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Les zones rurales satisfaites de la création d'un ministère consacré à leur développement économique

Le monument à l'entrée du village de Notre-Dame-de-Lourdes.
Le village de Notre-Dame-de-Lourdes, au Manitoba Photo: Radio-Canada
Abdoulaye Cissoko

La création d'un ministère fédéral du Développement économique rural suscite l'enthousiasme chez les acteurs de développement dans les municipalités bilingues du Manitoba. Ces derniers espèrent que ce département, confié à la Néo-Écossaise Bernadette Jordan, contribuera à faire avancer les dossiers cruciaux pour ces municipalités.

L'Association des municipalités bilingues du Manitoba (AMBM) applaudit la décision du gouvernement de Justin Trudeau de mettre en place ce ministère. Son directeur général, Justin Johnson, affirme qu'une économie rurale et prospère est un moteur de développement pour le Manitoba, mais aussi pour tout le Canada.

« L'AMBM, qui s'est dotée depuis ses débuts d'un moteur de développement économique avec le Conseil de développement économique des municipalités bilingues (CDEM) et Eco-Ouest [un organisme qui encourage les municipalités de l'Ouest canadien de créer une économie verte], est prête à partager son expertise en économie et en innovation », déclare-t-il.

Justin Johnson souhaite que la nouvelle ministre se penche sur certains défis qui préoccupent certains membres de l’AMBM, comme l'accès à un service Internet à haute vitesse.

Justin JohnsonJustin Johnson Photo : Dan Harper

« C'est un grand besoin qui fait en sorte qu'on sera dans une meilleure position pour attirer des investissements. L'accès à un service cellulaire fiable est aussi un autre besoin. Tout cela permettra de créer de bons emplois dans ces communautés », note Justin Johnson. Il dit que son association est d'ailleurs disposée à rencontrer la nouvelle ministre pour lui exposer la réalité des municipalités bilingues.

Connectivités et infrastructures parmi les priorités

Louis Allain, directeur du CDEM, salue lui aussi la décision de mettre en place ce ministère. « On a encore bonne mémoire de l'ancien ministère qui s'occupait du développement rural et des projets qui en émanaient. Des projets qui obéissaient à une logique de flexibilité et de souplesse qui épousait le besoin en région rurale », dit-il.

Selon lui, actuellement, il y a très peu de bailleurs de fonds qui s'intéressent au développement rural. Il explique que les situations dans le monde rural sont très diverses et que chaque communauté à ses défis et ses priorités.

Louis AllainLouis Allain, directeur général du CDEM Photo : Soumise : CDEM

Or, souvent, ajoute-t-il, les approches pour les zones urbaines et périurbaines obéissent à des mécaniques qui sont plus celles des grappes industrielles et de grands projets.

« Il faut donc une approche plus différenciée qui va permettre à des communautés comme Saint-Lazare, qui a besoin de services de téléphonie cellulaire depuis une bonne dizaine d'années, d'embrasser le 21e siècle à la même vitesse que les autres », mentionne-t-il.

Outre la connectivité, Louis Allain pense que le développement de valeur ajoutée dans le domaine agricole est aussi une des questions importantes pour les municipalités manitobaines. « On ne transforme que 30 % de ce qui est produit dans la province. Il est donc très important de pouvoir miser là-dessus et de trouver des solutions pour les communautés rurales, car c’est synonyme de créations d'emplois et de productivité pour ces régions », explique-t-il.

Dany RobidouxDany Robidoux, directeur général Eco-Ouest Photo : Soumise : CDEM

Même satisfaction chez Dany Robidoux, le directeur d'Eco-Ouest.

Il dit que la création de ce ministère est une façon de reconnaître que les besoins en région rurale diffèrent de ceux dans les grands centres urbains. Selon lui, c’est une sorte d’oreille tendue au monde rural.« C'est une autre possibilité de faire entendre les besoins des communautés rurales par rapport à ce qui a trait au développement économique et des besoins en infrastructure », indique-t-il.

Un signal positif pour la FCM

À l'échelle nationale, la Fédération canadienne des municipalités voit la création d'un ministère de Développement économique rural comme une réponse à plusieurs de ses questions.

Vicki-May HammVicki-May Hamm, présidente de la Fédération canadienne des municipalités Photo : Soumise : Vicki-May Hamm

La présidente de la fédération et mairesse de la ville de Magog au Québec, Vicki-May Hamm, pense que cela va aider l'organisme à atteindre plusieurs de ses objectifs.

« On espère, entre autres, dans le budget 2019, pouvoir parler de stratégie nationale pour Internet. On a estimé [le besoin d'investissement] à 400 millions de dollars sur 10 ans afin d’être capable de répondre à la demande de partout au pays. Ça va être le premier dossier important sur lequel on va travailler avec la nouvelle ministre », dit-elle.

Vicki-May Hamm affirme que, à part ce dossier, il y a également la question de l'infrastructure, du transport collectif, de la main-d'oeuvre et de l’exode des jeunes qui vivent dans les régions rurales.

Des sujets qu’elle compte aborder avec la ministre Jordan qui, dit-elle, sera de passage le 18 janvier dans sa région.

Faïçal Zellama, professeur à l'Université de Saint-Boniface.Faïçal Zellema, professeur d'économie à l'USB Photo : Radio-Canada

Pour Faïçal Zellama, professeur d'économie et de gestion à l'Université de Saint-Boniface, la problématique de l’exode des jeunes vers les grandes villes pose un grave problème de relève dans les régions rurales. « Combien de fermes sont vides avec seulement leurs équipements? Or, on a besoin d'orienter la main-d'oeuvre et les nouveaux arrivants là où il y a des emplois », dit-il.

Selon lui, ce ministère devrait donc permettre de repérer les problèmes et aussi de comprendre les causes de cet exode et pourquoi les régions rurales sont moins attractives. Il dit que c'est d’autant plus important que ces zones constituent un important levier économique dans la plupart des régions du Canada.

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