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Crise du logement anticipée à Gatineau : pas de solution à court terme

Un immeuble à logements qui comptent plusieurs fenêtres placardées.

Environ 150 unités ont subi des dégâts importants aux Jardins Radisson, à Gatineau, en raison du passage d'une tornade.

Photo : Radio-Canada

Nathalie Tremblay

La Ville de Gatineau ne sait toujours pas comment elle fera face à une possible crise du logement qui pourrait s'accentuer dès cet été avec la période de renouvellement des baux.

En novembre dernier, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) a dressé un bilan inquiétant du marché immobilier à Gatineau indiquant que le taux d'inoccupation s'établissait à 1,2 %, soit en bas du seuil d’équilibre du marché, qui lui s'établit à 3 %. Ce tableau pourrait s'assombrir en raison de l'impact (non mesuré dans ce bilan), de la tornade de septembre dernier sur le marché du logement.

La sécurité des familles qui pourraient se retrouver sans logement inquiète donc la Table de concertation des Intervenants en soutien communautaire en habitation de l’Outaouais. Lors de la première réunion de la Commission sur le développement du territoire, l'habitation et l'environnement, jeudi, la conseillère Maude Marquis-Bissonnette a indiqué que la Ville se penche présentement sur des solutions et des demandes formulées par des organismes communautaires. Logemen'Occupe, notamment, réclame le retour du Programme d’aide d’urgence aux ménages sans logis, instauré au début des années 2000 par le gouvernement pour répondre à des taux d'inoccupation sans précédent partout dans la province.

Le contexte réglementaire et légal, donc municipal et provincial, ainsi que le contexte politique ont changé. À l'époque, c'est l'ensemble du Québec qui vivait un taux d'innocupation bas. [...] Envisager une solution à travers le Québec, ce n'est peut-être pas ce qu'on souhaite à l'heure actuelle, a déclaré Mme Marquis-Bissonnette.

Une autre demande des organismes communautaires est que les biens des personnes qui se retrouvent sans logement puissent être entreposés par la Ville.

Là aussi, le contexte légal a changé, ce qui fait en sorte que les villes ne peuvent plus le faire. Par ailleurs, Gatineau n'a pas l'espace pour faire ça. La ville n'est même pas capable en ce moment d'entreposer ses propres biens, a ajouté la conseillère.

La Ville n'écarte pas la mise en place de mesures d'urgence ou temporaires dès juillet prochain, comme l'ouverture de dortoirs, comme cela a été le cas en 2001.

Une solution durable

La solution, pour Maude Marquis Bissonnette, réside dans la construction de nouveaux logements abordables. Des projets qui nécessitent toutefois, selon elle, une refonte du programme Accès-Logis en vertu duquel les organismes communautaires peuvent bénéficier de subventions pour construire des unités.

Le programme Accès-logis est désuet, il faut le mettre à jour. On a des signaux de Québec en ce sens. On a hâte de voir la suite des choses. À Gatineau, ça aurait un impact assez rapidement, parce qu'on a des projets qui sont prêts, mais qu'on ne peut pas construire, parce que les coûts de construction n'ont pas été indexés au programme Accès-Logis, a indiqué Mme Marquis-Bissonnette. Ce n'est pas une solution à court terme, mais c'est une solution qui est durable et c'est pour ça que nous souhaitons la prioriser.

Ottawa-Gatineau

Politique municipale