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Les négociations sur le Brexit bloquées avant même d'avoir commencé

Une photo en plongé montre une femme assise sur une chaise. Autour d'elle, des chaises sur lesquelles sont posés des signes pro-Brexit.

Un rassemblement pro-Brexit a eu lieu jeudi à Londres. Les partisans de la ligne dure souhaitent que le pays sorte de l'Union européenne, même sans accord de transition.

Photo : AFP/Getty Images / TOLGA AKMEN

Agence France-Presse

Les tractations souhaitées par la première ministre Theresa May avec l'opposition pour parvenir à un consensus sur un accord sur le Brexit ont abouti jeudi à une impasse, la dirigeante britannique jugeant « impossible » de remplir la condition posée par le Parti travailliste.

Le chef du parti, Jeremy Corbyn, a exigé de la cheffe du gouvernement conservateur qu'elle écarte clairement l'éventualité d'une sortie sans accord de l'Union européenne (UE) le 29 mars, avant d'entamer toute discussion.

Jeremy Corbyn est photographié en gros plan.

Le Parti travailliste et son chef, Jeremy Corbyn, n'ont pas exclu la possibilité de déposer d'autres motions de défiance pour tenter de défaire le gouvernement de Theresa May.

Photo : Getty Images / Jack Taylor

« Impossible », a répondu Theresa May dans un courrier rendu public jeudi soir, cela « n'est pas dans les pouvoirs du gouvernement ». Elle estime qu'il n'existe que « deux manières d'éviter un no deal » : le vote d'un accord au Parlement ou « l'annulation des résultats du référendum » de 2016. Jugeant « injuste » cette dernière option, elle ajoute que seul le Parlement peut empêcher un divorce sans accord.

La dirigeante assure néanmoins que sa porte « reste ouverte à une rencontre sans conditions préalables ». Mercredi soir, elle avait commencé à recevoir les dirigeants de l'opposition, bien consciente de la nécessité de convaincre au-delà de son camp pour trouver une solution depuis le rejet massif, mardi à la Chambre des communes, de son accord de sortie négocié avec Bruxelles.

Mais « la première ministre n'est pas prête à des discussions sérieuses pour trouver une solution », a déploré dans la soirée un porte-parole du Parti travailliste, en réitérant les mêmes exigences.

Pour Caroline Lucas, députée du Parti vert, les tentatives de dialogue de Theresa May « arrivent trop tard ». « Il n'y a aucun signe que la première ministre veuille trouver un compromis », a-t-elle fustigé sur Twitter, après l'avoir rencontrée dans la matinée.

La cheffe du gouvernement doit présenter lundi un autre projet, qui devrait toutefois rester dans la ligne de l'accord initial. Signe de l'enjeu, elle a annulé sa participation au Forum économique mondial de Davos, qui s'ouvre lundi pour une semaine.

Theresa May, devant des micros, s'adressant aux Britanniques au cours d'une allocution prononcée de l'extérieur de sa résidence de Downing Street.

Theresa May a assuré les Britanniques qu'elle piloterait la sortie de leur pays de l'Union européenne.

Photo : Reuters / Clodagh Kilcoyne

Les députés britanniques auront la possibilité d'amender ce « plan B ». Leurs modifications seront présentées au vote le mardi 29 janvier, à deux mois tout juste de la date prévue du Brexit.

Report ou sortie sans accord?

À mesure que l'échéance se rapproche, l'hypothèse d'un report du divorce est de plus en plus discutée à Bruxelles, pour éviter le chaos d'une sortie sans accord. Elle a reçu jeudi le soutien du comité parlementaire britannique chargé du Brexit. Mais c'est au gouvernement de Theresa May qu'il revient d'en faire la demande aux 27 membres de l'UE.

« S'ils nous disent que c'est pour organiser de nouvelles élections ou un nouveau référendum, cela ferait partie des motifs acceptables », a estimé un diplomate européen, « mais il faut que ce soit court, pas plus de quelques semaines ».

Selon le Times, la leader de la Chambre des communes, Andrea Leadsom, ainsi que d'autres eurosceptiques veulent que le « plan B » limite dans le temps la possibilité de mettre en place le « filet de sécurité », solution de dernier recours pour éviter le retour d'une frontière terrestre entre l'Irlande et l'Irlande du Nord, décriée par les partisans du Brexit. Ils veulent aussi que soit incluse la promesse de négocier un accord de libre-échange sur le modèle canadien.

De son côté, l'europhile ministre des Finances, Philip Hammond, a assuré que le scénario d'une sortie sans accord, qui effraie particulièrement les milieux économiques, serait abandonné, lors d'une conversation téléphonique avec des chefs d'entreprise.

L'option d'un second référendum, elle, demeure exclue par Theresa May. Une nouvelle consultation prendrait plus d'un an à être organisée, a estimé jeudi Downing Street.

Ce scénario est toutefois défendu par le SNP, le Parti libéral-démocrate, le parti nationaliste gallois Plaid Cymru et le Parti vert, qui pressent le chef travailliste Jeremy Corbyn de leur emboîter le pas.

Selon un sondage YouGov réalisé auprès de 1070 personnes pour le mouvement People's Vote, qui réclame un second référendum, 56 % des Britanniques voteraient pour rester dans l'UE en cas de nouvelle consultation, soit la proportion la plus élevée depuis le vote de juin 2016 qui a décidé du Brexit.

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