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Les eaux profondes du Saint-Laurent se réchauffent encore

La fumée se dégage du fleuve Saint-Laurent, au large de Québec, en raison du froid.
La fumée se dégage du fleuve Saint-Laurent, au large de Québec, en raison du froid. Photo: Radio-Canada / Carl Boivin
Radio-Canada

Les eaux profondes du Saint-Laurent n'ont jamais été aussi chaudes en plus de 100 ans. C'est le constat que fait un chercheur de Pêches et Océans Canada, Peter Galbraith, dans son bilan annuel des conditions océanographiques.

Les températures enregistrées en 2018 dans les eaux profondes du golfe et de l'estuaire représentent un record depuis que les chercheurs ont commencé à compiler ces données, en 1915.

À une profondeur de 300 mètres, la température moyenne est passée de 5,3 degrés Celsius en 2009 à 6,4 degrés Celsius en 2018.

On est sorti de l'enveloppe de ce qu'on trouve normal pour le golfe du Saint-Laurent.

Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique, Pêches et Océans Canada
Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique à Pêches et Océans CanadaPeter Galbraith, chercheur en océanographie physique à Pêches et Océans Canada Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Cette hausse d'un peu plus d'un degré est un changement important pour les espèces qui vivent dans les eaux profondes.

On passe d'un golfe du Saint-Laurent où, typiquement, l'habitat normal pour un poisson de fond était entre 5 et 6 degrés Celsius à un habitat qui est entre 6 et 7 degrés, illustre M. Galbraith.

Le chercheur mentionne que cette variation est favorable pour les espèces d’eau chaude, comme le sébaste, mais moins favorable pour d’autres qui préfèrent l’eau froide, comme la crevette.

Les changements climatiques en cause

Le réchauffement des eaux profondes est en partie causé par les changements climatiques et est appelé à se poursuivre, selon le chercheur.

Depuis 2010, on réchauffe systématiquement, à 300 mètres, d'un dixième de degré par année, et on s'attend à ce que ça continue quelques années, dit M. Galbraith.

Il explique que les eaux profondes du golfe du Saint-Laurent sont issues d'un mélange entre l’eau froide du Labrador et l’eau chaude du Gulf Stream, et que ce mélange est de plus en plus riche en eau du Gulf Stream.

Ça semble être le changement de circulation des océans, induit par les changements climatiques du CO2, qui a forcé ce mélange-là à devenir plus riche [en eau chaude du Gulf Stream].

Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique, Pêches et Océans Canada

Un couvert de glace sous les normales

Les travaux du chercheur montrent que le volume de glace dans le Saint-Laurent en 2018 a été au neuvième rang des plus faibles volumes depuis 1969.

M. Galbraith note que même si le couvert était plutôt grand, il s'agissait d'une glace très mince, qui a disparu assez rapidement.

De plus, sur les neuf plus petits volumes de glace à avoir été enregistrés, sept l'ont été au cours des neuf dernières années.

Les recherches de Peter Galbraith montrent aussi un réchauffement, en 2018, des eaux dans lesquelles vit le crabe des neiges de la Basse-Côte-Nord et de l'île d'Anticosti.

Il est toutefois encore trop tôt pour connaître l'incidence sur les stocks, puisque les recensements de Pêches et Océans Canada seront dévoilés en février.

D’après les informations d’Ariane Perron-Langlois

Changements climatiques

Environnement