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L'Ontario réduit ses droits de scolarité mais supprime la gratuité pour les plus pauvres

Des étudiants universitaires au travail
Des étudiants Photo: iStock / Jacob Ammentorp Lund
Radio-Canada

Le gouvernement progressiste-conservateur de l'Ontario va diminuer de 10 % les frais de scolarité dans les établissements postsecondaires financés par les fonds publics, mais supprime au passage la gratuité des frais de scolarité pour les étudiants aux plus faibles revenus.

Le système du Régime d'aide financière aux étudiantes et étudiants de l'Ontario (RAFEO) n’était pas viable sur le plan financier, selon la ministre de la Formation, des Collèges et des Universités, Merrilee Fullerton.

La ministre justifie sa décision par les conclusions d'un rapport de la vérificatrice générale de l’Ontario rendu public le 5 décembre.

La ministre ontarienne de la formation, des collèges et des universités, Merrilee Fullerton est devant un micro et s'adresse à la presse.La ministre ontarienne de la formation, des collèges et des universités, Merrilee Fullerton, annonce une réduction des droits de scolarité de 10 % au collège et à l'université. Photo : Radio-Canada / Vedran Leisic

Bonnie Lysyk soulignait que le RAFEO avait été modifié par le gouvernement libéral précédent pour offrir plus de bourses non remboursables que de prêts et pour en étendre l’admissibilité à des étudiants plus âgés.

Or les inscriptions dans les collèges et universités ont augmenté d’à peine 2 % environ, alors que le nombre de personnes qui ont reçu de l’aide s’est accru de 25 %.

Les familles dont les revenus atteignent jusqu’à 175 000 $ étaient admissibles à certains fonds. Ce seuil est désormais abaissé à 140 000 $.

Auparavant, les étudiants à faibles revenus pouvaient obtenir une bourse assez élevée pour couvrir l’intégralité de leurs droits de scolarité. Désormais, une partie de ces fonds seront attribués sous forme de prêt et devront être remboursés.

Le ministère précise également que 82 % des bourses seront accordées aux étudiants dont le revenu familial est inférieur à 50 000 $, comparativement à 76 % dans le cadre du régime précédent.

La période de grâce de six mois sans intérêt sur les prêts étudiants a également été supprimée.

Manque à gagner pour les universités

La baisse des droits de scolarité de 10 % entrera en vigueur pour l’année 2019-2020. Le gouvernement gèlera également le montant des droits de scolarité pour l'année scolaire 2020-2021.

Cette réduction représente une économie moyenne de 340 $ par année pour les étudiants des collèges, et de 660 $ pour un étudiant de premier cycle en arts et science, précise le communiqué du ministère.

Mme Fullerton s’est engagée à maintenir le financement des institutions postsecondaires au niveau actuel. Elle reconnaît que celles-ci auront une baisse de revenus de 2 % à 4 % à absorber.

Elles [les institutions] auront à faire des choix, a-t-elle déclaré en conférence de presse, elles pourront déterminer ce qu’elles doivent faire pour changer, pour s’adapter et pour innover, a-t-elle complété.

Cette baisse des droits de scolarité représenterait un total de 360 millions de dollars en moins pour les universités et de 80 millions pour les collèges.

Certains frais rendus optionnels

Durant sa conférence de presse, la ministre de la Formation, des Collèges et des Universités a également annoncé que les étudiants pourraient choisir de ne pas payer certains frais qui viennent s’ajouter à leurs droits de scolarité.

Si certains de ces frais seront obligatoires, comme les frais destinés à financer les installations au campus ou qui contribuent à la santé et à la sécurité des étudiants, d’autres comme les frais liés aux cotisations de clubs étudiants ou d’organisations non liées aux étudiants pourraient être optionnels.

Dans la réforme présentée par Mme Fullerton, les établissements devront offrir en ligne le choix de ne pas payer les frais non essentiels. Ils devront également choisir ce qui relève de l’essentiel ou non.

Un système plus inégal selon l’opposition

À la suite de ces annonces, les réactions des partis d’opposition ont été nombreuses. Le porte-parole du NPD en matière d’éducation postsecondaire, Chris Glover, a dénoncé une attaque ciblée contre les syndicats étudiants, si les frais de ceux-ci sont rendus optionnels.

Le président national du syndicat Unifor, Jerry Dias, va même plus loin. Cette attaque autocratique sur les étudiants est cynique et évidente, dit-il.

M. Glover juge également que la province ne devrait pas couper dans les bourses, mais les convertir en prêts sans intérêt. Il rappelle que l’Ontario est la province qui investit le moins au Canada par étudiant, où les droits de scolarité et la dette étudiante sont les plus élevés.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, s’inquiète pour sa part d'une possible baisse de la qualité de l’éducation en raison de la diminution des revenus des collèges et des universités.

Un point de vue que partage Nicole Desnoyers, porte-parole de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Ontario. On a déjà le pire ratio professeur/étudiants, et ça va s'accroître encore plus, craint-elle.

Toronto

Enseignement collégial