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L'impasse budgétaire vire au règlement de comptes entre Pelosi et Trump

Nancy Pelosi parle en conférence de presse.
La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a donné une conférence de presse jeudi, au 27e jour de la paralysie budgétaire. Photo: Reuters / Joshua Roberts
Radio-Canada

Au 27e jour de paralysie budgétaire à Washington, la situation a pris des allures de règlement de comptes, jeudi, entre Donald Trump et la présidente de la Chambre des représentants : le président des États-Unis a informé la démocrate Nancy Pelosi qu'il l'empêcherait d'utiliser un avion militaire pour un déplacement outremer qu'elle devait bientôt effectuer.

Nancy Pelosi devait bientôt se rendre en Belgique, en Égypte et en Afghanistan pour un voyage de sept jours. En de telles occasions, le pouvoir exécutif permet traditionnellement aux leaders du Congrès d'utiliser des avions militaires.

« En raison de la paralysie budgétaire, je suis désolé de vous informer que votre voyage [...] a été repoussé », a écrit M. Trump dans sa lettre. « Je suis certain que vous conviendrez comme moi que repousser cet événement de relations publiques est la bonne décision. »

« Je pense aussi que, durant cette période, il serait préférable que vous soyez à Washington pour négocier avec moi », a-t-il ajouté.

Donald Trump livre un discours.Le président Donald Trump a pour sa part évoqué la paralysie budgétaire pour expliquer son absence du Forum économique mondial de Davos, la semaine prochaine. Photo : Reuters / Kevin Lamarque

La porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, a expliqué ce à quoi Donald Trump faisait référence après que sa lettre eut été rendue publique. « Il suspend ainsi sa capacité à utiliser un appareil militaire pour se déplacer, ce qui doit être approuvé » par le département de la Défense, a-t-elle résumé.

« Comme il l'a clairement évoqué dans sa lettre, elle peut toujours effectuer son voyage, mais elle devra voler avec une compagnie commerciale », a ajouté Mme Sanders.

Peu de temps après la publication de sa missive à Mme Pelosi, Donald Trump a annoncé qu'aucune délégation américaine ne se rendrait au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, prévu la semaine prochaine. Il a justifié son geste par un souci de considération pour les centaines de milliers de fonctionnaires américains qui ne sont pas payés depuis maintenant presque un mois.

Plus tôt ce mois-ci, il avait déjà annoncé sa propre absence au Forum de Davos, invoquant ces mêmes raisons. Il devait toutefois y être représenté par plusieurs grosses pointures de son administration : le secrétaire d'État, Mike Pompeo, le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, le représentant au Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin.

Donald Trump a toutefois manifesté le souhait que son équipe demeure à sa portée, à Washington, pour travailler à résoudre la crise budgétaire. Invité à s'exprimer la semaine prochaine au sujet de la paralysie devant la commission chargée des affaires fiscales de la Chambre des représentants, Steven Mnuchin a toutefois décliné l'offre.

Œil pour œil

La lettre adressée à Mme Pelosi par Donald Trump fait suite à la demande, formulée mercredi par la leader démocrate, de reporter le traditionnel discours sur l'état de l'Union du président, prévu le 29 janvier, pour des raisons de sécurité.

« Les services secrets américains et le département de la Sécurité intérieure n'ont pas reçu de fonds depuis 26 jours », a rappelé Nancy Pelosi mercredi. Un tel événement « exige des semaines de planification détaillée avec des dizaines d'organismes qui collaborent pour se préparer à assurer la sécurité de tous les participants ».

Selon cette logique, Mme Pelosi a suggéré au président de fournir une version écrite de son discours ou encore de le reporter. « Il peut prononcer son discours du bureau ovale, s'il le désire » plutôt que devant le Congrès, avait-elle ajouté devant les journalistes.

Donald Trump n'a pas répondu à la demande de Mme Pelosi, qui lui était directement adressée.

Les deux politiciens sont engagés dans un bras de fer depuis plus de trois semaines autour de l'impasse budgétaire qui a poussé quelque 800 000 employés fédéraux au chômage forcé, ou à travailler sans solde pour ceux dont les emplois sont jugés essentiels.

Une paralysie qui perdure

Au cœur du conflit budgétaire figure le mur que veut construire Donald Trump à la frontière avec le Mexique, et pour lequel il réclame 5,7 milliards de dollars. Depuis qu'ils ont repris le contrôle de la Chambre des représentants le 3 janvier, les démocrates ont été catégoriques. Ils estiment que le mur est une solution coûteuse et inefficace.

Les démocrates souhaitent voter une loi budgétaire d'urgence qui permettrait de rétablir les services paralysés pendant quelques semaines, le temps de mener des négociations sur le financement de la sécurité à la frontière et de pouvoir proposer l'élaboration d'un projet de loi complet.

La paralysie actuelle, la troisième sous Donald Trump, est la plus longue de l'histoire américaine. Si la situation perdurait jusqu'à la date prévue pour le discours sur l'état de l'Union, la fermeture des services de l'État en serait alors à sa 39e journée.

Le département d'État, chargé des relations internationales du pays, a toutefois annoncé jeudi qu'il rappelait au travail certains fonctionnaires au chômage technique, et ce, dès la semaine prochaine. Ils seront payés le 14 février grâce à des fonds qui seront rendus disponibles, a-t-on affirmé, sans toutefois préciser d'où proviendront ces fonds.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et CNN

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