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L'OMS lance une enquête interne pour racisme, sexisme et corruption

Le logo de l'OMS sur une porte vitrée

Le logo de l'OMS photographié à Genève, où se situe son siège

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Associated Press

L'Organisation mondiale de la santé a ordonné la tenue d'une enquête interne en réponse à des allégations selon lesquelles l'agence onusienne de la santé est rongée par le racisme, le sexisme et la corruption.

Ces allégations explosives sont contenues dans des courriels anonymes envoyés aux dirigeants de l'OMS l'an dernier.

Trois de ces courriels dont l'Associated Press a obtenu copie dénoncent une « discrimination raciale systématique » à l'endroit des employés africains. Ils évoquent aussi d'autres malversations, notamment une utilisation inappropriée de fonds destinés à combattre l'Ebola au Congo.

Le mois dernier, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a informé ses employés qu'il avait demandé au directeur du bureau interne de surveillance de l'agence d'enquêter sur ces allégations.

Il a confirmé le tout à l'Associated Press jeudi.

Les détracteurs de l'agence onusienne doutent toutefois que l'OMS soit en mesure d'enquêter sur elle-même et réclament que les conclusions de l'enquête soient rendues publiques.

Le premier courriel, qui a été envoyé en avril, décrit une « discrimination raciale systématique à l'endroit des Africains au sein de l'OMS » et prétend que des employés africains ont été « insultés, injuriés [et] méprisés » par leurs collègues de Genève.

Un homme est vacciné. Il porte un t-shirt sur lequel on peut lire « Vacciner, c'est aimer. Vacciner, c'est protéger. Vacciner, c'est sauver. »

Un travailleur de l'OMS vaccine un résident de Mbandaka.

Photo : Reuters / Kenny-Katombe Butunka

Deux autres courriels accusent les responsables de l'OMS de « chercher à étouffer » les enquêtes concernant de tels problèmes. Ils font état d'autres problèmes, comme l'utilisation inappropriée de fonds destinés à combattre l'Ebola.

Le dernier courriel, envoyé en décembre, qualifie d'« inacceptable, non professionnel et raciste » le comportement d'un médecin responsable de la lutte contre l'Ebola. Le message décrit un incident survenu en novembre pendant lequel ce médecin aurait « humilié [...] et rabaissé » un subordonné originaire du Moyen-Orient.

M. Tedros, ancien ministre éthiopien de la Santé et premier directeur général africain de l'OMS, a assuré que les enquêteurs qui se penchent sur ces allégations « ont tout [son] appui » et qu'il leur fournira plus de ressources au besoin. Il s'est engagé, lors d'une rencontre des pays membres de l'OMS à Nairobi le mois dernier, à corriger les problèmes qui existeraient.

L'auteur du dernier courriel dénonce les pratiques d'embauche et de recrutement de l'OMS, en laissant entendre que cela a possiblement mené à des erreurs par des responsables incompétents au Congo.

En RDC, le virus ebola continue de faire des victimes. Le dernier bilan de l'OMS, en date du 30 octobre fait état de 279 cas, 244 confirmés et 35 probables dont 179 décès dans les provinces du Nord-Kivu et d'Ituri.

Des travailleurs de la santé se préparant à effectuer un enterrement sécuritaire à Beni en RDC.

Photo : Reuters / Handout .

Par exemple, peut-on lire dans le courriel, un avion a été affrété à un coût d'un million de dollars américains pour transporter trois véhicules de Dubaï jusqu'au Congo, même si des véhicules tout-terrain sont disponibles pour 80 000 $ US chacun au Congo.

Le responsable du bureau interne de surveillance de l'OMS, David Webb, a assuré qu'il s'agira d'une enquête indépendante, même si elle est réalisée par des employés de l'agence.

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