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La RAMQ couvrira les soins dentaires des enfants qui survivent au cancer

Le reportage de Marie-Laurence Delainey
Marie-Laurence Delainey

Des parents dont l'enfant a eu un cancer n'auront plus à payer les frais des soins buccodentaires parfois nécessaires après des traitements de chimiothérapie ou de radiothérapie. Radio-Canada a appris que Québec couvrira ces services, dont le coût peut atteindre des dizaines de milliers de dollars.

La création d’un programme pour la prévention et le traitement des séquelles buccodentaires sera annoncée vendredi, au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, à Montréal, par la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

Chaque année au Québec, près de 300 enfants reçoivent un diagnostic de cancer et un enfant sur deux risque de développer des séquelles buccodentaires.

La Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ) couvre les soins dentaires de base pour les enfants de moins de 10 ans, mais ni les soins orthodontiques ni les implants.

« Je suis content qu’ils paient ça, parce que c’est un gros montant », lance Jérémy Beaudoin, un survivant de cancer. La Facture a récemment rapporté l'histoire de celui qui est maintenant âgé de 14 ans. Un rhabdomyosarcome, un cancer infantile rare et agressif, avait été diagnostiqué lorsque Jeremy avait deux ans et demi.

Les nombreux traitements de chimiothérapie et de radiothérapie lui ont permis de survivre, mais ils ont abîmé sa mâchoire et sa dentition. Il a aujourd'hui besoin d'une reconstruction complète de la bouche, ce qui vaut, selon les estimations, 30 000 à 60 000 $.

Marie-Claude Hébert, sa mère, a longtemps dénoncé le système de couverture de la RAMQ et pousse maintenant un soupir de soulagement. « J'ai pleuré quand j'ai eu la bonne nouvelle, c'est une lueur d'espoir. Enfin, c'est exaucé. Jérémy a accès aux soins, mais je suis consciente de toutes les familles en arrière de nous », dit-elle

Pas avant le mois d'avril

Les modalités du programme qui sera annoncé vendredi par la ministre McCann ne seront toutefois dévoilées qu'au mois d'avril.

« Pour cette clientèle, c'est une excellente nouvelle, mais on a des questions, car on ne connaît pas du tout les modalités. La semaine prochaine, on rencontre la ministre », explique le président de l'Association des chirurgiens dentistes du Québec, Serge Langlois.

La chef du service de médecine dentaire de l’Hôpital Sainte-Justine, Marie-Ève Asselin, pense elle aussi qu'il s'agit là d'un pas dans la bonne direction. « Ça fait plusieurs années qu'on essaie de développer ça. Il y a un “mais”, dans la mesure où il y a beaucoup de patients qui sont oubliés, des patients atteints d'une malformation cranio-faciale ou de maladies génétiques. On espère qu'un jour aussi, ces patients pourront avoir droit aux mêmes couvertures », lance-t-elle.

À l'Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva, professeure en gestion des politiques de santé, va plus loin. Elle suggère un régime public universel de soins pour tous les âges. « Les soins ont changé, on a beaucoup de professionnels, les ergothérapeutes, les psychologues, qui donnent de très bons soins, mais qui ne sont pas couverts de manière publique. On a aussi des soins qui ont évolué, l'orthodontie, l'oncologie, les dentistes, c'était beaucoup moins présent avant. Tous ces soins devraient être pris en charge », plaide-t-elle.

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