochain.

À l’issue d’un processus de justice réparatrice, des excuses publiques, une restitution ou d’autres actions peuvent être préconisées.

Selon le ministère provincial de la Justice, ce cercle de guérison est organisé par le Centre de justice réparatrice, en collaboration avec Manitoba Keewatinowi Okimakanak, qui représente 26 Premières Nations du nord du Manitoba.

Une troisième femme avait été arrêtée après la diffusion des propos haineux en ligne. Toutefois, elle ne participe pas à ce cercle de guérison, car elle vit en Saskatchewan et que son cas est donc traité séparément.

Avec les informations de La Presse canadienne

Manitoba

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