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Réduction des frais de scolarité en Ontario : un manque à gagner de 2 M$ à La Cité

De jeunes adultes assis à des tables dans un agora

Des étudiants à La Cité, à Ottawa

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Ce n'est pas une bonne nouvelle », a avoué Pascale Montmigny, gestionnaire des communications au collège La Cité d'Ottawa. La décision du gouvernement Ford de diminuer de 10 % les frais de scolarité dans les établissements postsecondaires en Ontario a pris le collège par surprise.

La Cité devra faire face à un manque à gagner de 2 millions de dollars au cours de la prochaine année scolaire, en raison de cette nouvelle mesure. C'est 18 % du budget total de l'établissement collégial qui provient des frais de scolarité.

Mme Montmigny croit qu’il est trop tôt pour connaître précisément les répercussions sur les étudiants. Elle a ajouté toutefois qu’il y aura sans doute un impact sur la capacité du collège de former une main-d’oeuvre qui est hautement qualifiée qui peut répondre aux besoins des employeurs.

« Beaucoup d’inquiétudes » pour le RÉFO

L’annonce de la diminution des frais de scolarité est par ailleurs accueillie avec scepticisme par le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

C’est sûr qu’a priori, c’est le genre de nouvelle qui nous fait plaisir, parce que ça répond à une demande des étudiants, a lancé François Hastir, directeur général de l’organisme. Cependant, on a beaucoup, beaucoup d’inquiétudes.

Il déplore notamment que le gouvernement ontarien n’ait pas prévu de mesures compensatoires pour combler les pertes engendrées pour les universités et les collèges qui, rappelle-t-il, obtiennent un tiers de leur financement par les frais de scolarité.

Notre crainte, c’est que les services et l’offre de cours soient touchés et, à long terme, la qualité de l’éducation offerte aux étudiants.

François Hastir, directeur général du RÉFO

Le directeur général du RÉFO a pris part à une rencontre jeudi après-midi avec des fonctionnaires du ministère de la Formation, des Collèges et des Universités. Les informations reçues ne l’ont pas rassuré.

Un homme devant des écrans d'ordinateurs

François Hastir, direction général du Regroupement étudiant franco-ontarien

Photo : Radio-Canada

Les institutions pourront choisir les services dans lesquels ils couperont, ce qui pourrait avoir un gros impact sur les services aux francophones, a raconté M. Hastir après avoir pris part à la discussion.

Parmi ses autres préoccupations figure l’élimination de la gratuité des frais de scolarité pour les étudiants à faible revenu, la transformation d’une portion de bourses en prêts et la possibilité pour les étudiants de ne pas payer certains frais afférents.

François Hastir souligne aussi que les institutions auront la possibilité d’augmenter les frais des étudiants internationaux.

C’est le drapeau rouge qui se lève [...] On pense qu’au final, il y aura plus de pertes que de gains pour les étudiants, s’est-il désolé.

Optimisme prudent chez les étudiants

Les gens rencontrés sur les différents campus d’Ottawa jeudi se sont empressés à faire le calcul des économies qu’ils réaliseront dès l’an prochain.

Venance Selemani s’est réjoui de l’annonce. Pour moi, ça ne représente que 900 $, mais je crois que c’est un pas dans la bonne direction pour la diminution des frais de scolarité, a mentionné l’étudiant de troisième année à l’Université Carleton, qui doit travailler à temps partiel pour payer ses études.

Une de ses collègues se félicite de graduer avant que les changements ne soient mis en application. Michelle MacLand bénéficie du Régime d'aide financière aux étudiantes et étudiants de l'Ontario (RAFEO), qui sera modifié pour la prochaine année scolaire.

Elle ne croit pas qu’elle serait en mesure de compléter son baccalauréat en travail social sous les nouvelles normes.

Au premier coup d’oeil, ç’a l’air génial. Tu vois une réduction de 10 % et tous les étudiants se disent “c’est fantastique". Mais si tu regardes plus en profondeur et l’impact à long terme, tu vois les choses différemment, a indiqué l’étudiante de quatrième année.

Je pense que c’est vraiment une bonne chose qui pourrait aider beaucoup de gens qui ont des difficultés financières, a pour sa part dit Julie Galazzo, qui fréquente le collège La Cité. Mais je trouve qu’aider les personnes les plus défavorisées à pouvoir aller aux études est encore plus important qu’aider les gens qui sont déjà confortables avec leur argent.

Avec les informations de Kim Vallière et Stéphane Leclerc

Ottawa-Gatineau

Éducation